Colonel il'état-mnjor
2. Rocliaiiibeau iJil dans son Journnl ([uc la lettre i)nr laquelle il iini|iiisait au duc de Saxe-Tesclieii la trêve à hKiuelle il est fait allusion ici liit adressée à l'ennemi nrnnt la notilicalinu de la déclaration d(! f;uei're. Foissuc-Latour. dans ses Notf.'i sur If ili'/int il): In campiu/nr i/c 179\', prétend (lu'il la porta en même temps (jne la d('claratiou de fiuerre. U est malaisé «le iliscerner laquelle des deux versions est la véritable. Toutefois, il est vraisemblable que c'est celle du maréchal, si l'on se réfèie à la note suivante, écrite par Foissac, à cet endroit de son manuscrit : « Cette i)artie est écrite de mémoire, n'ayant pas sous les yeux les registres d'ordres et de correspondance de l'armée du .Nord, tenus alors par Jarry, chef d'étatmajor de celte armée, llsei'aitbon deconsuller le vieux maii-chal Itochan: beau. »
elle était, nous Tavons dit, loiil à fait dans les mo-urs do répoqiio et elle démolirait, alors, si raisonnable, qu'elle fut sur-le-champ acceptée.
Ce fut le 24 avril, à cinq heures du matin, que le colonel Foissac-Latour quitta Valenciennes pour se rench'o aux avant-postes ennemis. Il les atteignit, à la frontière, au bourg de Quiévrain, où cantonnait un poste de chasseurs tyroliens de Le Loup^. « Tout était encore endormi, dit Foissac, et pouvait être enlevé, si la loyauté française eût pu s'oublier un instant pour faire place au machiavélisme anglais qui attacjue toujours sans prévenir-. »
L'officier français laissa lii son escorte et, accompagné d'un peloton de uhlans autrirliiens. par(i( pour Mons, où se trouvait le général lîeaulieu. Là, il fallut envoyer un exprès à Bruxelles })oiir avoir la réponse du généralissime; celle-ci arriva bientôt, et le colonel fut renvoyé sans incidents, ajji'ès avoir é<é reçu avec égards (( et beaucoup de démonstrations de regrets de voir la bonne harmonie rompue entre les puissances -^ » .
Le 24 au soir, Rochambeau savait donc que sa proposition de trêve était acceptée. Il allait pouvoir procéder à la concentration des troupes de son armée ; il allait être en mesure de les aguerrir, de les fortifier au physique et au moral, et, lorsque ces résultats seraient obtenus, il aviserait le duc de Saxe- Teschen et il entrerait en campagne.
En ce moment Hocliambeau ignorait totalement — faut-il le rappeler — (pic de})uis plus d'un mois il
1. Li's c-li;iss('iirs de Le Loii|i. (|iii iinrl.-iiciil li' imm lio leur major, avaicMl un nnifiuinc pris brochet à iiari'mciils verts el à boutons jaunes. Minutiili, dans sa Cainpni/iic de I71I".', dit (iii'ils élaienl recrulés dans les Pays-Mas aulricliiens.
2. Archives historiques du Ministère de la (iuerre. Armée du Nord, 170.;. l'ortefeuille A'a. Heialion de Kolssac-Latuur.
:i. Idem, iùiilrm.
nr.RNlHKS ORDRKS liT DERNIKRS l'UKI'AKATIFS 123
existait, entre son lientenant r»iron et le niinistic (les Allaii-es étran}j-ëres, une intrigue tendant à évincer de la direction des opérations le général en chef. 11 n'avait anc-un soupçon de la correspondance lati'rale née de cette intrigue, ni des autres incidents qui s'y rattachaient. 11 fut donc stupéfait quand, ce même soir 24, il reçut par rinterniédiaire de Maret, le futur duc de Bassano, un plan do ca^iipagne qui annidait celui du 15avril. des instructions qui lui enjoignaient d'entamer d'urgence des opérations offensives, opérations contre l'opportunité, contre la possibilité (les(iuelles il avait toujours énergiquement protesté. Il est bien vrai (pie, pour ménager autant ([ue possible la juste susceptibilité du vieux maréchal et pour lui faire accepter avec moins d'amertume une mesure qui ne pouvait manquer de le froisser profondément, Dumouriez et Lauzun avaient fait endosser à Louis XVI la paternité de leur combinaison, bien personnelle cependant. Mais le piège était trop grossier pour que Rocliambeau pût s'y laisser prendre, pour que, sous le gant royal, il ne sentit pas la main mal dissimulée du ministre, c Le roi, était-il dit dans le préandnde destiné à engager la responsabilité du souverain, le roi charge le ministre de la Guerre de prévenir M. le maréchal de Rochambeau, que des circonstances extérieures et politiques forcent Sa Majesté d'abandonner, pour le moment, le plan purement défensif, méth(jdi(iue et très convenable en toute autre circonstance, pour adopter un système d'invasion qui [misse favoriser rinsarreclio/i presque générale (1rs Hrlgrs ijiii n'attendent que notre entrée (/ans les Pags-lias ponr lever l'étendard. M. le Maréchal est i)révenu que M. de Lafayette se mettra en mouvement sur Namur vers le 30 de ce mois... qu'il faut qu'à cette époque, M. le Maréchal ait com-