Expression de L'Averdy
Il n'y en a pas eu non plus dans lesquels on puisse voir une désapprobation et un blâme. Si Rome n'avait pas la preuve de la parfaite régularité du procès, elle n'avait pas non plus la preuve du contraire.
Les choses étant ainsi, que devait faire le chef de l'Eglise, sinon se taire, se réserver et attendre. Qu'il formulât, sans preuves à l'appui, un désaveu des juges de la Pucelle, il sortait de l'impartialité sereine qui est le devoir et l'honneur de la première judicature du monde. Il n'avait pas en mains les pièces authentiques de la cause, car on n'avait eu garde de les lui communiquer. 11 ne pouvait donc avoir une opinion raisonnée. De toutes façons, il devait s'en tenir à une attitude expectante.
Au reste, ce n'est pas un mot d'Eugène IV qui pouvait faire la lumière: il fallait un acte officiel conforme aux règles suivies dans l'Eglise. C'est un principe de droit public que les jugements rendus par les tribunaux établis soient réputés justes par leurs souverains respectifs, qu'il s'agisse des Etals temporels ou qu'il s'agisse de lEglise, tant que l'iniquité n'en a pas été dénoncée et que la preuve juridique n'en a pas été produite.
Or, ni en 1431, ni dans les années qui suivirent, l'iniquité du procès de Rouen ne fut signalée au pouvoir suprême ecclésiastique c'est-à-dire au Saint-Siège par une des voies canoniques d'usage, la voie d'enquête, la voie d'accusation ou la voie de dénonciation, de manière à le mettre à même de prononcer s'il y avait lieu de constituer un tinbunal de revision. La Pucelle ayant été condamnée par un procès ecclésiastique dont la régularité était mise en question, ne pouvait être réhabilitée que par un tribunal ecclésiastique supérieur. Seul, le pape avait le droit de constituer ce tribunal, de nommer les juges, de leur conférer l'autorité nécessaire pour reviser le procès incriminé, en relever les vices, en casser la sentence et réhabiliter la condamnée. Ce droit, les Pontifes régnants •n'eurent lieu de l'exercer qu'après 1450. Alors seulement on procéda aux enquêtes préliminaires utiles, celles du cardinal d'Estouteville en 1452 ; en 145"o la supplique de la mère etdesfrères de Jeanne d'Arc fit à la justice suprême du Saint-Siège un appel auquel donna satisfaction le rescrit de Calixte 111 ordonnant la revision du procès de 1431.
Ce n'était pas uniquement pour que ces formalités diverses pussent être effectuées qu'à Rome il avait fallu attendre: il l'avait fallu encore afin que se réunissent un certain nombre de conditions indispensables sans lesquelles toute tentative de revision eut été inutile. Quand bien même les temps eussent été pour la France
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et le Saint-Siège aussi calmes de 1431 à 14ii0 qu'ils furent troublés^ on demeure d'accord aujourd'hui qu'un procès de ce genre eût été impossible sans la réunion des conditions suivantes :
D'abord un laps de temps qui permit de s'assurer si les événements compris dans la mission de survie de l'envojée de Dieu devaient être pris en considération, ou sil fallait désespérer de les voir accomplis. Leur accomplissement aplanit beaucoup de difficultés; une attente vaine les eût multipliées.
L'horizon de la revision commença de s'éclaircir en 1435, — nous l'avons déjA dit — lorsque le roi de France et le duc de Bourgogne signèrent le traité d'Arras. Jeanne rentrait en scène ; elle mettait la main à son œuvre d'outre-tombe.
Elle la poursuivit avec la rentrée de Paris en l'obéissance de Charles VIL
La soumission de l'Université de Paris au roi de France, la mise en forme du procès de condamnation par Thomas de Courcelles ne purent qu'être infiniment agréables à la cour de Rome et faciliter l'entente avec Charles VII.
C'est ensuite le duc d'Orléans qui revient de sa captivité d'Angleterre, preuve nouvelle de la véridicité de Jeanne voyante et prophétesse.
C'est finalement avec la recouvrance de Rouen, de la Normandie, delà Guyenne et l'expulsion de l'Anglais, la preuve totale de sa mission divine. Plus d'obstacle qui s'opposât à la réhabilitation de la martyre. L^ Providence avait fait son œuvre; Rome n'avait plus qu'à préparer et qu'à faire la sienne. En 1433, les batailles de Formigny et de Castillon achevaient de déblayer le terrain. Trois ans plus tard, en juillet 1456, la réhabilitation de Jeanne était prononcée.
Pas n'est besoin d'insister sur l'intérêt avec lequel le Saint- Siège observait la succession de ces événements. Elle l'aidait à former son opinion ; il voyait à n'en pouvoir douter la lumière s'ajouter à la lumière et, à partir de ce moment, si aucune pièce officielle ne mentionne la probabilité d'une revision prochaine, il n'y a pas témérité à penser que le sujet a été traité plus d'une fois, dans leurs causeries diplomatiques, par les représentants accrédités de la cour romaine et de la France.
Lorsque la paix d'Arras brisa les liens qui rattachaient le puissant duc de Bourgogne, ce cousin de Charles VII, ce prince de la
LE PROCES DE REVISION. AVAi\T-l>ROPÛS 157
maison de France, à l'ennemi liéiéditaire, on dul se souvenir à Rome du mot profond de Jeanne, à savoir que ce traité mènerait les Anglais à perdre tout en France {Procès, t. 1, p. 84). Jamais iiomme d'Etat ne jugea la situation avec cette clair vojance.
A la rentrée de Paris en l'obéissance de Charles Vil, la surprise des diplomates romains ne dut pas être moins grande. Ils purent savoir que la prisonnière des Anglais en avait marqué la date : elle ne s'était pas trompée. Elle disait à ses juges que les Anglais, ce jour-là, perdraient un gage beaucoup plus précieux que celui d'Orléans : elle avait encore dit vrai. En rapprochant ces souvenirs, n'était-ce pas chose naturelle que ces Romains à l'esprit aiguisé se demandassent : est-ce que par hasard le tribunal de Rouen ne se serait point abusé ?
De cette sorte, à Rome et à Paris, à mesure que les événements se dérouleront, on aura une image de plus en plus nette de l'héroïne française, de plus en plus saisissante de son action libératrice et de sa mission de par Dieu.
Une des conséquences providentielles de la soumission de Paris à son souverain légitime fut la soumission de l'Université au prince qu'elle avait combattu et la mise en forme du procès de Rouen. Charles VII devenant dés ce moment le dispensateur des grâces et des bénéfices, les suppôts de l'Université ne l'oublièrent pas : ils devinrent les sujets aussi obéissants de l'ancien roi de Rourges qu'ils l'avaient été du roi d'outre-Manche, et ils ne négligèrent aucune occasion de le lui rappeler. Au surplus, les recteurs, dignitaires et protecteurs de l'Arma îualer ne se méprirent pas sur les sacrifices — peu coûteux d'ailleurs — qu'imposait le changement de régime politique : s'ils ne brûlèrent pas ce qu'ils avaient adoré, ils prirent soin de ne pas soulever les voiles d'un passé irritant et ils renoncèrent à en faire l'apologie.
Charles VII et ses conseillex's intervinrent-ils afin qu'on mît on forme le procès de la Pucelle ? Ce n'est pas chose avérée, mais ce n'est pas chose invraisemblable. Tant que l'évêque de Reauvais et l'Université se sentirent couverts par la protection du roi d'Angleterre, ils ne songèrent guère à cette précaution. Ils y songèrent ou on leur en suggéra la pensée lorsque le roi de France eût fait son entrée solennelle dans sa bonne ville de Paris.
Entre 1437 et 1440, « longtemps après le drame du Vieux-Marché », deux des nolaires-grefiiers, Taquel et Manchon, déposèrent que Thomas de Courcelles eut mission de revoir les pièces de la procédure, de traduire en latin le français des interrogatoires et
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de rédiger le récit en forme de lettres patentes. Le procès de Rouen mis ainsi en latin et en forme, il en fut délivré cinq expéditions authentiques, dont une à l'Inquisiteur {Procès, t. III, p. 135). Deux des quatre autres furent destinées à l'évêque de Beauvais et au roi d'Angleterre. .Martial d'Auvergne parle d'un exemplaire qui fut envoyé à Home peu avant la revision. Mais ne le fut-il pas auparavant ? En tout cas. soit expéditions authentiques, soit copies relevées sur une d'elles \ il y a lieu de penser que le roi de France et le Saint-Siège furent en possession de ce document et qu'on put, à Rome et à Paris, étudier à fond la mission totale de l'Envoyée de Dieu, en suivre et en constater l'accomplissement.
Pour cela, ce qu'il fallait faire, c'était encore attendre. Pas de revision possible tant que les Anglais resteraient maîtres de la Normandie et de sa capitale. Les premiers témoins à entendre par les juges d'un procès de revision étaient les assesseurs et officiers du tribunal de 1431. Or, presque tous habitaient Rouen et là Normandie. Est-ce que le gouvernement anglais leur eût permis d'aller déposer contre lui, dans un procès mettant en cause la loyauté de sa conduite? A ceux qui en auraient eu la velléité il n'eût pas manqué de rappeler, selon son habitude, que la Seine n'était pas loin.
Quand donc la Normandie sera-t-elle rendue à son légitime souverain? C'est le secret de Dieu. Mais si Jeanne a dit vrai, son roi sera plein de vie lorsque cet événement se produira. On peut donc espérer. Rome sait mettre en pratique l'art profond de patienter. Tandis qu'elle patiente, une des prédictions les moins vraisemblables de la Voyante s'accomplit. En 1440, le duc d'Orléans, prisonnier des Anglais, revient de sa captivité. Enfin dix ans plus tard, Rouen assiégé se x'end au roi de France. Et la confiance aux dernières prophéties de l'Envoyée de Dieu devient si forte chez Charles VII qu'il n'en attend pas la réalisation : il l'escompte et il prépare ouvertement la justification de la jeune fille qui lui rend son royaume. Lui qui tergiverse toujours et ne se décide jamais, emble revêtir une nature nouvelle. Il donne l'ordre à son féal
1. Maître Guillaume Bouille, doyen de Noyon, à l'occasion derenquèle dont Charles Vil le chargea lit, d'après Richer — il le dira plus bas — exécuter plusieurs copies des actes du procès qui furent envoyées à divers personnages.
LE PnOCES DE REVISION. — AVANT-PROPOS loi)
conseiller, messire Guillaume Bouille, d'ouvrir la première des enquêtes qui aboutiront au procès de revision.
Rome partage-t-elle la confiance de Charles Vil? Peut-être, probablement même, pensons-nous. Mais sa ligne de conduite ne sera pas changée pour cela. 11 lui faut la pleine lumière. On dirait que le dernier coup de tonnerre éclate à Castillon, et que l'Angleterre mène le deuil de son vaillant homme de guerre, le vieux Talbot. Alors, par exemple, tous les nuages sont dissipés, toutes les hésitations cessent, Jeanne est vraiment apparue dans la beauté de sa mission et la splendeur de son héroïsme. Le Pontife régnant sait ce qu'il doit faire; lui ou son successeur le feront. Encore trois ans et la suppliciée de Rouen, réhabilitée, entrera dans la gloire.
Nous pouvons ne pas pousser plus loin notre enquête, nous savons ce que nous voulions savoir. Il n'a pas dépendu de Charles VII et des papes régnants d'amoindrir sensiblement l'intervalle qui s'est écoulé entre la condamnation de la Pucelle et la revision de son procès : les événements ont été plus forts que les meilleures volontés. Il n"a pas fallu moins de vingt ans pour que le terrain de la réhabilitation fût aplani et débarrassé des obstacles majeurs qui paraissaient la rendre impossible.
Ces obstacles étaient, d'un côté, les mensonges lancés au lendemain du drame de Rouen par le gouvernement anglais et l'Université de Paris pour induire en erreur le Saint-Siège ; c'était, d'un autre côté, le silence inquiétant gardé sur l'iniquité du procès de Jeanne par les hauts personnages de la cour de France, princes, ministres, évêques, et le défaut de toute protestation la dénonçant au Saint-Siège.
Privé des renseignements nécessaires sur ce point, comme sur la partie non accomplie de la mission de la Pucelle, ce qui était aussi le cas de Charles VII, le Saint-Siège fut forcé d'attendre que la suite des faits lui apprit si Jeanne devait être assimilée aux aventurières suspectes, ou si Ion devait reconnaître en elle une àme prédestinée de façon insigne et l'Envoyée de Dieu.
Les années marchèrent et les vaticinations de la martyre sacconiplirent au temps voulu.
En 1450-53, ni le roi Charles VII, ni les chefs de l'Eglise ne purent disconvenir que, vivante ou morte, Jeanne avait tenu toutes ses promesses; l'Anglais était « mis hors de toute France », Charles VII, plein de vie, était rentré en possession des provinces de son royaume; la mission totale de l'Envoyée de Dieu, sa mission de survie et sa mission de vie, ne laissaient rien à désirer. Dès
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ce moment, on pouvait sans crainte, à Paris et à Rome, préparer l'œuvre de la revision. Et l'on ne voit pas que les historiens, ayant à se prononcer sur cette question, puissent faire autre chose que féliciter le Saint-Siège de n'être pas sorti de la réserve que les circonstances lui avaient commandée et, avant de prendre une résolution décisive, d'avoir su attendre'.
L'éditeur : Ph.-H. Dunaxu.
1. Sur quelques points de vue de ce sujot auxquels, pour cause de brièveté, nous n'avons pu nous arrêter, on pourra consulter notre Etude cfllique, Jeanne d'Arc el l'Ef/lise, en particulier le chapitre xii.
TREVISION DU PROCÈS DE [1431 ET RÉHABILITATION DE JEANNE D'ARCj
[CONSIUKUATIOISS PuiaiMINAIHES |
[Enquête ordonnée par Charles VII en 1450]
Les affaires du Roy Charles VII venues au comble de la prospérité que la Pucelle avait prédit en esprit de prophétie, et les Anglois entièrement chassez de la Normandie et de la Guyenne, et le duc de Bourgogne rangé à son debvoir, la France jouissant d'une profonde paix, cela estoit cause que chacun déploroit le désastre de cette fille, et que ceux-là mesmes qui survivoient et avoient assisté à son procez, cognu les nuUitez d'iceluy, tant en fait qu'en droit, et la mauvaise foy et passion de l'évesque de Beauvais et de ses partisans, concevoient une horreur contre eux pour l'avoir fait mourir si cruellement et ignominieusement. De sorte que toute la France et principalement la ville de Rouen, où cette sanglante tragédie avoit esté exéquutée, retentissoit des clameurs du peuple. Considéré mesme que cet évesque, son promoteur et tous les autres qui s'étoient passionnez pour faire mourir cette innocente vierge, avoient misérablement fini leurs jours. Pour ces causes, le Roy fut conseillé de faire revoir ce prétendu procez, et l'an 1449, estant à Rouen, fil expédier des lettres patentes qu'il adressa à maître Guillaume Bouille aux fins de faire perquisition des nullitez dudit procez et de tous les actes et pièces concernant iceluy, etc., desquelles lettres ensuit la teneur ^
i. Edmond Richer a tiré co texte du mandement de Charles Vif, de l'original déposé au Trésor des chartes. Il est regrettable qu'il n'y ait pas joint les dépositions recueillies par Guillaume, Bouille. Peut-
162 K. UICIIEU. — LA PUCELLE D OUr-KANS
« Charles, par la grâce de Dieu, Roy de France, à nostre amé et féal inaistre Guillaume Bouille, docteur en théologie, salut et dileclion. Gomme ja pièça Jeanne la Pucelle eust esté prinse et appréhendée par nos anciens ennemis et adversaires les Anglois. et amenée en cette ville de Rouen: contre laquelle ils eussent fait faire certain tel quel procez par certaines personnes à ce commises et députées de par eux. En faisant lequel procez ils eussent et ayent fait et commis plusieurs fautes et abuz, et tellement que moiennant iceluy procez et la grand'haine que nos dits ennemis avoient contre elle, ils la firent iniquement et contre raison très cruellement ' mettre à mort. Et pour ce que nous voulons sçavoir la vérité dudit procez et la manière comme y a esté procédé, vous mandons et commandons, et expressément enjoingnons que vous vous enquérez et informez bien et diligemment de et sur ce qui dit est. Et l'information par vous sur ce faite apportez ou envoyez stablement close et scellée, par devers
ùtre ne l'a-t-il pas lait, pour ne paraître pas se servir do pièces non acceptées par les juges de la revision et non insérées au procès, comme le furent les infoi mations recueillies à Rouen en 1452. On trouvera ces dépositions des témoins do 1450, au commencement du tome II de Jules Quicherat.
Au xvni" siècle il existait deux mamuscrits de ces dépositions : ils sont égarés aujourd'hui. On conserve à la bibliothèque de l'Arsenal une copie tronquée et fautive de l'un d'eux. L'Averdy a pu cependant donner l'enquête tout entière dans sa notice sur les deux procès, [Extrait des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, t. III, p. 492]. Il s'est servi du manuscrit dit de Soubise dans lequel les dépositions remplissent vingt feuillets.
Dans le manuscrit de l'Arsenal, l'information de 1450 est précédée de cet avertissement :
«Icy ensuivent les noms, surnommez et disposition de tesmoins par moy, Guillaume Bouille, docteur en théologie, en vertu et vigueur de commission que le roy de France m'a donnée sur cette alïaire, l'an et le jour datiez cy devant, de ceux qui furent jurez et examinez à ce procez, et invité discrète et notable personne Du Soucy, prêtre sacré en cour de Rome, et notaire juré en la cour de Msr l'Archevêque de Rouen, sur aucuns articles déclarez en la commission, du procez de Jeanne la ■Pucelle, qui depuis naguôres a esté brûlée en la cité de Rouan, lorsqu'elle estoit détenue par les Anglois.» (J. Quicherat, Procès, t. V, p. 4111-423.)
1. On lit traie Ireusement au lieu de 1res cruellement, ei plus bas semblablement au lieu de stablement, dans le manuscrit de l'Université do Bologne signalé par l'abbé de Villerabel.
PROCES DE REVISION ET UEIIAlilLI l'A ÏION 163
nous et les gens de noire Grant (lonseil : et avec ce tous ceux, que vous sçaurez qui auront aucunes escritures, pièces ou autres choses touchant ladite matière, contraignez-les pai" toutes voies deuës et que verrez estre à faire, à les vous bailler pour les Nous apporter ou envoler, pour pourvoir sur ce que nous ven-ons ainsi estre à faire et qu'il appartiendia par raison. De ce faire vous donnons pouvoir, commission et mandement spécial par ces présentes. Mandons et commandons à tous nos justiciers, officiers et subjects que à vous et à vos commis et députez en ce faisant obéissent et entendent diligemment
« Donné à Rouen, le quinziesme jour de febvrier, l'an de grâce mil quatre cent quarante-neuf^ et de notre règne le vingt-huictiesme. »
Et au-dessous est escrit :
Par le Roy et à la relation des gens de sou Grand Conseil, Signé Daniel, avec paraphe et scellé de cire jaune sur simple queue. Et sur ledit sceau couvert de parchemin est escrit :
« Mandatum Régis ad Guillelmum Bouille, Decanum Noviomensem super informatione facienda de processu alias facto contra Johannam dictam La Pucelle. »
En vertu de ces lettres, maistre Guillaume Bouille- ayant eu plusieurs advis et cognoissance de tous les actes du procez