‹ La premiére histoire en date de Jeanne d'ArcChapitre 87 sur 104 · SUPPLEMENT AU LIVRE PREMIER DE L HISTOIUE D E. RICHER · texte numérisé non relu

SUPPLEMENT AU LIVRE PREMIER DE L HISTOIUE D E. RICHER

Donc, quand ces bons et salutaires fruits se trouvent en personnes catholiques, douées de toutes les parties et qualilez susdites, qui vivent non seulement sans reproche, mais avec louange et admiration de tous; et que gens bien timbrez, catholiques non par trop crédules ni prévenus de faveur, haine ou de quelque autre interest particulier, en rendent bon et fidèle témoignage, ne vaut-il pas mieux y adjouster foj et les croire sérieusement et charitablement, que par un esprit opiniastre, aheurté, destitué de tout sentiment de religion et piété, en juger témérairement et malignement ? VA bien que les esprits malins qui se transforment souvent en anges de lumière, contrefassent des singeries de piété et d'actions vertueuses, ils se font bientost cognoistre, meslans toujours le mal parmy le bien et le vice parmy quelque étincelle d'une maligne et esblouissante lumière de dévotion, pour tromper et décevoir le monde, ne pouvant persévérer ou bien demeurer constans au chemin de la vertu, car autrement ils destruiroient leur l'oyaume et mystère d'iniquité.

L'Escriture nous apprend que lantechrist doibt en son temps contrefaire plusieurs miracles lesquels pourront mesme donner de très grandes impressions aux âmes des esleus ; toutes fois il se fera assez tost recognoistre par ses mômeries et par le but qu'il se proposera, voulant ségaler, voire eslever au-dessus de Dieu pour se faire adorer et distraire les enfans de Dieu de la vraie religion, culte et adoration deue seulement au créateur et rédempteur du monde. Qui est pareillement le dessein de tous les esprits malins, sorciers et magiciens, qui ne se peuvent longtemps celer.

Mais passant de la thèse à l'hypothèse, du général au particulier, si la Pucelle a eu révélations et si c'est saint Michel, saint Gabriel, saintes Catherine et Marguerite qui lui ont donné conseil, tout cela est une question de fait incognu aux hommes, et cognu de Dieu seul et de cette fille à laquelle il a plu à Dieu de se manifester. Quant à la question de droit, il est loisible d'agir et procéder de cette façon : elle doibt estre diligemment et sérieusement examinée par toutes les circonstances de la personne qui asseure avoir telles révélations.

En premier lieu, c'est une fille vierge, âgée de treize ans »

[Voir la suite, tome 1, p. 172, La piété de Jeanne d'Arc jeune fille et ses révélations.)

Fin des Appendices et Eclaircissements.

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