‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 26 sur 135 · I. Voir la notfi i ilc In |ia^t' ôli · texte numérisé non relu

I. Voir la notfi i ilc In |ia^t' ôli

'2. U signait tantol Jarn/, tantôt François Jurry.

'A. C'i'tait le Comité de la Constitii;inte. ilit des' Douze.

« M. (le Saint-Paiil », et dans l'autro coin, à gauche, rindicalion : ■< Komis par la reine ». Ce serait donc par l'enlreniise de Mario-Antoinette que M. do la Tour du Pin, ou M. de Noaillos, peut-être le duc de Liancourt, anraieiit t'ait ronietlre au ministre la recommandation qu'on vient de lire. Elle est typique, cette note, bien caractéristique dans son exagération, et montre d'une façon curieuse cet engouement extravagant pour tout ce qui nous arrivait do Prnsse, dont nous parlions tout à riieure. Jarrv, venant de partout ailleurs que <le lîerlin, eût vraiseinblahlement été accueili dans notre année avec politesse, mais pas autrement; dès (ju'il débouchait des rives de la Sprée, « il n'existait pas au service de la France 4 officiers (pii pussent lui être comparés ». Où M. de la Tour du Pin, où l'auteur anonyme de la note, quoi qu'il fût, avait-il pris les éléments d'une déclaration aussi catégorique, d'une comparaison aussi peu llatteuse pour notre armée? A moins de supposer que la reconunandation on question ait été rédigée par Jarrv lui-mémo, il faut reconnaître que nous sommes toujours les mémos, légers et excessifs dans la louange comme daus le blâme, accordant l'une ou l'autre sur des apparences souvent non fontlées, repoussant sans motifs ou élevant inconsidérément sur le pavois des gens ne méritant ni cette défaveur, ni cet excès de sym- [latliio.

Non pas que Jarrv fût une personnalité indigne d'intérêt ou mal douée : ce (juo nous savons de lui nous le montre au contraire comme un officier intelligent, instruit, consciencieux et honnête. Nous nous élevons seulement contre l'exagération dans l'éloge et nous préférons aux paroles excessives de la Tour du Pin colles <\e Dumourioz, qui l'estimait « un dos (jfficiors les plus rouq)Us aux détails île son mé-

LE PRKMFER PURF D F.TAT-MATdR HR ROClIAMnEAr' fil

lier ' ». C'était l)ioii assez, coût dû être l)ion assez poiiiqu'on raecueillit ;i bras ouverts dans notre armée, où se produisaient cluuiue jour des vides nombreux. On commença par lui accorder, le 19 juin 1791, la croix de Saint-Louis -', pour laquelle il fallait, à la vérité, vingt ans de services militaires ; mais, comme le règlement de Tordre ne déterminait pas dans quel pays ces services avaient dû être rendus, on admit pour .larrv que les trente et quelques années passées sous les drapeaux de Frédéric, y compris Rossbacli, établissaient des droits à cette distinction. C'était très conforme anx errements du temps. Dès que Luckner avait été inscrit dans notre état-major général depuis 1763 et émargeait à notre budget pour des appointements annuels de l>6.(J0U livres, on pouvait, sans injustice, donner une croix de Saint-Louis à Jarry. La croix de Saint-Louis ne fut d'ailleurs que le prélude d'une autre faveur : le 6 juillet. .Jan-y fut nommé colonel adjudant général et affecté aux troupes de la 2" division territoriale à Valenciennes,

Ponr obtenir ce grade, .larrv avait dû présenter les

1. Dans ses Mihaoiren. le jjénéral major Le Mai'chant dit également (p. 118) : « One of Ihe cleveiest oiticers in aiiy service. >■

•.'. La note relative à cette nomination est ainsi connue ;

•< l'.i juin ITlil. (tu jiro/io.si' ilaccorilei- la cruix (le Saint-Louis an sieur Jarry de la Villelte. adjudant général du grade de colonel.

" F. — n était officier sii|)érieur au service étranger, après plus do trente ans de services, lorsqu'il est entré au service de France. Ht il espère ijue, puisqu'on a bien voulu l'y admettre dans un grade supérieur, on voudra aussi lui tenir coiiijite des services qui l'ont mis à jtortée de l'acqué'rir. et le juger susceplilde de la di'coralion militaire accordée à l'ancienneti' et au mt''rite des services. Il croit même que cette décoration convient à son grade et à son état de service mie). »

Ml bas de celte |)ièc(' un Ift le mot « approuvé» de la main du mi. Il convient de remarquer ici que .larrv est qualifié dans celte note, et à la date du l'.l juin. « colonel adjudant général », bien que sa nomination à ce grade n'ait été ofticiclle que le H juillet.

Une secontle note porte : <• l'.i juin I7'.M. I,a croix de Saint-Louis m ('ti' acconlée, le l'.l juin !7!)L au sieur .Jariy delà N'illr'tle. .Vnloine (*\ adjudant général du rang de colonel. Il a plus de trente ans de services. Four ainpiiation, signé : Duporlail, Remis la croix et le brevet le lifoclobre 17i)l, au bureau des grAces. »

(*) Il s'appelait François.

brevets qui établissaient sa situation dans l'armée I)russienne, et il avait été invité à remettre avec les originaux une trailuction dont la minute existe encore aux Arcliivos de la Guerre. En adressant cette traduction à 'Si. de Lalain, adjoint de M. de Saint-Paul, le 4 juillet 1791, Jarry y joignit la lettre d'envoi suivante :

<( M. le vicomte de Noailles, (jui a liien voulu vous présenter mes patentes de Prusse à l'effet de faire mention de la date de mes services dans mon nouveau brevet, m'a dit do votre part qu'elles dévoient être accompagnées d'une traduction l'rançoise. Il n'est pas aisé de traduire en françois le style de la chancellerie allemande et d'y (jbserver la tournure et l'originalité des idées. Aussi irai-jo point cherché à parler françois dans la traduction que j'ai l'honneur de vous adresser, mais à rendre le sens des mots et des choses comme elles y sont exprimées. Permettez-moi, Monsieur, de vous demander en grâce la prompte expédition de ce brevet, atiu que rien ne m'empêche d'être incessamment aux ordres de M. Duportail. .le vous préviens aussi de vouloir bien retirer les originaux de mes patentes, et, si vous aviez la bonté de m'indiquer un moment à votre commodité, je viendrois vous en faire mes remerciements et les recevoir de vos mains avec mon nouveau brevet. Je suis logé rue Cnjix-Petits-Champs, hôtel Dauphin, n° 22.

« .l'ai l'honneur d'être très respectueusement. Monsieur, votre très liuiidile et très obéissant serviteur.

t' .Iarky. »

Jarry, nommé colonel à l'approche de la soixantaine, n'avait pas eu sans doute un avancement rapide, mais il ne pouvait s'en prendre raisonnable-

LE PREMIER CHEF 1) ETAT-MA.IOR DE ROniAMIîEAf 63

ment à nous de ce que Frédéric II Tefit laissé vingt-six ans avec l'épaulette de major. Cependant, il ne fut pas plutôt nanti de sa nouvelle lettre de service, qu'il trouva incomplète la faveur l'cçue, et, à la date du 3 août 1791, il écrivit au ministre de la Guerre pour se plaindre qu'on n'eût pas tenu compte, dans sa nomination, de la date do son dernier brevet prussien. « 11 avait près de soixante ans, disait-il, et ne pouvait accepter d'être placé, peutêtre pour vingt ans, à la queue de tous les jeunes colonels de l'armée. » Il demandait, en conséquence, qu'on enregistrât sa promotion en la faisant remonter au 30 mai 179U, date à laquelle Frédéric-Guillaume II l'avait nommé colonel prussien. C'est la première circonstance dans laquelle nous voyons Jarry apparaître comme un esprit revèche, difficile à contenter, aimant à se plaindre. Ce ne sera pas la dernière. Cette fois, en dépit des appuis qu'il possédait auprès du ministre, il trouva M. du Portail récalcitrant, et il dut quitter Paris pour Valenciennes, le 20 août, sans avoir obtenu gain de causée

A l'armée, Jarrj allait se trouver dans son élément. Là, Lauzun, Noailles, Montmorency, c'est-àdire des gens (j[ui le connaissaient de longue date, le présentèrent au général en chef Rocliambeau comme

1. L;i noie relative à la noiuinatioii au grade d'adjiuiant j;iMiéralesl libellée ainsi qu'il suit : tj juillet 1701-

ADJUDANTS (iKNHUAUX

Places vacantes

1. Du grade de colonel par la promotion de M. Dumas (') au grade de maréchal de camp.

3. N... Nota. — Le nom de M. de Jarry est de la main du ministre. Sif/nr : Dk-

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