‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 47 sur 135 · DERNIERS ORDRKS ET DERNIERS PRÉPARATIFS LES PREMIÈRES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

DERNIERS ORDRKS ET DERNIERS PRÉPARATIFS LES PREMIÈRES OPÉRATIONS

Quaii'l Rf)chanibeaii avait quitté Paris, le 21 au soir, retenu jusque-là, nous dit-il lui-niènie, « par la volonté des ministres ' », il connaissait nécessairement la rupture des relations avec TEmijire-. Toutefois, comme il n'avait reçu aucune notification ol'ticiolle de la déclaration de guerre, il profita du répit que lui laissait l'arrivée du counior, poiu- tenter auprès du généralissime autrichien, eu Flandre, le duc Albert de Saxe-Teschen, une démarche dont nous devons dire quelques mots, par la double raison qu'elle peint une époque et qu'elle fut plus tard amèrement reprochée au maréchal.

Au xviii" siècle, la guerre était, comme de nos jours, un état violent, qui interrompait les relations amicales entre les peuples pour donner carrière aux procédés brutaux delà force. Néanmoins, les déclarations d'hostilité, faites avec les formes courtoises qui imprégnaient si fortement les mœurs du temps, ne revêtaient jamais le caractère d'aigreni- qu'elles comportent si souvent aujourd'hui et n'impliquaient point les irruptions soudaines aux(;U('llos elles domiiMit lieu

1. Journal du mitri'c/iul df Itocliambeau. Archives hisloriqiK's du MiuisltTc (le la (iiicne. Arméo du Nord, I7!l'2. classé au 2 mai.

2. La (k'claration de guerre est, c<iuiui(> ou l'a vu, du 20 avril.

DEHNIEKS ORDKKS HT DKKNIKRS PKF.l'AKATIl'S 121

à notre ép(Xiuo. Elles admettaient même certains teml>éramen(s (jiii ne laisscnl pas que de nons paraître singnliers.

U()ehanil)eau, à la veille de connnnnifiner officiellement an dnc Albert la i-npture de la paix entre la France et l'Emperenr, lui adressa le colonel adjudant général ' de Foissac-Latonr, avec un pli fermé, aux termes duquel le général français, en faisant pressentir à son ennemi l'ouverture imminente des hostilités, l'invitait « à différer des deux côtés l'attaciue des vedettes et des avant-postes, jusrprà ce ([u"on fût en état, de l'un et de l'autre côté, d'ouvrir une guerre franche, attendu que celle d'homme à homme contoit il rhumanité, sans terminer les différends politiques"-' ». End'antres termes, Rochamhean disait au tluc de Saxe-Teschen : ^^os troupes et les miennes sont composées de soldats inexpérimentés, incapables d'effectuer des opérations do longue haleine. Aguerrissons-les par des marches, des manœuvres, des bivouacs, et commençons à nous battre sérieusement seulement quand nos hommes seront réellement dignes de paraître sur un champ de Itataille. .lusquelà, donnons des ordres poin- (pie nos sentinelles ne se tuent pas inutilement aux avant-postes ; la mort de ces braves gens n'aurait aucun effet sur la solution des litiges pendants entre nos deux pays. Si bizaire que notis paraisse aujoui'd'hni nue; jjroposition de ce genre,

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