RODILARD, LE FLÉAU DES RATS
René. C'est jeudi soir, et tu vas^ nous raconter des histoires, n'est ce pas, papa ?
M. Pascal. Bien. Quelle histoire veux-tu P^
René. Raconte nous l'histoire de Rodilard père, le mari^ de notre Madame Rodilard. 5
M. Pascal. Bien. Le père Rodilard était un grand mangeur* de rats. Il avait cent^ tours pour les attraper, l'un aussi sûr que l'autre. Un jour, par exemple, les rats en sortant de leur trou le virent étendu^ sur le plancher,^ raide et immobile.^ Les lo rats le regardèrent.
' Est-ce possible ?' disaient-ils.^ ' Serait-il mort ? Non, ce n'est pas possible.'
Et ils rentrèrent dans leur trou. Peu après, ils sortirent de nouveau.^" Rodilard était toujours là, «s étendu raide et immobile.
' Est-ce. . . ? Non, ce n'est pas possible. Rodilard ne mourra ^^ pas.'
S6 PREMIÈRE ANNÉE [LXXV
Et ils rentrèrent dans leur trou. Ils sortirent une '° troisième fois. Rodilard était toujours là. Ils rentrèrent, puis sortirent, puis rentrèrent, puis sortirent, mais chaque fois ils devinrent^- plus hardis. Ils firent ^^ quelques pas sur le plancher. Enfin ils commencèrent à trottiner.^** Oui. Rodilard était bien "5 mort. Le fléau des rats était mort ! Ils sautèrent^^ de joie. Soudain. . . .
René. Rodilard aussi sauta de joie.
M. P. Oui, il bondit, il sortit les griffes, et il accrocha. . . .
3° René. Deux rats.
^ Gram. § 38 (iv.). 2 Gram. § 38 (iii.), Vouloir.
^ ' M. Pascal est le mari de Mme. Pascal,' 5.
■* Mangeur = celui qui mange.
° L'adjectif cent=ioo; le substantif est 'centaine.' Ex.: Une centaine de tours. ^ Cf. s'étendent, 50, 1. S.
'^ ' Le tapis est sur le plancher,' 7.
" Immobile = sans mouvement. * Gram. § 39, Dire.
"^^ De nouveau = encore. ^^ Futur de mourir.
^- Gram. § 44, Devenir (comme venir). ^^ Gram. § 44, Faire. ^* Trottiner =: marcher à petits pas et vite. ^^ 64, 1. 47, ' La laitière saute de joie.'