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DKHNIERS ORDRES ET DERNIERS PREPARATIFS

Fiirnos, sous le commandement (Tiin inaréchal de camp' ».

Ces dispositions prises, Rochambeau n'avait pins qu'à laisser agir ses lieutenants, à se tenir prêt à appuyer leurs succès s'ils étaient victorieux, à soutenir leur retraite, s'ils étaient contraints à se replier. L'heure de la réflexion était passée : la parole était aux événements, c'était à eux de trancher le litige, à dire qui, de Hiron et de Dumouriez ou du maréchal, avait raison.

Les ojjératious militaires qui constituent la première campagne de la R(>voliition française et la dernière du dernier maréchal de notre ancienne monarchie- ont duré quatre jours et ont eu, comme nous l'avons dit déjà, trois théâtres d'action différents. Sur chacun de ces théâtres s'est développée une série de faits particuliers, n'ayant aucune corrélation avec ceux qui se déroulaient sur le théâtre voisin ; ce sont trois chapitres distincts tl'un livre unique, qu'on peut, qu'on doit étudier à part et que nous allons examiner en présentant les événements suivant leur importance. Nous parlerons donc, en premier lieu, de la pointe tentée sur Furnespar la garnison de Dunkerque, puis des o})ératioiis de Dillon contre Tournai, enlin du mouvement offensif de Biron contre Mons.

Revenu de Paris, comme on l'a vu, croyant toujours à la vali(Hlé du plan du 15 avril, de ces instruc-

1. Archives historiques du Ministère de la Guérie. Armée du Nord, 1793. Uochauiheau î'i de Grave, 25 avril 17!)'2. Dans l'esprit de Dumouriez et de Hii-iin. ees deux dernières (ip(Matiniis devaient être surtout des di-monstralions. et les instructions |jarliiulières adressées à dElbheu([ et à Dillon le mentionnaient formellement. On voulait, grâce à ci!s démonstrations, retenir dans le nord du Hrahniit la totalité des forces autrichiennes qui s'y trouvaient, de fa^-on à les empêcher île se porter au secours de Mous, qu'où tenait surtout à enlever.

'2. Nous ne coni|)tons pas l'e.xoticiue Luckner, mercenaire étranger qui fut toujours dépaysé dans notre patrie.

M4 LA PREMIÈRE INVASION DE 1,A BEI.aïQT'E

lions qui prévoyaieuL la t'uriiialidii do li'ois camps à Diinkerqiie, à Maiiheii^e, à Valencionnes, le maréchal avait avisé, dès le 23, le lioiilcnant général d'Elbliecci, à Dunkerqne, d'avoir à rochcirher aux environs de la ville un emplacement favorable pour y réunir .").( M )0 lioinmes. D'Elbhecq s'était préoccnpé, le même jour, do trouver un terrain répondant aux exigences qu'on lui fixait; ou plutôt, comme il l'avait depuis longtemps reconnu et choisi, il n'eut plus qu'à le signaler au ministre de la Guerre et à Rochambeau : « Le camp à établir, écrivait-il à la date du 24, pourrait être placé près du village do Ghyveldt, sur la route de Furnos, à 2 lieues en avant de Dunkerqne, à cheval sur le canal, la gauche appuyée à la mer, la droite aux marais des Grandes Moëres'. » Mais, le jour même oîi cette lettre était remise au coui'rier. d'Elbhecq recevait notification des instructions du 22 avril et ordre de former sur-le-champ la colonne mobile destinée à opérer contre Furnes. La dépêche était impérative et urgente; d'Elbhecq prit immédiatement ses dispositions pour y obtempérer, et, le 29 avril, il était en mesure de rendre compte à la fois à Valenciennes et à Paris que son expédition serait prête pour le 30.

A cette dépêche, le gouverneur do Dunkerque avait joint la copie des instructions remises par lui au maréchal de camp, comte de Carie, chargé de diriger l'opération :

(' M. de Carlo partira do Dunkonine le 30 avril, h

trois heures du matin, à la tête d'un détachement

composé des 2 compagnies de grenadiers et do G })iquots

• de 50 hommes chacun, du 12" régiment d'infanterie,

1. Archives historiques tiii Miiiistèi'C ilt' la Guerre. Ai'iin'i' iln \..iil. I7'i> D'Elbhecq à de Grave, "iii avril l/'.i-'.

DERXIHKS (ViîDlJIsS 1:T DIIKXII^IÎS l'UKl'AK VlIl'S I .i:;

(les 2 conipag'iiios do fçrenudiors ri Ar fî ])iqiiots du 7S° régiment d'infanterie, de 1 comjjafiiiie de grenadiers et de 3 piquets du l'"' bataillon des volontaires de la Somme et, finalement, de 200 maîtres du IM" !•('giment do cavalerie. Il dirigera sa marche le long de la rive droite du canal de Furnes, et, lorsqu'il sova prêt d'entrer sur le territoire autricliien, il for.i reposer ses troupes et les avertira qu'il va les conduire jusqu'à la vue de Furnes, non en couiiuérants, mais en amis; il recommandera aux cavaliers et aux soldats de ne faire ni mal, ni tort, ni violence à personne.

« Cet officier général continuera ensuite sa marche jusqu'à 2 ou 3<)0 mètres de la ville de Furnes, et si, comme il est apparent, il ne trouve point de résistance, il enverra un lieutenant-colonel avec quelques troupes assurer les magistrats de cette ville qne les Français ne sont pas leurs ennemis et qu'ils n'en ont rien à craindre, qu'au contraire toute })rotectiou sera accordée aux I )raljançons .

« Le général ne laissera aucune troupe dans la ville de Furnes et reprendra la i-oute de Dunkerque.

« Dunkerque, le 29 avril llit-i

Le licutentnif (jénn-al,

« Delbuecq (.sfc)'.

Tout se passa très scru})uleusenieut, en conformité des instructions ci-dessus; le lendemain, 30 avril, au soir, le gouverneur de Dunkerque pouvait rendre compte, en ces termes, de rhenreuse issue de son opération :

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