DERNIERS ORDRES ET DERNIERS PREPARATIFS
mouriez que la déclaration do giiei're était imniiiiciUe, avait adressé à ses lieutenants, aux counnissaires ordonnateiu's et aux trésoriers militaires une déi)èclie les invitant ii st^ tenir j)rèts ;i entrer en cainpaj^iic au premier moment. Toutefois, on voit par sa correspondance que ce " [)reinier moment » signiliait dans son esprit la mi-mai, d'autant que, dans la pénurie de toute sorte de moyens où se trouvait son armée, c'était encore là une date })rématurée '.
On peut juger par là qu'il no fut pas moins surpris que Rochambeau du changement survenu dans les idées du Conseil du roi et, le lendemain même du jour oîi il avait reçu les nouvelles instructions, il écrivit à de Grave la lettre suivante, datée de Metz, 25 avril :
« Lorsque je vous priais. Monsieur, si la guerre était indispensable, de ne la déclarer que quand nous serions prêts, je prévoyais que cette déclaration nous mettrait dans l'alternative ou d'être prévenus par les ennemis ou de les })révenir avec des moyens incomplets. Votre courrier n'ayant })()rté la proposition du roi à l'Assemblée, je n'ai ])U songer qu'à tirer parti de l'état actu(d, et mon premiei- soin a (Hé d'a})prendre cette nouvelle aux tntupes qui la recui-ent aux cris de : « Vive la Nation ! Vive le Roi! »
« C'est hier que les dernières instructions du Conseil me sont arrivées, entre quatre et cinq heures du soir, par un aide de camp de M. Duinouriez. Nous étions, comme vous savez, convenus que je formerais d'abord un camp de O.OO'J hommes sur la Moselle, qu'ensuite, aussitôt que la formation des bataillons et des équipages de guerre le i)ermettrait, nous réunirions à
I. Voir la lettre écrite à liafnyelto par Petret, commissaire Kéiiéi'ai de l'armée du Centre, constatant que cette armée n'a ni foin ni |)aille, niéquipa4,'es de vivres, ni hoiiitaux, et que le paiement de la solde (;n assignats e-xpose les officier.s à mourir de faim. (Archives historiques de la Guerre. Armée du Centre, 17'J'..'. — Pelret à Lnfayette, de Givet, f> mai.)