‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 105 sur 135 · I.'.MîANDON' DE LA MELGIQUK · texte numérisé non relu

I.'.MîANDON' DE LA MELGIQUK

s'il (Ml avait t>ii vcMilaldciiuMii la volniilô, (1(^ iii;irchov sur Gaïul? Il iiigiiorail pas, |)uis(iiril lo dit liiinii'iiie, qu'il avait toujours, sur Ypros (>( I)unker(|ue, nue ligne de retraite éventuelle assurée; en écrivant au ministre que celui-ci devait sentir lui-même « les inconvénients d'un tel mouvement », il faisait allusionà des difficultés imaginaires.

Sans doute, on apercevait maintenant les nombreuses difficultés pratiques de ce plan défectueux qui avait amené les troupes de A'^alenciennes à Lille et Comines pour attaquer Courtrai, quand Mons et Tournai étaient encore aux mains de l'ennemi ; sans doute le maréchal se heurtait aujourd'hui à des obstacles qu'il avait lui-même accumulés sous ses pas. Cependant on ])eut penser ([u"en dépit de co plan boiteux, un homme de parti, audacieux, énergique, eût agi autrement, qu'un général intelligent eût pu remédier, par une exécution magistrale, aux défauts originels de l'entreprise. Mais malheureusement Luckner n'avait plus d'audace, et il n'avait jamais eu qu'une intelligence médiocre, adaptée surtout aux horizons les })lus bornés de la guerre bien plutôt qu'aux conceptions, élevées de la stratégie ; il devait être là, forcément, inférieur à sa tâche. Comment, dans ces conditions, dans ces circonstances, n'eût-il pas songé à un moyen facile sinon glorieux de se tirer de l'impasse dans hupielle il s'était jeté? Comment n'eût-il pas pensé à la retraite? — Il y avait songé, comme on l'a vu, avant d'entamer ses opérajions. — Comment n'eût-il pas persiste'' dans sa manière d'envisager les choses, aujourd'hui que son éphémère succès de Courtrai avait empiré sa situation plus (pi'elle n(' l 'avait améliorée?

Pendant que Luckner, (oujours hésitant, toujours irrc'solu, ne savait pi'<'ndi'c de parti ni d'un côté, ni

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(lo Taiitro, tandis qu'il sollicitait cIlkiik» jour du roi, (lu luiiiistrc, du Conseil des instructions ({u'on no cessait de lui donner, mais (ju'il ne trouvait jamais assez positives ', tandis (|u'il assombrissait à plaisir la situation pour obtenir l'ordre de retraite qui denieurail le point rixe, rol)sessionde sa pensée, nos troupes avaient livré adroite et à gauche, notamment à Haarlebecke, près Courtrai'', les petits enp^ag-ements dont nous avons parlé et dans lesquels elles avaient eu presque constamment l'avantage.

Toutefois, les tentatives citées plus haut, les petites opérations offensives dirigées contre Courtrai par un ennemi qui reprenait du courage au fur et à mesure qu'il nous voyait devenir moins entreprenants, avaient accru subitement les alarmes <lu maréchal au point de lui faire croire perdue une situation qui demeurait encore intacte. Et, à cet égard, il en arriva à se démunir de la prudence dont il usait dans sa correspondance avec le ministre. Voyant à Courtrai un danger imminent, imaginaire, désespérant d'obtenir de Paris l'ordre de retraite qu'il eût tant tenu à se faire donner, il j)rit sur lui d'agir sous sa responsabilité, chose qu'on ne lui avait pas vu faire encore.

Dans la nuit même du 'J8 au 29 juin et exactement le 20, à une heni-e et demie du matin, Luckner avait ("crit au ministre une longue dépêche-', perfide en ce sens ([u'elle essayait de déplacer les responsabilités et avait la })i'(''tention d'établir (pie le gouvernement avait laissé le chef do l'arnK'e du Nord sans ordres quand le ministre lui avait envoyé les seuls qu'il jiùt lui adresser. Il laissait percer encore, dans cette lettre, une sourde

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