I.K l'RHMIKR CllP^F D KTAT-MA.loR DE ROCHAMREAU 6'o
général; ollo constitue d'ailleurs un intéressant document p(uu' riiistoire financière de la Révolution :
(( Monsieur,
« M'étant présenté chez le trésorier de l'armée à A^denciennes, pour être payé des appointements que je croyoism'avoir été accordés, il m'a d'abord répondu que je n'étois pas sur la liste des personnes dont il avoit la commission de payer les appointements. Lui ayant demantlé s'il n'y auroit pas quelque formalité de ma i)art à remplir, il m'a remis la note ci-jointe i, écrite de sa main et par laquelle je serois tenu de fournir des quittances d'imposition de toutes espèces, lorsque je suis absolument sans revenu ni propriété en France et qu'il est à la connoissance de plusieurs membres de l'Assemblée nationale que j'étois en Prusse ou dans le Brabant pendant la majeure partie des années 178!) et 1790, et que, pour le surplus, j'ai logé chez M. de Liancourt ou en chambre garnie. Cependant, je dois servir dans l'État sans appointements si je ne fournis les quittances d'imposition dont je n'ai pu être susceptible, n'ayant qu'une vie errante qui ne peut être imposable; ou bien, dit-on, un certificat de mon district ou municipalité qui constate que je suis sans propriété. Mais, que peut attester pour moi le district de ma chambre garnie, rue Croix-des-Pctits-Champs, à qui je suis parfaitement inconnu? Que l'hôtel garni ne m'appartient pas? Cette preuve négative, pour devenir complète, devra être répétée par les quarante-quatre mille municipalités
I. Ci'Ue noie porte siiiipleiiieiit ces mots : « La quittance de paiement des inipusilions de 178!) à 17'J0 et anni'cs antérieures. Autre quittance de paiement des deux tiers de la contril)ution patriotique. Décrets des '24 et •.i7 juin 17'.)0. >' Piusbas figure l'indication : <■ M. Ponleney, payeur |)rincipal du département de la Guerre à Paris», autorité à laquelle l'employé desfinances de \':i|eiii-iennes avait sans doute renvoyé Jarry.
du ruvaiinie, ou bien elle est incerlaiue. Il nie semble qu'ayant été admis au service de France comme sortant du service étranger, je devrois être une exception aux décrets des 24 et 27 juin dernier. Lorsque je suis entré au service de Prusse, Frédéric II ne mit pas dans ses contlitions que, pour être payé des appointements qu'il m'accordoit, je justifierois du paiement de plusieurs années d'imposition. J'ai cru bonnement qu'on agissoit tout aussi simplement en France. Si ces conditions dévoient subsister à mon égard, n'étant pas en pouvoir de les remplir, je me verrois forcé, bien k regret, de renoncer à la grâce que la nation m'a faite. Je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien prononcer, le plus tôt qu'il vous sera possible, sur cette difficulté que je n'imagine pas être dans vos intentions, mais qui, étant fondée sur des décrets, pourroit bien n'être pas soluble, et c'est ce qu'il m'importe de savoir'... »
Cette lettre fut la cause d'un échange de notes entre différents employés du Ministère de la Guerre, Bureau des Fonds, et l'on finit par admettre que, sur un certificat du ministre constatant que Jarr}- n'était entré au service de la France que le 22 août 1791, cet officier pourrait toucher une partie de sa solde sans quittance d'impositions. A la date du 20 octobre, M. Ponteney, payeur principal du Département de la Guerre k Paris, tranchait la question en faisant payer k Jarry sa solde du 22 août au 30 septembre 1791 , mais en prescrivant au trésorier de Valenciennes de ne délivrer « le décompte des mois subséquents que sur la présentation de la quittance des impôts, conformément à la loi du 27 juin -' ».
Cette décision ne répondait nullement aux objec-