‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 86 sur 123 · RAPPORT AVEC L'ANCIEN TESTAMENT · texte numérisé non relu

RAPPORT AVEC L'ANCIEN TESTAMENT

“exprimer les pensées nouvelles. La piété de l’auteur a ses origines dans A. T. Il s’en est assimilé l’histoire, il en a vécu les préceptes. L'âme même d'Israël vit en lui. C’est la grande scène de l’alliance qui fait comprendre l'alliance nouvelle que J.-C. a fondée. C’est la soumission de Sara qui symbolise l'attitude de la femme chrétienne. Les Proverbes lui fournissent des sentences. Les strophes des Psaumes expriment naturellement sa piété. Ésaïe, surtout le ch. 53, le pénètre. Les moindres nuances de cette prophétie lui sont familières. Il ne critique pas, à la façon de Paul, la loi. Il n’en a pas ressenti le poids. A ses yeux elle est toute perfection, toute sainteté. Il ne critique pas, à la façon des Hébreux, les rites. Il n’oppose pas le sang de Christ au sang des boucs et des agneaux, mais à l’argent et l'or. La notion du sacrifice lévitique est pour lui la clef de voûte de la foi au pardon. C’est une âme qui avait déjà trouvé une sorte de paix dans le judaïsme. Le Dieu de la loi et celui de la promesse, le Dieu du Sinaï et celui du Calvaire lui donnent à des degrés divers la même force et la même lumière. Ce que l'Évangile a d’unique était déjà l’objet du ministère des prophètes. La piété juive et la communion avec J.-C. se rencontrent ainsi dans un accord unique. Jésus seul à vécu de la sorte tout ce que l’ancienne alliance avait de permanent, afin de laccomplir dans la grâce des temps nouveaux. A ce trait on peut reconnaître un de ses plus intimes disciples.

Les citations sont faites constamment d’après les LXX, d’une façon textuelle ou avec des modifications qui ne supposent jamais le souvenir du texte hébreu. La citation d’Es. 8, 14, faite d’après Rom. 9,33, ne prouve que la parenté de l’épitre avec les Romains et montre avec quelle liberté on citait; elle ne modifie pas ce jugement.

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Le vocabulaire de l’épitre se trouve déjà presque en entier dans les LXX. On a donc affaire à un auteur qui s’est nourri de la Bible grecque, qui se l’est assimilée profondément. À chaque instant les expressions de l’épitre, ses notions sont influencées par le texte des LXX. Scharfe en a fait ' un examen minutieux et intéressant. L'héritage à venir (Deut. 11,12; 11,29; 12,9), les élus, étrangers sur la terre (Ps. 39, 13), la prescience divine (Judith 9,6), l'épreuve du feu (Prov. 17,3; 27,21), les reins ceints avant le départ (Ex. 12, 11), l’agneau sans tache (Lév. 22, 19), le rachat (Lév. 25, 25), donnent lieu à des rapprochements caractéristiques. Au chapitre 2, les versets 3 à 10 sont composés de mots des LXX : citations directes, termes bibliques mêlés au discours, allusions. Ce n’est plus précisément citer, c’est parler en langage biblique; sauf l’Apocalypse, nul livre du N. T. n’a au même degré ce caractère. Paul connaît et utilise les LXX : il ne s’y lie pas à ce point. Il suit parfois le texte hébreu; sous la langue de Pierre on voit transparaître d’une façon constante la Bible grecque qui seule, dans certains cas, fait bien comprendre ce qu’il a voulu dire (Ex. 24, 7-8; cf. 1 P. 1,2). Au reste, rien de servile dans cet usage des LXX. L’épitre ne copie pas cette langue de traducteurs, que personne, à tout prendre, n’a jamais parlée. À l’occasion même elle emploie volontiers leurs expressions dans un autre sens : œyabomeïe veut dire faire du bien, . dans les LXX, et dans 1P.2,1$ faire le bien; faacpmueiv, blasphémer dans les LXX, et probablement diffamer dans 1 P.4,4. L’épitre parle la langue hellénistique teintée d’alexandrinisme. La comparaison avec l’épitre aux Hébreux la déjà indiqué. On en trouvera la confirmation dans des documents étrangers au courant biblique, des lettres écrites vers le 1% siècle à Alexandrie sur des sujets religieux. Deissmann ? qui les cite, y relève de curieuses analogies de mots 5.

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