DUMOURIEZ
Ainsi Dnmouriez j)renait sur lui non pas seulement de n'exécuter point les ordres de Luckner, mais d'en donner d'autres en contradiction avec les premiers, il signait : Dumouriez, lieutenant général commandant l'armée du Nord ; il faisait, en somme, preuve d'une initiative qu'on pourrait louer sans restriction, si l'on ne la savait dictée en partie par des raisons de convenances personnelles. Et encore, ne serait-il j)as bien injuste de blâmer Dumouriez d'avoir profité de circonstances qu'il n'avait pas fait naître pour la seule raison qu'elles s'accordaient avec ses désirs? Cependant, si les événements lui donnaient le droit de prendre les décisions importantes (jnil venait d'airéter, aucune considth'ation ne rantorisait a ne point l'endre
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compte (le ces nuvsiHes a îscs thcrs (iiicets. 11 le savait, et pour rien au iimnde il ne se iïil sonstcait à celte ohliyation. D'autre i>art, ne se soumettant [Kjintà une partie des oivjres de Luckner, il était hien aise de [)r(>uver qu'il n'avait aucune mauvaise volonté préconçue à cet égard, et rpi'il était heureux de remplir scrupuleusement la seconde des injonctions du maréchal : « Si, pendant yotvo connuandenient intérimaire, il survenait (|nel(pie événement important, vous en référeriez au général Lafayette, et vous demanderiez ses ordres. » D'ailleurs, il était homme à prendre ses précautions de façon que cette subordination correcte, loin d'entraver ses projets, servit au contraire à letir confirmation et à l'indépendance de leur développement.
Quoi qu'il en soit, ce fut avec l'apparence d'une extrême soumission que, le 1S juillet, il écrivit à Lafavette la lettre suivante :
« Valenciennes, ]o 18 juillet, à 6 iieiircs du malin, l'an IV" de laliberlc.
« Monsieur,
< Vous jugerez par la correspondance de M. Ao La Notie et par les pièces que je vous envoie ' (piil est impossible que M. de La Noue quitte Maubeuge i)0ur me relever, et que, même s'il exécutait cet ordre [qu'il était très naturel que vous donnassiez, ignorant les circonstances où nous nous trouvons] , je ne pourrais partir le 20, parce que ma division est la princi})ale force
I. Celait la letli-e à laquelle nous avons fait allusion iiliis haut et dans laquelle La Noiie avisait Duinouriez de la prise de Bavay. Anliives historiqucï de la «lueire. Armée du Centre et du Khin. Porleleuille I, La Noiie a buniouriez. IS juillet i''J~.
du caiiip <le Maulde qui })eut seule nous sauver. J'engagerai donc M. de La Xoiie, s'il arrive, à aller rejoindre son camp à Manheuge et je resterai ici, tant que la nécessité sera absolue, avec ma division, .l'en rends compte au Roi, à l'Assemblée nationale et à M. le maréchal de Luckner. Bien loin de diminuer le petit corps d'armée qui doit tléfcndre ce jia vs-ci, je ])rends le parti de réunir iirès de Valenciennes, soit à Maiddo, soit ailleurs, suivant les mouvements de rennemi, toutes les forces que je i)eux tirer des garnisons, auxquelles je joindrai ce (pu m'arrivera de Paris, si l'Assemblée nationale, daiirès la grandeur du danger, juge devoir envoyer un renfort aussi promptement que cela me parait nécessaire. Si M. Arthur Ddlon arrive, je me mettrai sous ses onh-es. mais je ne quitterai le département du Nord (jue lorsque je pourrai le faire sans danger pour la patrie. Pensez, Monsieur, que si j'emmenais les 6 bataillons et les 5 escadrons avec lesquels je devais partir, je laisserais au lieutenant général commandant le département du Nord, pour toute ressource, 5 bataillons au camp de Maulde, 9 sous Valenciennes, faisant en tout 7.000 hommes d'infanterie, et pour toute cavalerie 2 escadrons du 6'" régiment de dragons, faisant à peu près30Uhouuues, à opi)Osei'aux 25 ou 30.000 hommes qui sont en pleine marche sur nos places dégarnies de toutes subsistances et do munitions de guerre ^ Par le rassemblement que je vais faire près de Valenciennes,il 3- aura un petit corps d'ai-mée de 24 balail Ions et 16 escadrons formant un camp de 14 k 15.000 hommes i)Our couvrir les places et arrêter les
L Cille jipiin'ciiilioii iHail (•non(''e. Ktleclivcnieiil, dans le conseil dp L'uern' iPiiii h Valenciennes le 'JK juillel sons l;i pn-sidence du p-néiiU l)illon, conseil donl il sera |)arlé plus loin, il fui leconiiii ipie la silnation i-lail ;iii contiMire bonne, sous les deux rapiiorls que si^Miale Doin.uinez cuuinic laosuiil à désirer.