‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 129 sur 135 · I.A PRISE DR HAVAV .VU · texte numérisé non relu

I.A PRISE DR HAVAV .VU

(le l'ordre qu'il avait reçu de Dumouricz, relativement à l'envoi à Valenciennes et à Maulde des diff(''rents bataillons dont nous avons donné plus haut la liste. De Carie expliquait (ju'il avait été étonné de recevoir des ordres d'une autre autorité que Lafa^^ette, mais que, vu l'uro^ence et le danger de la situation telle que l'avait dépeinte Dumouriez, il n'avait pas hésité il déférer à sa réquisition. De Carie, très subordonné, ne sachant plus quel était son véritable chef, exposait l'abandon oii il se trouvait à l'heure présente à Dunkerque et réclamait des renforts. Il disait encore que, si le roi avait apporté des changements dans le personnel du haut commandement de l'armée du Nord — chose qu'il soupçonnait d'après la lettre de Dumouriez, — on voulût bien les lui signaler, car il était indispensable qu'il les connût. Enfin, il terminait en assurant Lafayette qu'il aimait néanmoins à se persuader qu'il était toujours sous ses ordres et que « ceseroit avec bien de la douleur qu'il aj.prendroit le contraire ^ »

Cette dernière phrase produisit sur Luckncr et davantage sur Lafayette une impression assez vive de dépit. Qu'avait pu dire Dumouriez à de Carie, sur quel ton l'avait-il pris avec lui pour que le gouverneur de Dunkerque en arrivât à supposer que Lafayette ne commandait plus l'armée du Nord? Et, si Dumouriez avait écrit en de tels termes au général de Carie, il avait dû agir de même en s'adressant à Labourdonnaye, à Marassé, à La Noiie, tous gens auxquels il avait probablement demandé des renforts ! l'abus de pouvoir était évident, la désobéissance se compliquait d'une usurpation d'autorité et sans doute de plus encore !

Luckner, talonné peut-être par Lafayette et d'une

I. Archives hisloriqin's de la Guerre. Armée du Nord, juillet 1792. De Carie à Lafayette, 2U juillet.

façon certaine par Berthier, écrivit au ministre de la Guerre pour lui signaler la conduite de Duniouriez, pour s'en plaindre amèreinent et demander ([u'on le mit en demeure de conduire à Metz la 2'" division.

Lajard ne pouvait manquer d'être très endjarrassé. Au 22 juillet 1792, il était seulement ministre par intérim, et si peu, même avec cette restriction, qu'en réalité il ne l'était plus du tout. Il n'avait jamais tranché du maître, alors que son autorité demeurait entière ; comment eût-il fait acte d'énergie aujourd'hui qu'il ne détenait plus qu'une ombre de pouvoir? Il n'était pas homme à se fourvoyer entre l'enclume et le marteau ; or il avait le pressentiment qu'à se ranger avec Luckner et Lafayette contre Dumouriez il courait plus deris(iues qu'à soutenir Dumouriez contre Lafayette. D'ailleurs, l'Assemblée était saisie du litige, et l'on ignorait à qui elle donnerait raison : Lajard ne se souciait pas de trancher la question avant elle. 11 écrivit donc à Luckner une lettre ambiguë qui n'accordait point satisfaction au maréchal, mais qui, cependant, ne lui donnait pas tort non plus : « Je ne puis, Monsieur le maréchal, disait Lajard, vous donner des nouvelles officielles et positives de la 2" division que vous avez laissée à Valenciennes. M. Dumouriez a rendu à l'Assemblée nationale des comptes fort détaillés qui ne me sont pas encore revenus^...

« Sa Majesté a trop de confiance aux opérations que vous avez réglées pour partager les inquiétudes de M. Dumouriez ; elle ne veut rien changer aux ordres ([ue vous avez donnés et ne pense pas que personne puisse les enfreindre. Si, contre son attente, cela arrivoit. Elle compte sur votre ferme te pour maintenir et faire exécuter vos ordres. » Ce (jui »''quiva-

1. On a vil, |iar le billet du minislre de In Jii'iticc. on dalc du |!) juillet, ijue celle asseiliuii est eiionée.

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