C’est l'opinion de Mayerhoff
Qu'un auteur de portée moyenne, de tendance conciliante, qui s’est longtemps nourri des meilleures pensées, veuille écrire à son tour un résumé de l’évangile apostolique, et l’on doit s’attendre d'avance à de nombreuses analogies.
En réalité, il y a plus que des analogies. On ne peut nier des réminiscences directes !
Avant tout, l’épitre de Pierre dépend étroitement des Éphésiens dont elle s'inspire, à tel point que l’écrit de Paul donne parfois la clef de ce que son imitateur a dit.
L’épitre aux Romains, de même, surtout dans les chapitres 12 et 13, est imitée, mais de moins près.
Les points de contact avec Jacques sont moins nombreux, mais caractéristiques. L'originalité n’est certainement pas du côté de notre épitre. Pour le reste, la parenté d’idées et de langue, le milieu, sufhsent à tout en
1° Étrange est surtout la ressemblance avec ne aux Éphésiens *. Par endroits, les deux épitres sont parallèles et s'expliquent l’une par l’autre. Toute l'originalité est du côté de Paul. Son épitre est pleine de pensées vigoureuses, qui s’engendrent les unes des autres, et distribuées suivant son plan habituel. Il n’imite personne. L’épitre de Pierre n’a ni cette langue, ni cette suite, ni cette fermeté.
Von Soden pense que l’épitre de Pierre étant d’un tissu plus serré et l’épitre aux Éphésiens moins compacte, il est difficile de décider laquelle a la priorité : on pourrait supposer que les deux auteurs ont pris dans un endroit commun des pierres pour leur édifice. Mais les doutes que von Soden garde sur l'authenticité des Éphésiens sont pour beaucoup dans cette opinion. En réalité,
1. Bleek, Lechler, Ewald, Renan (Antechrist), Stapfer (Le N. T., p. 685), et maintenant presque tous les commentateurs admettent cette dépendance générale. — Déjà Semler remarquait la dépendance par rapport à la littérature paulinienne. Sur le rapport avec Paul, voir Holtzmann, Eïnleit., p. 313, von Soden, H. C., p. 109, Usteri, Comment., 2e partie.
2. Usteri (Comm., p. 283) dit encore: non liquet. Mais même Huther, Thiersch, Schott, Sieffert, Hofmann n'hésitent pas à reconnaître cette dépendance.
c’est l’épitre de Pierre qui tantôt résume et tantôt développe. C’est elle dont les idées se suivent d’une façon large, coulante, sans rien de rigoureux. Si le style des Éphésiens a des retours (x, 11-14) où la pensée semble se ressaisir, il est plein, nerveux, original ; les idées forment un ensemble solide, bien lié, avec une indiscutable puissance.
Entrons dans dans le détail. Dès le début, la ressemblance est frappante. Après une salutation analogue (y4pts buis nat etonn por Éph. 1, 2), viennent, des deux côtés, des actions de grâces dont le mouvement général est le même. Dans les Éphésiens, un soufle de reconnaissance enthousiaste emporte toute la période et en fait un chant. L’épiître de Pierre reproduit ce mouvement. Les premiers mots, d’edkoynzée à XouTod, sont identiques. Pour le reste, les analogies se multiplient. L’épître a été rédigée en toute liberté d’esprit par un écrivain qui connaissait parfaitement les Éphésiens, et en reproduisait instinctivement les expressions essentielles. Qu'on examine ce tableau :
Voici d’abord les réminiscences du début :
eo ini IP 12) Etc. edhoyntée (Eph. 1.3), etc. ëxhextoïs (1). ÉehEatc (4).
xata mpéyvwoty (2). rpooploac, etc. (5).
els Üraxonv xat baytiopèv eis viobectav.. (s).
aïuaros (2). | amohUtpworv dx où afmaros (7).