‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 15 sur 123 · Neubauer, Géographie, p · texte numérisé non relu

Neubauer, Géographie, p

groupes importants *. La province d’Asie a été le centre des missions chrétiennes d'Asie Mineure. Le ministère de Paul à Éphèse pendant deux ans et demi, a fait de cette ville un foyer intense de propagande chrétienne, une des capitales de la première chrétienté (ACT x 85 T8 2119, 4oet20;17338; 1 COS: s2;2Cor.12,25à 33). On se rappelle l’activité d'Epaphras (Col. 1, 7; 4, 12; Philém, 23), les traditions des premiers historiens sur Philippe à Hiérapolis (us HP 59; Niceph. HUE ALE0) SuriJean (H. E., 31), sur les disciples qui avaient vu les apôtres (4. E., III, 28, 6; Irén., Adv. Haer, IL, 3, 4), sur le millénarisme de ces contrées (A. E., IL, 39). — Paul n’a pas été en Bithynie; il est dit expressément que « l’Esprit ne le lui permit pas ». Mais c’est là, comme dans le Pont, que les progrès de la mission atteignent, cinquante ans plus tard, cet extraordinaire développement dont Pline parle à Trajan : neque enim civilales tantum, sed vicos etiam atque agros superstitionts 1stius contagio pervagata est... desolata templa… sacra solemnia diu intermissa (Ep., X).

Rien n’établit que Pierre ait évangélisé ces contrées. Après la persécution de l’an 44, il disparaît de la scène (Act. 12, 18). La 1e épitre aux Corinthiens indique vaguement qu’il faisait des voyages missionnaires (1 Cor. 9, $). Est-ce en Galatie, dans les bourgs obscurs de Cappadoce, dans les villes du Pont, sur les côtes de Bithynie que cette activité s’est dépensée ? Il n’y en a aucune preuve, aucun indice. Ni d’après les Actes, ni d’après les épîtres de Paul, ni dans des traditions sérieuses on ne voit que le grand missionnaire ait rencontré des traces quelconques de l’activité de Pièrre

Quant à la suite dans laquelle ces provinces sont énumérées, ce n'est ni le désordre, ni l’ordre que suivrait un auteur écrivant de Babylone; le Pont en est moins près que la Cappadoce. C’est l’ordre observé par un auteur soigneux, tenant compte non de l’endroit où il est lui-même, mais de la disposition géographique. 1. Ramsay, The cities and bishoprics of Phrygia (vol. 1, part. 2, p. 607-676;

Schürer, t. 3, p. 13-16). Sur la Bithynie, voir Schürer, p. 17 (Philon, Leg. ad Caj., 36:

Commençant par le Pont, c’est-à-dire par le nord, il continue par l’estet le centre, où il trouve les deux contrées voisines, et souvent réunies, de la Cappadoce et de Galatie; il termine par l'Asie et la Bithynie à l’ouest.

[, 2. xaràk Toéyvwoi Îeoù natoéc, èv dyixoud nveûuaroc, els Ümaxov xal pavriomdv afuwatos [nooù Xproro. Apt OV xat cionvn TAn0uvbein.

que Dieu notre Père a connus d’avance, qu'il a sanctifiés par l'Esprit pour obéir à Jésus-Christ et avoir part à laspersion de son sang. La grâce et la paix vous soient multipliées.

Trois courtes propositions, sans articles, ne contenant que les mots essentiels, caractérisent la vie chrétienne dans son origine (élection), dans son élément (l'esprit qui sanctifie), dans sa réalisation (lalliance en J.-C.). De même que 1 Cor. 12, 4-6; 2 Cor. 13, 13; Eph. 4, 4-6, ce passage est une ébauche des croyances trinitaires. (Mt. 28, 19). — Ce verset se rattache non à &méozchcs, mais à éxhexrotc qu'il suit et qu'il développe. Les termes employés, surtout ceux d’obéissance, d’aspersion, conviennent beaucoup mieux au salut qu'à l’apostolat. — Point d'articles, non afin de mieux souder ce verset à ixhsuroïs (Schmiedel, Grammatik, p. 166), mais à cause du caractère de ce passage. — zata mpéyvwotv, l’auteur remonte par delà les âges, jusque au fondement dernier du salut : le décret de Dieu. La rpéyvwots divine n’est pas la prescience, connaissance anticipée (sens classique); mais une volonté déterminée et active (Calvin, Jnstit. 3, 22, 6, quid enim insulsius aut frigidius quam Deum e sublimi spectasse unde ventura esset humano generi salus?). (1,20; Act. 2, 23, th opuopévn Bounn at mpoyvooa;s Rom. 11, 2; 2 Thess 2, 13). Ce sens se rencontre dans le grec hellénistique. Dans Josèphe (Ant. 1, 11,1) Dieu décide (£yvw) de punir. (Jér. 1, 5; Es. 49, 1; Assomption de Moïse, 1, 14). Le sens de prévision reste courant (Judith, 11, 19; Josèphe, Contr. Ap. 1, 26 : rp5yvucis rüv

Eccuévov; Ant. 15, 10, $). Mais les parallèles indiqués sont décisifs dans le sens d’une prédestination inconditionnée. M. Fulliquet exprime une idée intéressante, mais étrangère au texte en disant : «... Dieu qui dans sa sagesse, sans arbitraire, recrute la communauté. Il a les yeux sur l’ensemble d'Israël et discerne ceux qui sont aptes à être retirés de la masse de la nation pour faire partie du cercle... » (La pensée religieuse dans le N. T., p. 349). reéyrwas ne se dit que des élus. Comme »7: ce mot exprime la faveur, la prédilection (rapprocher 1 P 1,20 de Jean 1, 17; Amos 3, 2 bpäs Eyvwy Ex racüv Tüv ouhüv Ts yo).

ratoës. Cet amour est souligné par le terme de Père. Oeès rarhp, association d’idées fréquente chez Paul (1 Cor, 1. 3; 2 Cor. 1,25 Gal. Tr, 6 3: 40T1h 7,1) et dans les Pastorale Gr imer 2; Tite 1, 4; cf. Jude r; 2P. 1, 17). Chaque terme, ajouté comme un attribut, au nom de Dieu, exprime la vérité particulière que l’on veut affirmer de lui (Justin, Apol. IT, 6). Ici, c’est la notion chrétienne de Dieu, le Père, posée au début de l’épitre, comme la clef de voûte.

ëv dyuxou® mveûpatos (2 Thess. 2, 13). « Dieu vous a élus. puis en exécutant ce sien miséricordieux propos en son temps, il vous a séparés effectivement d’avec eux » (Amyraut). La sanctification par l'Esprit n’est pas mentionnée comme preuve de lélection, mais comme l’œuvre même de Dieu, en celui qui devient membre de la nouvelle alliance. — ëy, hébraïsme, indique l’instrument dont Dieu se sert (Judith, 1, 15; Gen. 48, 22). Aïnsi l’entend Érasme. Calvin traduit : ad; Brückner : dans, marquant la sphère où l'élection se réalise. L'Esprit qui sanctifie, saisit, met à part, consacre le croyant; mais ce n’est pas une action extérieure, collective, comme souvent dans l’ancienne alliance; c’est une séparation spirituelle d'avec le mal (1 Thess. 4, 7). Des forces divines entrent dans l’homme et font de lui une nouvelle créature : c’est l'Esprit qui est à l’œuvre; il ne peut procéder autrement. — Les substantifs en pos indiquent une action durable, permanente, ou quise ténouvelle (Cor. 7, 30; Rom: 6, 19:11 lim. 2,015 ve vootv 2v... éyiaouo® (Héb. 12, 14; cf. Sir. 17, 10; Ez. 45 AN AM 2, 11,2 Macch. 14, 36; cf: Clem. Rom. 30, 1: âyiou cévhpeote

Ütdpyovtes rouiowpev Tà Toû dytxcuod ravra; 1d. 35, 2).— rvetpatos ne désigne pas l’esprit de l’homme qui doit être sanctifié, mais l'Esprit qui sanctifie. Le Père, l'Esprit, le Fils, sont nommés l’un ie l’autre comme accomplissant le salut.

ci; marque le dessein que Dieu s’est proposé, le but même de toute cette œuvre (Rom. 6, 17). — üranov, l’obéissance. Mais quelle obéissance ? Celle de la foi qui saisit le salut ? (2 Thess. r, 8; Rom. 10, 16; cf. dmebiw, 1 P. 2.8; aœxoüsovtm, Act. 28, 28). C’est l'explication de Luther : « Ici saint Pierre parle un peu autrement que saint Paul; mais cela revient au même. Saint Paul dit que nous sommes sauvés par la foi en Christ. Or c’est la loi qui nous rend obéissants et soumis à Christ... C’est la même chose. d’être aspergé de son sang, que de croire ». Nous retrouverions ainsi la pure affirmation de la justification par la foi. Sieffert (J. f. d. Th., 1875, p. 375) veut que ce soit l’obéissance de la vie : accepter la volonté de Dieu et la faire (1, 14, véuva dranoñc). En réalité, nous avons ici une allusion directe à la grande scène qui dominait l’histoire religieuse d'Israël, la conclusion de l'alliance (Ex. 24, 7-8). Voici comment lExode (J. E.) la décrit :

« I prit le livre de l'alliance et le lut en présence du peuple ; ils « dirent : Nous ferons tout ce que l'Éternel a dit, et nous obéirons Q (rouiaousy nai anousécha). Moïse prit le sang, et il le répandit « sur le peuple en disant : Voici le sang de l'alliance (rd aiua rñç « Daxns) que l'Éternel a faite avec vous. »

Le peuple promet obéissance; il reçoit l’aspersion. L'alliance est solennellement conclue; àrzxrofv est donc une notion coordonnée avec bavriouéy et indépendante du génitif ‘I. X, qui suit xuares et le détermine. C’est la soumission de l’âme croyante. Cette obéissance, fruit de PEsprit, est la disposition fondamentale qui permet de recevoir toute grâce divine. Elle est nommée après l’éyaouée, acte de Dieu qui commence son œuvre dans l’homme, parce qu’elle en est le premier résultat. Elle en est aussi la manifestation permanente (1, 14).

bavriouuév. Dans Ex. 24,8, l’aspersion a un caractère expiatoire. Dans les vieux rites sémitiques, expiation et communion sont des notions connexes. Il faut effacer d’abord ce qui fait obs-

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tacle à la communion, et le même sang qui établit un lien entre le Dieu et son adorateur, purifie ce dernier (Robertson Smith, The religion of the Semites, 4° éd., p. 312 et suiv.; Riehm, Handuwürterbuch, art. Bund). Le sacrifice consacre l'alliance (Ps. 50, 5). Pour les premiers chrétiens, comme pour leurs contemporains juifs, le pardon des péchés et l’effusion du sang sont unis de la façon la plus intime (Héb. 9, 22); c’est un principe indiscutable (Ménégoz, L'Épitre aux Hébreux, p. 104 et suiv.). La scène de l'Alliance fait donc penser au sang d’un prix infini par lequel nous avons le pardon (Héb. 12, 24; Barn. 5, 1, ëv 5 aïpart vod pavtiouaros abro). Prompte à discerner les types du Christ immolé, lépitre les recherche et les groupe, comme une couronne d’emblèmes autour de la croix. Mais il y a plus. L’aspersion du sang de J.-C. établit un lien profond et permanent entre le chrétien et son Dieu. C’est la nouvelle alliance (Jér. 31, 31-34; Héb. 8). Nous avons ici une allusion à la Sainte-Cène qui en est le mémorial (Mt. 26, 28; Mc. 14,24, © aiu4 pou ts uabyune). Les notions coordonnées d’obéissance et d’aspersion ne désignent pas tant l’entrée dans la vie chrétienne, que cette vie même dans son ensemble. Ainsi parle 1 Jean 1,7: « Si nous marchons dans la lumière... le sang de Jésus son fils nous purifie de tout péché ».

Quant à l’ordre des mots branoiv et pavriousv, s’il ne cadre pas avec nos formules traditionnelles, il s’explique par l’horizon de l’écrivain. Celui qui parle ainsi, est un chrétien des premiers jours, israélite pieux, et qui a longtemps vécu dans un judaïsme biblique et spirituel. Il a senti avec une véritable fraîcheur d’âme les grandes scènes de l’A. T. Elles vivent en lui, et ce sont comme les cadres nécessaires dans lesquels l’enseignement et les expériences chrétiennes viendront se verser et recevront leur forme. De telles façons de parler sont une preuve d’extrême ancienneté.

xäous.…, etpvn (2P. 1,1). C’est la salutation constante de Paul. 1 et 2 Tim. intercalent £hsoc, ainsi que 2 Jean (cf. Sap. 4, 15 xaous nat Ekeog ëv rois Exhextoïc aroë). Ce n’est pas, comme on l’a dit (Usteri), la salutation grecque yxissw et la salutation hébraïque (\5w) combinées ; yäots qui dans les LXX traduit jn et Th, diffère profondément de yafpewv. C’est la grâce de Dieu, et non

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la joie de vivre. — nbtÿ, paix, exprimait pour l’Israélite le parfait bien-être intérieur. — La salutation chrétienne est originale, elle unit le don de Dieu et les fruits immédiats de paix que ce don communique.

rhn0uvôein se trouve dans Dan. 3, 98 (LXX, lettre de Nébucadnetzar; cf. Ps. 37 (36), 11 hwôet eipévns) et sera repris par Jude 2,2P. 1,2; Clem. Rom. 1; Polyc. 1. Von Soden remarque qu'il n'y a pas à chercher des nuances aux mots grâce et paix dans les diverses salutations du N. T. Ils s’y trouvent dans leur sens le plus général. Ce sont des termes, non de théologie, mais de piété cordiale, ayant partout la même portée.

3-12. Actions de grâces au sujet du salut qui soutient les élus dans l’épreuve et accomplit l’attente du passé. Dans cet exposé de la grâce salutaire de Dieu, 3 moments : de 3 à $ ; le don de Dieu; de 6 à 9, le bienfait de l’épreuve; de 10 à 12, l’exaucement des prophètes. « Dans cette préface, dit Luther, tu vois une vraie parole apostolique et comment on va au fait. »

3 à 5. Résumé du salut, présenté dans sa plénitude, surtout comme une espérance, mais aussi comme déjà actuel. Il y a un lien intime entre le croyant et les biens attendus. L’espérance vit dans l’âme rachetée qui a la jouissance anticipée de l'avenir. Par le don de l'Esprit il y a certitude. Le chant d’allégresse de l'avenir a commencé chez le fidèle qui parle de l'avenir au présent.

[, 3. edAoynrèc © Oeds ai matho Toù xupiou uv

FA € \ =) , FE 2 5) Inooù Xo1otoi , © XATA To mob aÙtoÿ EÀEos dv ŒYEVVNOUS Fe [AN = 5 7 MS Eis EATLOZ Coca dL AVATTATENS ne ù Xo OLTTOÙ ÊX VEXOOY |

Béni ce Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui, dans sa grande miséricorde, nous a fait renaître par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour nous donner une espérance vivante,

1. Var. : rat omis après (eos par Syrsch Sah. Arm. — Cwns pour Ewoav, dans Mnn. demid. et luxov. (vitae), tol. Aug. (vitae aeternae).

Ces actions de grâces sont imitées d’Eph. 1, 3 pour l'allure générale et pour un certain nombre d'expressions (voir, aux conclusions, la comparaison avec les Éphésiens). Quand Paul remercie Dieu de quelque bienfait particulier, il dit sbyæptoréw (1 Cor. 1, 4); et quand il s’agit de louanges générales, pour le salut du monde,

edhoynrès (2 Cor.-1, 3). — ebhoynr>s (sous-entendu ot, 4, 11).

C’est ainsi que les LXX traduisent l'antique formule de béné-

diction et d’actions de grâces 7112 (Gen. 9, 26; Dan. 11, 20). C’est une expression courante de la langue religieuse juive (Mc. 14, 31), véritable cri d’amour d'Israël pour son Dieu. Souvent les prières commençaient par ce mot; et la langue des prières a particulièrement influé sur la formation du vocabulaire chrétien : ce sont naturellement les expressions les plus vives et les plus pures qui se sont le mieux prêtées à traduire les expériences nouvelles ; aussi le terme d’eoynrés semble-t-il être devenu liturgique dans l’Église (2 Cor. 11, 31; Rom. 15, 16). Il faut distinguer ebhoynrés et ebhoyéuevos. L’A. T. (LXX et apocryphes), dit généralement <èkoynrés en parlant de Dieu. Philon (De Migr. Abr. 19) définit ebhoynrés, meguxws edhoyiac Eros xx! dv mävres ‘hovyd£watv. Dans le N. T., en présence des marques de la bonté de Dieu, on s'exprime de même (Eph. 1, 3 et suiv. ebhoynrès 5 Deès.. à ebAoynouc fuäc èv raon ebhoyia. Cf. Aug. Enarr. in Ps. 66 : Prior est in nobis benedictio Domini, et consequens est ut et nos benedicamus dominum. C’est ebhoymuevos qui, dans PA. et le N. T., s'applique d'habitude à l’homme et aux créatures (Hort, The first epistle of S* Peter; Redpath et Hatch, Concordance of the LXX, Ezra Abbott, Journ. of the Soc. of Bibl. Liter. and Exegesis, déc. 1881).

Mais la formule juive se transforme; la note spécifiquement chrétienne s’y ajoute : xat rar to5 xvpiou uv ‘I. X., expression fréquente chez Paul, en particulier dans les actions de grâces, au début des épitres (2 Cor.1,5; Eph 4,55 Col) = Taruele unique qui régit Dieu et Père n’oblige pas à traduire : le Dieu et Père de J.-C. (Schmiedel, p. 55). L'accent est sur Dieu. Père de J.-C. est une qualité essentielle qui s’ajoute. Cependant la traducion Dieu et Père est plus conforme aux analogies. C’est le sens

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