‹ La premiére histoire en date de Jeanne d'ArcChapitre 85 sur 104 · DE L'HISTOIRE D EDMOND RIGHER · texte numérisé non relu

DE L'HISTOIRE D EDMOND RIGHER

Préambule de sa Dissertation sur les révélations et la mission de la Pucelle^.

(Tom.j I, p. 170. Manuscrit, r« 89-0^.)

« Puisque toul le motif de ceux qui l'ont condamnée ne provient dailleurs que des révélations qu'elle disoit avoir du ciel pour le salut et repos de la France, auparavant que d'examiner son procez qui est la plus belle pièce de cette histoire, nous ferons un traité dogmatique de sa mission suivant les règles de théologie et de droit canon, lesquelles plusieurs doctes prélats, théologiens et jurisconsultes qui ont vescu en ce siecle-là ont rédigez par escript pour servir de griefs et contredits à la revision du procez : et traiterons le tout par ordre et méthode très facile, ce que n'ont pas fait les autheurs susdits à cause de la rudesse et façon grossière descrire de leur temps.

Pour donc faire jour à une aussi difficile controverse que celle de la discrétion des bons ou malins esprits et révélations que plusieurs disent avoir, encore que depuis l'establissement de la religion chrestienne les prophéties ayant esté moins fréquentes comme n'estans pas tant nécessaires au salut et conduite des hommes, Jésus-Christ ayant laissé à l'Eglise son espouse le Saint-

1. Ce préaiuhulo étant assez long et un peu diffus, au lieu de le donner tout entier au commencement de la Dissertation p. 170, t. I, il nous a paru préterahle d'en dégager seulement la pensée maîtresse et d'en renvoyer le complet développement à la lin des Appendices du t. II. C'est également pour ne pas laisser le lecteur sous une impression plutôt défavorable, que tout à la fin nous avons laissé de côté le dernier paragraphe d'une vingtaine de lignes, hors d œuvre sans intérêt soit logique, soit littéraire.

48G SUPPLÉMENT AU LIVRE PREMIER DE LIIISIUIRE d'ë. RICHER

Esprit cl le canon des saintes Escrilures pour règle et direction infaillible; si est-ce toutes fois quand il plaist à Dieu, il dispense et départ des privilèges à qui bon lui semble, et envoyé extraordinairement aucunes personnes faibles de nature, mais puissantes et relevées en grâces, pour opérer des merveilles aux jeux du monde et confondre les puissances de la ten-e.

Et tout ainsi que jadis en l'ancien Testament, il éleva Moyse, Debora qui était une femme, David petit berger, Judith, Eslher et plusieurs autres pour délivrer son peuple de lopprobre et tyrannie des ennemis ; au cas pareil, en la loy évangélique, il fit choix de ses apostres et disciples qui avoient tous une mission immédiate, particulièrement fondée en l'Escriture. Et depuis que l'Evangile a esté suffisamment publié, Dieu n'a pas laissé aucune fois d'envoyer extraordinairement grand nombi-e de saints que lEglise révère et honore comme organes du Saint-Esprit, qui ont opéré plusieurs miracles, ainsi que nous apprenons de leurs vies, légendes et escrits des Anciens. Et d'autant que la mission de telles personnes n'est pas exprimée en l'Escriture, et conséquemment ne doibt ni peut estre tenue par i*ègle de foy catholique pour indubitable ou nécessaire au salut comme celle de Moyse, des Apostres et prophètes, et semblablement ne peut estre cognue a priori, c'est-àdire par l'évidence et notoriété des quatre causes, sçavoir : si la chose est véritable, ce que c'est, ses qualités, pour quelle fin ; car tout cela sont questions de fait, cognues à Dieu seul et aux personnes auxquelles il lui plaist de communiquer et révéler particulièrement ses seci-ets : donc, il reste d'examiner a posteriori telles missions extraordinaii'es, c'est-à-dire par les effets, circonstances et déporlement de la vie, mœurs et actions des personnes qui publient estre envoyées de Dieu sans moyen (intermédiaire), sousmettant le tout au jugement de l'Eglise.

Et en premier lieu faut bien considérer leurs personnes, qui est le subject et le vase fragile auquel Dieu a déposé ses grâces : comment elles vivent et se comportent, et quelle fin elles se proposent; joint que la fin est la règle et modèle de toutes les actions humaines : de plus, si tout ce qu'elles disent et font ne déroge en rien aux vertus théologales, foy, espérance, charité, et saintes traditions de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, en laquelle partons les siècles passez s'est toujours trouvé grand nombre de personnes nanties de l'esprit de prophétie : argument certain qu'elle est la vraye Eglise de Dieu. Et sur tous ces moyens est fondée la question de droit dont Nostre Seigneur a constitué son Eglise juge, pour arbitrer et ordonner s'il est loisible d'agir et pro-

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