‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 29 sur 135 · Archives delà Guerre, dossier Jany · texte numérisé non relu

Archives delà Guerre, dossier Jany

-'. Note iiiiinu.>crite deM. ilePonleney. A. ('.., du>sier Jarry.

LE PRE.MIKR CHKF 1) ETAT-MAJOR DE ROCHAMREATl 67

lions lormulées par Jarry dans sa lettre du 30 septembre; comme on le verra plus loin, elle n'était pas faite pour le satisfaire. Ecrivit-il à nouveau? adressat-il une seconde récdamation? Nous l'ig-norons. Tout ce (]ue nous avons pu trouver sur son compte pour la fin de rann('e 1791 est un billet constatant sa réception dans Tordre de Saint-Louis. Cette pièce, datée de Valenciennes le 10 novembre 17{)1, porte d'abord les quatre lignes d'envoi suivantes :

« .l'ai Tbonneur d'adresser à M. Duportail le serment civique que M. F. Jarry vient de me remettre en recevant l'ordre de Saint-Louis.

« Le coinmanddut ijciiéral de tarmée du Nord, « De VIMEUR-ROCHAMBEAU. »

Immédiatement au-dessous figure la déclaration suivante :

« Je, soussigné, jure d'être fidèle à la nation, ;i la loi, au roi, de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution et d'exécuter et faire exécuter les règlements militaires.

« Fait à Valenciennes, le 10 novembre 1791. »

« François Jarrv. »

Ce fut un peu plus d'un mois après, le 14 décembre, que M. de Narbonne organisa les trois armées dont nous avons parlé plus baut et en donna le commandement aux généraux en chef que nous avons nommés. Jarry, tout rendu à Valenciennes, où Rochambeau établissait son quartier général, se trouva de fait élevé au rang de chef d'état-major de la nouvelle agrégation tactique :• il en assuma les fonctions.

68 LA PRKMIKFiK INVASI<»N I>F. I.V r.FI,(;iQrR

Tontofois. il iravait abouti encore à aucune organisation (létinitivo, ([uand une mission nouvelle et d'un tout autre genre vint l'enlever moraeiitanémont à l'année du Nord, et diriger vers un hut différent ses soins et son activité.

Depuis que le parti de la guerre avait pris en France le développement et la puissance qu'entendaient lui attribuer les Girondins, les inspirateurs de plans politi([ues se donnaient carrière. Il s'agissait notamment de canaliser en notre faveur les sympathies et les alliances de l'Europe, d'obtenir la neutralité partout oii l'on ne pourrait acquérir une alliance formelle, finalement d'isoler, dans l'Empire, « le roi tle Bohème et de Hongrie », comme on affectait de l'appeler. Parmi les esprits à imagination proliti([U(» et vagabonde que séduisaient ces utopies, aucun — sauf Dumouriez peut-être — n'avait la hardiesse et l'inépuisable fécondité de Lauzun, dont nous parlions tout à l'heure et dont les occupations n'étaient pas telles, à Valenciennes, qu'elles l'empêchassent d'intriguer à Paris, à Londres, un peu i)artout. Hiron avait fait k diverses reprises le voyage de Berlin, ainsi qu'on l'a vu ; il connaissait la cour de Frédéric- Guillaume II, les ^^''oollner, les Bischoffswerder et consorts. M"'" de Lindenau, M"" Rietz et son mari. Il appréciait tous ces personnages à leur juste valeur, avait pour eux le mépris qu'ils méritaient et savait qu'il serait facile d'acheter, quand on voudrait, l'alliance, ou, tout au moins, la neutralité de ces entours sans scrupules '. Sans fixer de prix, sans assurer, comme Mirabeau, « qu'avec 1.000 louis on pourrait connaître tous les secrets de la coin* de Berlin -' », il

1. Archives liistoijqiies de la (Uu'rre. Année du Nm-d, IT'.i".'. Hoilefeuillc I. Ueniïli'e df Correspondance de Biron. Bironà Talloyrand ISrtéceinbri- IT'.il.

2. Uintoiri; secirle de In cour de Berlin, jiar Mirabeau, U, 34'.l.

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