‹ La premiére histoire en date de Jeanne d'ArcChapitre 18 sur 104 · Ibid., t. II, p. 303. — Déposition de Frère Isambard · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, p. 303. — Déposition de Frère Isambard

5. Ibid., t. III, p. 194. — Déposition de Moreau, bourgeois de Rouen.

6. Procès, t. III, p. 53. — Déposition du docteur Delachambre.

7. Ibid., t. II, p. 6 ; t. III, p. 177. — Dépositions de Frère Isambard et de J. Lefèvre.

138 SUPPLEMEMT AU RECIT DE. KICHER

Jeanne ajant demandé à Jean Massieu qu'on lui procurât une croix, un Anglais en fait une avec deux morceaux de bois. La jeune fille la prend, la baise et la met sous ses vêtements, sur sa chair. Mais ce qu'elle voudrait, c'est la croix avec l'image de Jésus crucifié. Elle prie Frère Isambard de la Pierre d'aller chercher celle de l'église voisine. Quand il l'apporte de l'église Saint-Sauveur, la pauvre enfant la couvre de baisers et de larmes et la serre en ses bras. Avant de monter sur le bûcher, elle supplie le bon religieux de la tenir o élevée tout droit devant ellejusques au pas de la mort, afin que la croix où Dieu pendit fût, tant qu'elle respirerait, continuellement devant ses jeux ^. »

Cependant la soldatesque s'impatiente. Une demi-heure environ s'était écoulée depuis que la prédication avait pris fin -. On crie à Jean Massieu : « Hé ! prêtre, nous ferez-vous dîner ici? » Deux sergents du roi montent sur l'estrade. La Pucelle embrasse une dernière fois la croix, salue les assistants et se laisse mener devant le juge séculier ou bailli. Celui-ci, sans prononcer aucune sentence, se borne à dire : « Emmenez-la! » Puis, s'adressant au boun-eau, il ajoute : « Fais ton office^. ■»

Pendant que les Anglais et les clercs de Henri VI la conduisent au bûcher, Jeanne s'écrie de nouveau : « 0 Rouen, tu seras donc ma demeure! c'est donc ici que je mourrai *! »

Elle gravit avec Frère Ladvenu les degrés du bûcher et elle est attachée au poteau. Tandis que le bourreau serre les liens, elle invoque tout particulièrement saint Michel ^. A la vue de la foule qui remplit la place et les rues voisines, elle ne peut s'empêcher de dire :

€ Ah ! Rouen, Rouen, j'ai grand'peur que tu n'aies à souffrir de ma mort^ ! »

Une grande quantité de bois avait été entassée sur le bûcher. Les Anglais entendaient que leur ennemie fût réellement brûlée vive. Le bourreau y ayant mis le feu, Jeanne aperçut la flamme.

1. Ibid.,i. II, pp. 6, 20. — Dépositions de Fr. Isambard et de J. Massieu.

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