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I.A l'HISK DE lîAVAY

lail à (lire : l'aites obéir M. Duniouricz, si cela est en votre jiouvoir : nous croyons que cela n'est pas au nôtre. Lajanl continuait sa Ictire en annonçant à Luckner (juil venait de recevoir « indirectement » des nouvelles du Nord, que M. Arthur Dillon était arrivé à Mauheng-e. ■< oii il resteroit », que M. de La Noiie u passoit ;i \'alenciennes » et M. Alexandre Lameth « à Maulde ». Puis, revenant à Dumouriez, le ministre terminait par cette phrase assez piteuse : (( J'attends des nouvelles plus exactes... sur le parti qu'aura pris M. Dumouriez, auquel je n'écris pas, afin de ne rien altérer aux ordres que vous lui avez donnés ^ »

Il est difficile de dire que Lajard montra, dans cette cÙTonstance, l'énergie dont il eût fallu faire preuve, mais ce qu'on peut affirmer, c'est qu'il était sans doute l'homme de France le plus inexactement renseigné sur la situation des armées et spécialement sur les emplacements occupés par nos généraux. A l'heure oii il annonçait au maréchal Luckner que « M. Arthur Dillon resteroit à Maubeuge et que M. de La Noue iroit à Valenciennes », La Noiie était plus que jamais à Maubeuge et Dillon, arrivé la veille à Valenciennes, s'était abouché depuis vingtquatre heures avec Dumouriez, faisant cause commune avec lui pour le maintenir à l'armée du Nord.

Arthur Dillon, le frère aine du malheureux Théobald assassiné h Lille lors de la déroute de Baisieux, était maréchal de camp depuis plusieurs années au moment où avait éclaté la Révolution, et était devenu lieutenant général grâce surtout aux nombreuses vacances produites par l'émigration. Très attaché à la reine Marie-Antoinette et par lii même au parti de la cour, c'était un homme de beaucoup de cœur, d'une grande

I. Archives historiques de la Guerre. Année du Nord, juillet I7!)'2. Cahier de Correspondance du Ministre. I-ajard à Luckner, "20 juillet.

honnêteté', mais d'une rapacité médiocre-, qu'une nature ardente comme Dumouriez devait dès le premier jour séduire et dominer. Dillon n'avait pas causé une heure avec le commandant de la 2'" division qu'il abondait dans sou sens sur toutes les questions pendantes. Dès le premier entretien, Dumouriez, intelHgent, adroit, brillant causeur, extrêmement insinuant et pénétrant, avait complètement séduit son nouveau chef et lui avait démontré (|uc ce serait folie de dégarnir d'un seul bataillon le département du Nord. 11 lui peignit en termes très vifs l'incorrection du mouvement en tiroir ordonné par les doux généraux en chef le long de la frontière, lui tit toucher du doigt les dangers qui résultaient pour les armées de cette extraordinaire marclie de flanc, lui montra les Autrichiens maîtres d'Orchies et de liavay, c'est-ii-dire ayant déjà un pied sur le territoire français et devant chercher certainement à y poser le deuxième. Il hii dit qu'en ce qui le concernait, lui Dumouriez, il était prêt à partir pour Metz avec sa 2" division et h se conformer aux instructions du maréchal Luckner; mais les événements survenus depuis le 12 juillet n'avaient-ils pas rendu ces instructions caduques? Telle était la question à résoudre, celle dont la solution s'imposait à l'initiative de Dillon, celle qui engageait dune façon étroite, d'une façon redoutable sa responsabilité devant l'Assemblée, devant le pays tout entier. Cétait à lui, Diilon, de décider si Dumouriez devait partir, de déterminer si les circonstances étaient telles qu'elles permissent d'éluder les prescriptions d'un maréchal de France, qu'elles exigeassent Icui' modification.

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t. .^fémoires(\c Diiniomiiv..

'J. ChiKiiK'l, Valmy, i). 4 , p. 250 el siiiv. : CniistilliT ;iiissi la Ih-feime nniio-

de dans te yord en 1 ,92. par Foucail el Fiiiol. I.

LA PRliSE DE I!A^'AY 325

Evidemment, à la guerre les ordres ne valent qu'autant que la situation qui les a motivés ne s'est pas luodifîre. Si l'on admet que dans la môme journée, dans la même heure, l'aide do camp d'un général en chef, qui apporte un ordre ferme ii un conunandant d'unité quel qu'il soit, peut, sous sa responsabilité, modifier cet ordre pour peu qu'il trouve changée la situation qui la fait donner', à plus forte raison un lieutenant général commandant une aile isolée, un corps entièrement distinct de l'armée principale, séparé du généralissime par plusieurs journées de march", était-il autorisé à modifier des instructions données huit jours auparavant, dans une situation extrêmement différente de celle qui existait aujourd'hui.

Tous ces raisonnements firent impression sur Dillon, notamment le fantôme de la resi)onsal)ilité devant l'Assemblée, (pii commençait ;i prendre de plus en plus corps, jusqu'à ce qu'il devint le tyran sanguinaire qu'il fut sous la Convention et la Terreur. 11 fut convenu que, pour amoindrir, pour diluer cette responsal)iHté, on la répartirait sur un })lus grand nombre <le têtes, et Dillon convoqua pour le 23, à Valenciennes, un conseil de guerre qui, sous le prétexte d'examiner la situation générale, devait trancher la question principale de l'exécution ou l'inexécution de l'ordre de Luckner. Cette résolution prise, le jour même le

I. Celle queslion a toujours élé une «les plus délicates qui puissent se présenler à l'esprit d'un officier d'état-iuajor. Un aide de camp, quel quil siiil, portant un ordre à une autorité quelconque et trouvant la situation qui H motivé l'ordre absolument clianf,'ée, doit-il transmettre cet ordre avec Sun caractère impératif, c'esl-a-dire tel qu'il la reçu; doit-il le transmettre tel qu'il l'a reçu en faisant remarquer que la situation lui parait n'être plus la même; doit-il le modilier de sa propre autorité; doit-il enfin ne rien Iransmellre du tout, et laisser au chef direclement et immédiatement intéressé le soin de prendre les mesures qu'exige la situation nouvelle'? Il existe des exemiiles de ces difl'érentes manières d'agir qui ont ('choué ou réussi, sans qu'on aperçoive la cause de l'échec ou du succès; ce qui n'est lias douteux, c'("st (pie les péripcHies souilaines de la guerre exigent souvent 1,1 modification iloidre» df)nne» d'une façon pi'rempl<iire ; c'est à la façon d apprécier jusqu'à quel degré et comment doivent être modifiés ces ordres que se mesure rinteHigence et l'initiative de l'exécutant.

32(1 l.A PREMIKRE INVASION DE LA BELGIQUE

nouveau comiuaiidaut de l'arinée du Nord écrivit au ministre pour lui annoncer son arrivée kValenciennes. Après être entré dans quelques détails sur les mesures ([u'il avait prises en passant à Avesnes, Landrecies, le Quesnoy, Maulieuge, places qu'il avait trouvées « dans le plus mauvais état eu égard ;i la proxiudté de Tennemi' », le général Dillon continuait en ces ternies:

«< M. Dumouriez m"a fait pari, à mon arrivée ici, de la lettre qu'il a écrite a rAssemhlée nationale et au Roi. Je puis certifier qu'il n'a point chargé le tableau en présentant le détail de l'état de détresse et de confusion où on a laissé cette frontière. Sans doute le changement des généraux qui y commandaient n'a pas permis d'espérer que les choses fussent parfaitement en règle : mais M. le maréchal de Lurkner, en emmenant l'élite des troupes, a pris avec lui, ainsi que M. de Lafayette, une grande partie des compagnies de grenadiers. Les fonds manquent, ainsi que les vivres; les arsenaux sont presque épuisés. Il n'y a point de chefs d'administration, on ne sait k qui entendre pour les demandes, ni à qui s'adresser pour mettre k exécution celles que l'on accorde. On vient de m'assurer que M. Malus, commissaire ordonnateur, homme du plus grand mérite et qui connaît parfaitement ce pays, où il est employé depuis plus de vingt ans, avait ordre de se rendre à'I'aruiée du Midi. .Te ne puis croire à une pareille extravagance et j'espère, Monsieur, que vous donnerez les ordres les })lus prompts pour qu'il reste k la tête de l'administration de l'armée du Nord.

« J'attends avec impatience le résidlal des demandes faites par M. Dumouriez avant mon arrivée. Je rends compte k M. de [^afayette de la lettre que

L Voii- la noie de la paye :ii)S. La leUre ci-dcssiis cslccllc ;i I.hiih'IIi' iihii» fairsions allusion dans celte noie.

LA TRISK DE li.VVAY 327

j'ai riioilueiir de vous rcriro ; jo désirerais foi-t être dans le cas de no faire aucune démarche sans avoir jiréalaMemeul eu l'aveu de ce général, mais jo vous observerai, Monsieiu', que, dans réloigmîmeut où je suis de lui, il me parait important de correspondre din'ctemeut avec vous surtout dans un moment où la force et la position de rennemi nous mettent dans le cas de savoir le plus promjjlemcnt possible les intentions du Roi sur le genre d'opérations qui doit être adojilé.

« Il m'a paru im})ortant pour la chose pul)liquo de constater de la manière la plus authentique l'état où j'ai trouvé cette armée ainsi que de connaître celui de nos ressources et de nos besoins. En conséquence, je me propose d'assendjler après -demain un conseil de guerre composé de tous les officiers généraux qui se trouvent k })roximité, des chefs du génie et de l'artillerie et des états-majors. J'y appellerai également le directeur général des vivres, pour qu'il ait a démontrer quels sont nos besoins en cette partie'... »

Effectivement, le 23 juillet, c'est-à-dire le même jour où Lajard était remplacé définitivement au Ministère de la Guerre par le colonel d'Altancourt, le conseil de guerre dont Dillon annonçait plus haut la convocation se réunissait à Valenciennes. L'Assemblée, présidée régulièrement par Dillon, était composée de « M. Dumouriez, lieutenant général employé à l'armée de M. le maréchal Luckner » ; de 0 maréchaux de camp : MM. de Chermont, inspecteur des fortifications; d'Orbai, inspecteur de l'artillerie; de Marassé, commandant à Douai; O'Moran, commandant à Condé ; Beurnonville, commandant à Maulde; Moreton, précédemment employé à Dunkerque et que Dumouriez

I. Archives historiques de la Guerre. Aniii-o ilu .Noid, juillet I7'.f2. Dilluii à Lajiird, i\ juillet.

328 l.A PRE.MIKRE INVASION DE LA BELGIQUE

avait pris comme chef d'état-major de l'armée du Nord ; de MM. Malus et Morlet, commissaires ordonnateurs, l'un de la l""" subdivision de la V division', l'autre de la 2^'-; de MM. de Sinceny, colonel du 'S' régiment d'artillerie ; du colonel de Champmorin, directeur du génie à Lille et commandant le génie de l'armée; du colonel de Vouillers, commandant le 5* régiment d'infanterie et la place de Valenciennes ; du colonel de Chancel, adjudant général. Assistaient encore au conseil : MM. du Mcsnil, lieutenant-colonel sous-directeur de l'artillerie; Marmant, adjudant général ; de Crancé ■', lieutenant-colonel commandant le génie à A^alenciennes ; enfin M. Desmarets, directeur des subsistances militaires.

La séance étant ouverte, le général Dillon commença par faire un exposé général de la situation, qui n'était pas, dit-il, « favoraljlo à ses espérances » ; puis il donna la parole à Dumouriez.

<( M. Dumouriez, nous dit le procès-verbal, observa (juil étoit encore de l'armée commandée par M. le maréchal Luckner, qui lui avoit laissé l'ordre de le joindre avec 6 bataillons et 5 escadrons qui étoient demeurés an camp de Famars. Que, deux jours après le départ de M. le maréchal avec le gros de son armée, l'ennemi, profitant de la circonstance, avoit fait une fausse attaque au camp de Mauldo, dans la nuit du 14 au 15 de ce mois, et que, jjendant ce temps-là, il avoit porté des forces supérieures au poste d'Orchies... ; qu'aussitôt qu'il avoit été informé de cet événement (lui Dumouriez], craignant avec raison pour le camp de Maulde dont la situation est précieuse pour la sûreté du pays, nuiis dont la faiblesse étoit extrême,

1. Unnt |p siège ël;iit ;i Lilli', dppiiis lorpiniKiitinii iPi-i'ilorialc 'li' l"SS. 'i. Doiil le siège étail à Valenciennes. .i. C'est Dubois-Ciancé, le convenlioiuiel.

LA PRISE DIC nVVAY 329

puisqu'il v reslt)iL ii [joiiie 3.U00 hommes, il avoii siirlo-t'liamp levé lo camp do Famars et porté à SaiuU Amaud et ;i Maiilde les troupes qui y étoicut demeurées, eu sorte que ce mouvement avoit déterminé l'ennemi à ahaudonner sa coïKiucte '... »

Dumouriez ex.[)osa ensuite (jue, d'après les renseignements ol)tenus [)ar lleurnonville à Maulde, et concordant avec ceux qui avaient été reçus de différents cotés, les forces ennemies consistaient dans cette partie en 25.000 hommes, dont lO.tJOO occupaient un camj) retranché près de Tournai, 5.00<j formaient la garnison de cette place et ne paraissaient être que des recrues qu'on exerçait journellement, 5.000 étaient campes à Burv avec une avant-garde à Wiers-, et 5.000 environ étaient cantonnés depuis Hollain jusqu'à Peruwetz. 11 ajouta que M. Dillon était informé par les rapports de M. de La Nolie, lieutenant général commandant le camp retranché de Mauheuge, que les ennemis avaient encore 20.000 hommes au moins, dejtuis les derniers postes du cantonnement de Peruwetz jusqu'à Binche, de sorte que leurs forces, o])posées à cette partie de la frontière du Nord qui s'étend depuis Dunkerque jusqu'à Givet, pouvaient s'évaluer à 45.000 hommes au moins, dont *.r).000 étaient en état d'agir offensivement. Enfin, il termina son exposé en demandant si, dans ces circonstances, le conseil « estimoit qu'il dût se mettre en marche avec les troupes laissées au camp de Famars, pour se réunir à l'armée de M. le maréchal qui avoit pris la route du pais messin ».

Après Dumouriez, ce fut le tour de Beurnonville,

1 Procè^veibul du conseil «le guerre tenu à Valenciennes, le 2'^ juillet 1792. (Archives historiques de la Guerre. Armée du Nurd, 2:i juillet 17!I2.)

2. Dumouriez clans son Mihnoire nu roi et le rédacteur du procès-verbal écrivent Vihiers, mais c'est évidemment Wiers. On a rétabli l'orthographe exacte pour tous les noms île lii'ux.

;i;jr» i,.\ prrmikrk invasion dk la helgique;

(|iii, coiniiic Dilloii, olail dans l'entière (l('i)ondance de Diiinoiiriez. Beurnonville devait se rendre bientôt célèbre par ses excentricités de langage, ses gas- C(»nnades, les combats homériques où il tuait lî.oOO hommes k l'ennemi, sans autre perte pour sa l)roi»re armée que « le petit doigt d'un chasseur » ; il appelait Dumouriez (( son père », et il signait en lui écrivant : « Ajax Beurnonville, votre fils aine. » On sait que Napoléon devait lui donner le titre de comte, que Louis XVIII devait en faire d'abord un marquis, puis un maréchal de P'rance ; mais, au23 juillet 1792, c'est-à-dire à une époque où il n'était encore qu'un modeste maréchal de camp, Beurnonville ne se permettait pas de penser autrement (|ue son général de division, et ce fut pour ai)))uyer fortement les raisons mises en avant par Dnnionriez qu'il prit la parole.

Il dit notamment que sa situation au camp de Maulde avait été infiniment critique depuis le 2 juillet jusqu'au iô, époque où il avait été renforcé par une partie des troupes venues du camp de Famars ; que « toutes les nuits ilavoit eu à repousser les tentatives d'un ennemi vigilant et très supérieur » ; que, s'il n'avait été secouru, il en eût été réduit « à vendre chèrement sa vie ou à se faire jour la baïonnette au bout du fusil, en abandonnant k l'ennemi ce poste intéressant... » ; ({u'il estimait, en conséquence, que tout s'opposait k raff"aiblissement de l'armée et, par suite, « au déjiart de la division que M. Dumouriez avait ordre de conduire k Metz. »

Le général Dillon prit alors k nouveau la parole l)our résumer la discussion, et, en réalité, pour appuyer par de nouveaux arguments les considéralions exposées par Dumouriez et Beurnonvilk^. Il dit, (Ml substance, qu'au moment où Luckner l'avait proj»()sé au roi pour commander la frontière de Dunkerque

LA rUlSK DK HAVAY M.ll

il (livcL, le •^cMii-i'alissiiiie lui a\ ait jjroiiiis un corps de << 14.U0U liotiimes en état d'agii" ". Or, il s'en fallait, (>t (le heaueoui), qu'il disposât de ce chiffre. Il était hien loin d'y arriver, non seulement en ajoutant aux troupes de Maulde celles du camp de Faniars, — qu'on voulait encore lui l'aire envoyer à Met/., — mais en conqitant même les bataillons (ju'ou venait d'ai)peler de Dunkerque, d'Aire, de lîéthune, de Calais, de Lille, et ceux (jui arrivaient de l'armée de Lat'ayett(? sous les ordres du général Chazot. Quand tons ces renlbrts auraient rejoint, il obtiendrait nn total général d'un peu plus de 12.000 hommes, soit 11.000 fantassins et 1.200 chevaux. Mais qu'était-ce que ces 12.000 hommes vis-ii-vis des 40.000 Autrichiens qu'on i)Ouvait d'un moment à l'autre avoir sur les bras? Dans ces conditions, le génc'ral Dillou était d'avis que « le service de l'Etat s'opposoit au départ de M. Dumouriez », d'autant (|u"il venait d'apprendre que 7 bataillons et 12 compagnies de grenadieis, désignés précédemment pour se rendre do l'intérieur à la frontière du Nord, venaient de recevoir contreordre.

« Aussitôt, dit le procès-verbal, le gém-ral a pris les voix do MM. les officiers généraux et militaires sur ce premier objet de la délibération, et tous ont été d'avis qu'il soroit de la plus grande inq)rudence de se dégarnir de la division dont il s'agit, puisque, en la réunissant à toutes les forces énoncées cidessus, le tout étoit insuffisant pour faire face à l'ennemi avec quelque espérance de succès. »

Les autres objets soumis à la délibération du conseil, c'est-à-dire l'état des fortifications, de rartilleri(>, l'armement, l'habillement, l'équipement, le service de la solde et celui des subsistances, les hôpitaux, l'administration, n'avaient été inscrits au programme que

liour réiiiiii- aiitoiir de la talde du ronseil im nombre j)lus élevé de membres ; ils faisaient l'office de comparses subalternes groupés autour d'un premier rôle; nous n'en parlerons pas. La question véritable, la seule qui eût de l'importance, était le maintien, par ordre, de la 2" division à Valenciennes, et bien que, — comme on le verra plus loin, — l'adoption de cette résolution n'iuiplifpiàt pas nécessairement le rattachement personnel de IJumouriez à l'armée du Nonl, l'avis motivé rendu à l'unanimité par le conseil de guerre, n'en était pas moins une véritable victoire pour l'ancien ministre.

Le procès-verbal <le la séance rédigé i)ar Malus, le commissaire ordonnateur, fut transcrit en quatre expéditions, qui furent adressées, l'une an ministre de la Guerre, la seconde à l'Assemblée nationale, les deux dernières à Lafayette et à Luckner. Les copies destinées k Paris furent portées i)ar l'adjudant général de Chancel, muni, en outre, d'une lettre <le Dillon, où celui-ci suppliait « le ministre » — c'était d'Abancourt depuis le matin du 23 — « de prendre lecture de la délibéi'ation du conseil et un parti bien décisif sur les détails bien véridiques et bien fâcheux qu'elle contenoit ». Dillon faisait ainsi allusion à l'insuffisance des forces militaires qui avait été signalée dans la discussion.

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