‹ La première cause, ou, Le jeune avocatChapitre 9 sur 19 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

[Ils se lèvent.)

ALPHONSE

O bonté paternelle !

Il est trop digne d'elle ; Que ce simple récit Me touche et m'attendrit!

LADY EVELYN

Sa bonté paternelle Toucha mon cœur fidèle j Et le simple récit Même encor m'attendrit.

LADY EVELYN

Le jour même du mariage Il quitta Londres, il partit.

Navarin vit son courage , Et bientôt il m'écrivit :

« Sur la rive étrangère

« Je suis blessé , souffrant :

« Peut-être en vain j'espère

« Te revoir maintenant.

« Si je meurs, de ton second père

« Souviens-toi, mon enfant. »

Digne vieillard I... puisse'-je , comme mon père , acque'rir des droits à son estime I

LADY ÉVELYN,

He'lasl monsieur... je suis... veuve.

ALPHONSE , «cec explosion..

Veuve ! . . . {A part. ) Elle est libre ! I ! ( Haut. ) Ah ! parlez , parlez, madame , achevez de m'expliquer une cause à laquelle je m'intéresse déjà si vivement.

LADY ÉVELYN.

Il me reste bien peu de chose à vous apprendre... De retour à Verdun , je vivais retirée dans les propriétés de mon père , rachetées par lord Evelyn, lorsque sir Arthur...

ALPHONSE

Le cousin de votre mari... Ah! je comprends, madame : blessé de vos anciens refus, ou plutôt guidé par un vil intéiêt. . .

LADY ÉVELYN.

Peut-être a-t-il les lois pour lui. Ce n'est que d'hier que j'ai reçu de Londres les preuves de mon brusque mariage... et j'ignore même si elles ne seront pas insuffisantes devant les tribunaux. f^

ALPHONSE

Comment , madame , expliquez-vous.

LADY ÉVELYN , tirs-embarrusséc.

M'expliquer... c'est que je ne sais conunent... parce qu'il y a des circonstances. ( Lui présentant un papier. ) Tenez , monsieur, lisez vous-même.

Alphonse , prenant le papier ai'cc Inccrliiude. Voyons, madame... une note de l'avoué... (// parcourt à demi-voix.) Nullité prétendue... Un tel argument... Pousser jusques là l'indélicatesse.

Air du Petit Corsaire.

Non, avec un tel ennemi, Aucun accord n'est praticable,

LADY EVELYN

11 m'en offre un même aujourd'hui :

Je-puis finir à l'amiable.

ALPHONSE

Et pour prix d'un semblable accord.

Qu'exige cet homme insensible ?

LADY EVELYN

Que je l'épouse.

ALPHONSE

Avais-je tort?

Pas d'arangement possible.

A moins , toutefois (afec intention), que vous n'ayez changé de sentimens à son égard... l'auriez-vous revu , madame?

LABY ÉVELYN.

Jamais chez moi... n\ais quelquefois en public... depuis que je suis à Paris , il me suivait dans les promenades.

ALPHONSE, Irès-vii'evicnt, :

Aux Tuileries, peut-être... si je l'avais sul...

LADY ÉVELYN.

Monsieur !

ALPHONSE, ai'cc préeipitation. Est-ce que vous l'aimez?

LADY EVELYN

Cette question...

ALPHONSE

Pardon!... c'est comme avocat... mon devoir seul... car entin, s'il fallait vous voir un jour accepter ses oflres...

LADY EVELYN

Oh! non... mieux vaudrait rester pauvre...

ALPHONSE , a\^cc transport.

Vous ne l'aimez pas!... ah! je vous crois... j'ai besoin de vous croire.

LADY EVELYN

Monsieur...

ALPHONSE , se reprenant.

Dans votre intérêt, dans celui de ma cause... en est-il de plus belle?... eût-on jamais à défendre des droits plus sacrés et plus chers ? {S'exaltant par degrés. ) Vous , redevenir pauvre !... Oh ! non , non... ne le craignez pas... vous gagnerez , madame, vous gagnerez... les biens dont vous jouissez ne sont-ils pas l'héritage de votre famille?... Ne vous ont-ils pas été légués pour acquitter une dette de reconnaissance? et l'on vous menace!... on vous .attaque à-la-lois dans votre fortune et dans votre honneur? On ose vous disputer le nom de votre époux!... on méconnaît son dernier vœu... on flétrit près-

but encore? le croirait on (..ji s.^„,parer de votre

E?r:î.'uet sTuUiarfaitLuiUir „Jn sang, m'i.-

diene , me révolte

o ' LADY EVELYN , troublee.

^^^^^^^"' ki^-PBOTiS^, se reprenant encore. Et me donne l'espoir de communiquer h même impression .à des magistrats calmes et impassibles, que nen ne saurait influencer.

LADY EVEL-ïN.

Vous croyez?

ALPHONSE

J'en réponds .. que de moyens à faire valoir!., que de titres évid:ns!TerieUr?s de lord^Evelyn, votre -trat de n a riap-e cette candeur, tant de jeunesse et de tliaimes...

alTj"e'"n'oublierai aucune preuve ; ma tète en est pleine

( mettant la main sur son cœur ) tout est la.

. LADY EVELTIS, a p«r^-

Ah ! mon Dieu î {Haut.) Je m'en vais. . . je vous gênerais pour travailler.

ALPHONSE

Soyez tranquille î je ne serai pas un instant sans penser

LADY EVELYN , ai'cc abandon.

AlV i'v compte... {Se reprenant.) Adieu, monsieur. Ah . J y compie... y, / ^^^^^ ^^^^ Alphonse la conduit.)

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