‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 110 sur 123 · épapréoncav xarà tov aûtov xatpôv. H. E., Il · texte numérisé non relu

épapréoncav xarà tov aûtov xatpôv. H. E., Il

s. Iren. Haeres. 3, 3,2. « À gloriosis duobus apostolis Petro et Paulo Romae fundatae et constitulae ecclesiae ».

Tertullien ! insiste sur son martyre, Clément sur sa prédication.

Les écrivains du troisième siècle ne ent que répéter leurs prédécesseurs.

La littérature des Clémentines, loin d’être à l’origine des traditions sur la venue de Pierre à Rome, les trouve solidement établies ? et les confirme en les acceptant. Au deuxième siècle, faiseurs de romans et docteurs de l’Église en parlent comme de faits certains. Au reste il est probable que les Homélies et les Reconnaissances, sous leur forme actuelle ne datent que du troisième siècle. Et quant aux écrits qui peuvent leur servir de base, ils sont trop étrangers au milieu romain, d'époque trop tardive, de contenu trop incertain, d'influence trop faible, pour contre-balancer les témoignages acquis. On n’explique plus la tradition relative au séjour de Pierre, par les imaginations ébionites qui lui font suivre à la trace Simon le magicien, prête-nom de Paul, jusque dans la capitale du monde. Les traditions relatives à Simon se rencontrent d’une manière tout à fait indépendante chez Justin, chez Irénée. C’est à peine si, dans les Homélies, Paul semble visé, sous le nom de Simon 4. Ce dernier garde sa réalité propre. Il n'est pas le prête-nom de Paul. Il s’agit bien du magicien de

Samarie, qui vient à Rome ainsi que font la plupart des chefs du

gnosticisme $.

Quant aux Actes apocryphes qui portent le nom de Pierre, ils expriment, au commencement du troisième siècle, la tradition catholique sur le sort final des deux apôtres réconciliés. Les Actes de Pierre et de Paul les montrent combattant ensemble Simon

‘1. De Praescr. 36: « Romam.. Ubi Petrus passiont Dominicae adaequatur »; Adv. Marc., 4,5 : «Romani … quibus Evangelium et Petrus et Paulus sanguine quoque suo sionatum reliquerunt »; Scorp. 15 : « Orientem fidem Romae primus Nero cruentavil. Tunc Petrus ab altero cingitur cum cruci adstringitur »; Eus. H. E. VI, 14; Clém. d'Alex. : « palam praedicante Petro Evangelium Romae » (Migne, Patrol. gr., t. 2 de Clém., Adumbrat., col. 732). :

2. Zahn, Einleilung, t. 1, p. 448 et suiv.; t. 2, p. 22. 23. 26. 27.

3. Harnack, Dogmengeschichte, 11e éd., t. 1, p. 236 et suiv. — Ulhorn, Keal- Enc. (Herzog-Hauck), art. Clementinen. Voy. surtout p. 179.

4. Clementina, éd. de Lagarde, Leipzig, 1865 ; Hom. 17, 3-19; 11, 35, etc.

s. Renan, L'Éolise chrétienne, p. 323 et suiv.; Marc-Aurèle, p. 74 et suiv.

Monxixr. — La première épitre de Pierre. 22

le Magicien’, etles Actes de Pierre? veulent que le séjour de Pierre à Rome et son martyre tombent au moment où Paul, libéré d’une première captivité, est parti pour l'Espagne. C’est ce que contient déjà le Fragment de Muratori.

Quel que soit le travail de légendes qui se fait au deuxième siècle sur les derniers temps de Pierre’, ilest bien difficile de supposer un si grand corps de traditions sans une base réelle. N’y eût-il que les témoignages du premier siècle, on peut tenir pour acquis le séjour même à Rome, pour presque certain le martyre sous Néron. Tout dans les traditions de l'Orient et de l'Occident chrétien confirme ce résultat. Rien ne le compromet. Il faut donc supposer que si Pierre écrit ou fait écrire l’épitre qui porte son nom, c'est de Rome qu'il envoie.

. Tischendorf, Acta aposioloru imapocrypha. Leipzig, de 1 (Acta Petri et Pauli, 1 à 39).

2. Lipsius, Act. apost. apocr., 1891, t. 1; Zahn, N. T. Kanon, t. 2, p. 832à 839. Voy. pour la fixation du vrai caractère (catholique et non gnostique) de cet écrit, et pour sa date (200 à 250 et non 160 ou 170), Harnack, Chronologie.…., p. 549 à 560.

3. Voy. sur la tradition qui fait mourir Pierre et Paul le même jour : Tertullien, De Praescr. 36, et Adv. Marc. 4, $. Commodien, Carmen, 821; cf. Eus. H. E., Il, 22, 25. Sur la difficulté que cette tradition a eu à s arr voy. les textes cités par Renan (L’Anfechrist, p.188); sur la crucifixion de Pierre, Tertullien, Adu. Marc. 4,5 ; Scorp. 15; De Praescr., 36,25. Cf. Tacite (Ann., 15, 44), qui parle de chrétiens crucibus affixi; sur sa crucifixion la tête en bas, voy. Eus. H. E., I, 1 (d’après Origène); Dem. Eu. 3, 5 ; Jérôme, De vir. illust. 1; sur le supplice de la femme de Pierre, mise à mort le même jour : Clément d'Alexandrie, Sirom. 7,11. Ù

Jérôme résume en un tableau les principales de ces traditions(De vir. ill. 1): « Princeps apostolorum post episcopatum Antiochensis ecclesiae, et praedicationem dispersionis eorum, qui de circumcisione crediderant, in Ponlo, Galatia, Cappadocia, Asia el Bithynia secundo Claudii imperatoris anno, ad expugnandum Simonem Magum , KRomam pergil, ibique viginti quinque annis cathedram sacerdotalem tenuit, usque ad ultimum annum Neronis, id est decimum quartum. À quo et affixus cruci mar- {yrio coronatus est, capite ad terram verso et in sublime pedibus elevatis asserens se indignum, qui sic crucifigerelur ut dominus suus. Sepultus Romae in Vaticano juxta Viam triumphalem, totius orbis veneratione celebratur ».

“he quel qu que soit le moment exact où l épitre a été écrite, e, quel qu’ en soit l’auteur, elle reste un témoignage très touchant, très

de l'esprit aux temps apostoliques. Elle montre comment des tendances diverses pouvaient s "unir en un accord parfait. é: te Cesthle proclamation même de l'Évangile, par un de ses plus Se nobles représentants.

Vi » Le Président de la soutenance,

Ep. STAPFER.

Vu : Le Doÿen,

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