‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 16 sur 123 · SE RE RD SV GA EN · texte numérisé non relu

SE RE RD SV GA EN

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MS REV pe d’Eph. 1, 3, rapproché d’Eph. 1, 17: & @e>s ver aupiou (Gal. r, 4; 2 Cor. 11, 313 Phil. 4, 20; Jean 20, 17). — Nous avons le

droit de bénir un tel Dieu, l’auteur même du salut; son caractère propre est de faire grâce : nous pouvons le connaître, l’aimer, le servir. — On aurait tort de chercher ici une doctrine précise sur les rapports du Fils avec le Père. Cet écrit, tout de piété, ne définit pas. Tout au plus dirons-nous avec Calvin : se manifestavit in Filio suo non aliter quam in illo vult cognosci. — 705 nvpiey, c’est le titre que du vivant de Jésus les disciples donnaient au maître (2; Keim, Geschichte Jesu, t. 2, 13; t. 3, 174). Après la résurrection, leur confiance est devenue la foi, et ce nom de Seigneur exprime ce qu'ils pensent du Christ glorifié, souverain des âmes. Désormais il est le Seigneur Jésus (Act. 7, 59; 11, 17). Paul fait de cette expression le centre même des affirmations chrétiennes (RCoL 123: Rom. 10,93 Phil tri Eph4eret sui.) Les LXX emploient constamment le même terme pour désigner Dieu. À la faveur de ce titre commun, le N. T. transfère à J.-C. ce qui est dit de Dieu. Cette confusion volontaire d’attributs domine le langage religieux.

avpiou ‘I. X.; cette désignation complète remonte vraisemblablement aux premiers temps (Act. 11, 17; 1 Thess. 1, 3). — tuoy sy ajoute communément (6 fois dans le début de la 1° aux Corinthiens 1, 2-10); pour marquer le lien personnel entre J.-C. et les croyants qui l’invoquent (Rom. 10, 12), qui sont en communion avec lui (1 Cor. 1, 9). — ‘I. X., nommé constamment dans cette courte épitre, moins souvent pourtant que Oeés.

Dieu nous a créés à nouveau. C’est son œuvre (Col. 3, 10; Jacq. 1,18; Jean 1,12; 1 Jean 3,9); c’est à lui que la régénération est attribuée. — àvayévvmoac, mot rare : Jos, Ant. 4, 2, 1; Sir, prol. (leçon de K* &vzyewvnbeic); traité pseudo-philon. De incorr. mundi 3, où l’on voit que pour les stoïciens avayévvmau est un équivalent de rahryyeveoix; Porphyre, Ep. ad Aneb. 24, avayevrarixés (Hort). Dans le N. T. ce mot est propre à notre épitre(1, 23). Jean dira : naître d'en haut (ysvvn0%vat ävwbev) et Paul parle de nouvelle créature (xauvn xtioi, Gal. 6, 15; Eph. 2, 10; 4,24). C'est l'acte par lequel le Dieu créateur (4, 19 le fidèle créateur) nous commu-

nique la vie nouvelle. La régénération effective de l’âme en procède nécessairement. Ces notions ne peuvent se séparer, chez un auteur préoccupé des synthèses de la vie plus que des distinctions dogmatiques, et qui peint l’état tout nouveau du chrétien qui fait partie désormais d’un monde où le péché et la mort ne règnent plus. — Cet enseignement sur la création nouvelle remonte certainement à J.-C. (Usteri cite l'opinion de Volkmar qui veut que l’épitre emprunte lestermes &vxysvväv, avayeyevrnuéver, apruyéwnter, à l'Évangile de Pierre, Markus u. d. Synopse, p. 480). — fuäs, la 1° personne, rarement employée par l’épitre, unit l’auteur et les lecteurs dans la même humble reconnaissance.

On peut se demander s’il y a, d’après l’épitre, un rapport entre la régénération et le baptême. 1 P. 3, 21 l’établit; mais c’est une relation typique et spirituelle. Rien de sacramentel ; le moyen de la régénération c’est la semence impérissable de la Parole (1, 23); son auteur, c’est l'Esprit (1, 2).

Td mod abroÿ Ekcoç. (Test. des XIT Patr., Nephtali 3). Le motif de la régénération, c’est la pitié de Dieu, sa grande pitié pour les pécheurs (païens et juifs, Rom. 15, 9; 11, 30, 32). Les LXX traduisent ainsi 705, qu'ils rendent aussi par yäpis. Mais xäps désigne plutôt l’amour se manifestant par des dons ; #hecs regarde le passé et le présent, yäpts le présent et l'avenir. D’ailleurs ces deux expressions s’échangent, s’accompagnent (Eph. 2, 4-10; Gal. 6, 16). hemuévor est le terme habituel pour désigner ceux qui sont les objets de l’amour qui sauve (2, 10).

ets &hda ; — eiç, à la fois pour et dans (Gal. 4, 24). La régénération nous prépare pour le siècle à venir, nous rend capables d’y entrer, nous le rend certain. Aussi est-il dit que Dieu régénère en vue de l’espérance. — Il faut distinguer les biens attendus, d'avec l'espérance elle-même (x, 3 ei ?Axida; 1, 4 is xAmpovoulav), activité de l’âme que Dieu suscite et qui est la foi même, tournée vers l’avenir, la certitude d’être en communion avec la source indéfectible de toute grâce. L’espérance occupe une place importante dans l’épitre, non parce qu’elle jouerait le rôle qui revient ailleurs à la foi, mais parce que lexpérience chrétienne y est particulièrement intense. — Le salut n’est pas essentiellement une

notion de l’avenir. L’âme est libérée du péché et de ses conséquences; elle est unie à Dieu. L’espérance en procède. Quand la communion avec Dieu atteint un certain degré, on ne peut concevoir qu'elle prenne jamais fin; on en attend invinciblement des réalisations glorieuses.

Cüoav. Cette espérance est appelée vivante. Avant d’être chrétien, l’auteur sentait ce que ses espérances avaient d’incertain et de conventionnel. Maintenant la vie nouvelle, qui remplit son âme, transforme son attente. — Von Soden remarque que cette épithète convient à toute force qui se réalise, qui produit des résultats conformes à sa nature. Le Dieu vivant est celui qui donne des marques de sa puissance. Le pain vivant est celui qui nourrit les âmes. Par contre, la foi sans réalité est morte (Jacq. 2, 17-26). Il y a donc ici plus que l'affirmation de la beauté des espérances chrétiennes, par rapport aux espérances humaines (Eph. 2, 12), ou par rapport aux espérances juives, que la croix anéantit (Weiss); plus que l’afirmation de la certitude (Luther, Bèze, Estius, spes certissima), où qu’une simple figure de langage (Calvin, spes viva pro spe vitae capitur); l'espérance est un réconfort continuel. — Jésus et ses disciples employaient volontiers le terme de vivant, seul capable d'exprimer la plénitude palpitante de vie qui résulte pour l’âme rachetée, de son intimité avec celui qui en est la source (pain, Jean 6; sr; eau, Jean 4, 10; 7, 38; chemin, HÉDE:0 20pierre L'P,2, 4).

à” avasrésews. Luther, Bengel, Hofmann rattachent immédiatement à: avasrécsws à Cosav : le résultat de la résurrection serait de rendre l’espérance vivante. C’est en effet la liaison apparente; la liaison réelle est avec avzxyévvnous, ce qui donne un sens plus satisfaisant. — La résurrection est le facteur essentiel (4) de la vie nouvelle. Est-ce parce que la résurrection de J.-C. est le gage de la nôtre(Jean 14, 19)? Ainsi l’entendent Schott, Lillie; la glorification du chef garantissant celle des membres (Ewald : nous pouvons espérer même résurrection et même immortalité que celle de J.-C.). Est-ce comme le grand miracle qui accrédite J.-C., manifeste sa messianité, donne à ses paroles tout leur crédit et à son œuvre sa consécration définitive (1* chap. des Actes)? —

MoxiEr. — La première épitre de Pierre. 3

L’épitre se rapproche davantage du point de vue de Paul. Quoiqu’elle n'ait pas son mysticisme, elle emploie des formules voisines avec lintention avérée de tenir le même langage. Or, dans la théologie de Paul la résurrection n’est pas seulement une analogie lumineuse, un gage assuré, mais la condition même du renouvellement intérieur. Le Sauveur ressuscité, affranchi de toute limite, étant l'Esprit même, devient l’auteur de toute vie spirituelle. C’est ce que Luther paraphrase : « Il est ressuscité, 1l est monté au ciel, pour nous donner son Esprit, afin que nous naissions de nouveau. » « Parce qu'il est vivant, dit Usteri, — et il l’est puisqu'il est ressuscité, — il nous donne tout ce qu'il a, se donnant lui-même. » Il devient ainsi, dit le même auteur, « le point de cristallisation de toute espérance certaine. »

Dans lPaccent avec lequel il est parlé de la résurrection, on retrouve un écho des souvenirs personnels de l’apôtre, et de l'émo-

tion du matin de Pâques.

I, 4. eis xAnoovouiay &pÜaptov ai &miavtov xai ua

é + , ra s € PJ AVTOY, TETEONILEVMVEVL OUT AVOLCN EL U LLC ? UN l S $

Un héritage qui ne se peut corrompre, ni souiller, ni flétrir, et qui est réservé dans les cieux pour vous,

eis xhnpovouiav dépend d’avayévvmons et complète sis EAtida, en montrant quels biens l'espérance a en vue. Érasme rattache directement sis xAnp. à ets EAT.

knpovopiz traduit n5n2 dans le sens de possession assurée plutôt que d’héritage, et revient constamment dans les LXX pour désigner la Canaan terrestre où chaque tribu a sa part (Deut. 12, 9; Jos. 13, 14). La possession tranquille de la Terre Sainte apparaît comme la joie suprème. Après des siècles l’âme d'Israël en garde encore l'empreinte ineffaçable : le mouvement sioniste en tire sa

1. Var. : R met auœpavrov avant autavrov. — N, au lieu de &v ovpavots a ev ovpavo, — vuax appuyé par NA BK LP est remplacé par nuas dans quelques Mnn. Vo. (harl.) Cop.; Aeth combine : nobis et vobis.

| Le 35 poésie. Dans le N. T., c’est le salut considéré dans son accomplissement final. Jésus a parlé de la vie éternelle dont on hérite (Mat. 19,29; Mc. 10, 7; Luc. 10, 25; 18, 18), du royaume préparé avant la création du monde. Un pays était promis à Abraham et à sa postérité. C’est la figure de la promesse faite aux chrétiens, véritable Israël. Dieu est leur Père; le ciel, leur patrimoine (Rom. AT CCS TO DO 7 Mit 7 AHeb 9 TS ES 19; 1ijean: 32).

Trois adjectifs, d’une portée symbolique, disent la valeur de l'héritage; dans la bible grecque, ces trois mots ne sont que dans la Sap.12, 15 18,4; 3; 135 4, 258, 20; 6,:12). — “mat les relie, répété afin de donner à chacun toute sa force (Winer, p. 484). %p0xprov, incorruptible. Dans les LXX 90stow traduit nnw avec le sens de dévaster. Comme le grec classique, les LXX disent obetoeu rhv yñv. (Dans Gen. 6, 11 à 13, il est question de corruption et de destruction; cf. Gen. 9, 11; Ruth 4, 6, ruiner un héritage.) Dans #ç0aovo l’idée de durée domine (Mat. 6,20; 1 Cor. 15, 42. 53).

auiavrov, absence de souillures, matérielles ou morales (Jacq. 1, 27), tandis que la Canaan terrestre était constamment gâtée (nav, iaivw) par ses habitants et ses ennemis (Lév. 18, 28; Nomb. 35, 34; Deut. 21, 23; Jér. 2, 7). Muaivo traduit aussi bn, qui signifie plutôt Geénkéw, profaner (Es. 47, 6). Rien d’impur n’entrera dans le royaume des cieux (1 Cor. 6, 9. 10; Éph. $, s). Luther donne un sens actif à &ufavroy : « Les biens terrestres sont impurs et souillent. Il n’est homme si pieux que les biens d’ici-bas ne souillent ».

apdpavroy (W2) qui ne se dessèche, ne se flétrit pas. (Jér. 23, 10; Jacq. 1, 11); qui n’est pas soumis à la loi du déclin (Héb. 9, 15, œluviou). C’est la beauté impérissable. L’épithète est négative : des fleurs du Paradis on ne peut rien dire, sinon qu'elles ne se flétrissent pas.

rernpnuévn, au parfait, pour marquer que la Canaan idéale existe et qu'elle est sûrement gardée dans les cieux (Éph. 3, 9; Col. 1, 26). C’est là qu’elle est à présent ; elle n’est pas faite par la main des hommes; Dieu en est l’auteur; c’est une ville toute

DEEE Ver LL Et

préparée (Héb. 11, 16), la Jérusalem céleste (Héb. 12, 22; Gal. 4, 26); à l'avènement de J.-C. elle descendra à l'endroit qu'elle doit occuper (Apoc. 21,23 « Je vis la sainte cité... qui descendait du Ciel, d’auprès de Dieu... ») dans Col. 1, 5, Paul s'exprime un peu différemment : c’est l'espérance qui est en réserve dans les cieux, comme ici l’héritage. Le sens revient au même. Cette attente de la Jérusalem céleste qui descendra d’en haut est beaucoup plus précise après l’an 70. (Apoc.; 4 Esdras; Ap. Bar.) Avant la ruine de Jérusalem, il est plutôt question de la préexistence et de la préparation de la cité idéale. — Calvin : dicitur in cœlis conservata, ut sciamus eam esse extra periculum.

Ey odpavots, sans article, expression toute faite ; au pluriel (Mt. 5, 12), à cause du pluriel hébreu ? ou à cause de la croyance juive à la pluralité des cieux (2 Cor. 12, 2)? La seconde explication est plus probable, ce pluriel étant précisément rare dans les LXX, fréquent dans le N. T., où cette croyance est constante.

els bus, en vue de vous (Jean 12, 7); il ne s’agit pas seulement de donner aux lecteurs un sentiment plus direct de la réalité de la promesse (Hort).

1e ET ou) duvaet Oeoù DOOUPOULÉVOUS dLX Tiotewc els cwrnpiav étoipnv &roxxAvoD va Ev xaLOG ÉcyATw *.

qui êtes gardés par la puissance de Dieu, par la foi, pour le salut qui est prêt à être manifesté dans les derniers temps.

ppoupouméveus, gardés; au présent : le danger et le secours sont actuels (Gal. 3, 23; Phil. 4, 7); expression militaire : l’épitre en emploie plus d’une (2, 11; 4,1; 5,8), et c’est, selon F. W. Robertson (Sermons, éd. Tauchnitz, t. 4, p.234et suiv.) un trait de caractère chez l’apôtre, prompt à tirer l'épée, et bon soldat de J.-C. Ce langage convient à l’état de guerre où les chrétiens sont ici-bas contre le mal (Gal. 3, 23; Phil. 4, 7) ou mieux encore à l’état de

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