DERNIERS ORDRES ET DERNIERS PREPARATIFS
artillerie soient eu état de iiiarclier le 30; mais, si vous croyez utile à la politique d'insulter ce jour-liile territoire autrichien, j'y pousserai quelques troupes lé<;ères pour que la nouvelle en arrive à l'Assemblée des Etats généraux des Pays-Bas'. »
A cette lettre qui peignait, en termes si positifs et si peu satisfaisants, l'état de l'armée du Centre, de Grave répondit, le 27 et le 28, en annonçant qu'il pressait l'envoi du matériel manquant. « Les fonds sont jiartis et les payeurs sont en route », mandait-il dans la lettre du 2S... <( 11 y a à Metz 1.177 tentes d'infanterie ancien modèle, 4.724 nouveau modèle, et 373 tentes de cavalerie. Ces tentes suffiront pour 4U.0Û(J hommes... Les boulangers sont partis... M. Pétret a reçu l'avis du départ pour Verdun de 1.8U0 chevaux de peloton, de 250 chevaux d'ambulance ; quant à la forge, M. de Fleury a des ordres nécessaires pour en procurer... Vous pouvez faire donner ôU livres par homme qui vous apportera un fusil, un équipement et habillement uniforme, et 300 livres par homme qui vous amènera de môme, de l'armée ennemie, un cheval d'escadron ■''... »
Toutes ces prescriptions étaient excellentes assurément, mais elles avaient le tort d'être tardives et incomplètes. Le ministre n'était d'ailleurs pas le dernier à le reconnaître ; mais, comme, en réalité, on ne se f)réoccupait à Paris (pie du succès du seul corps de Hiron, on ne s'incpiiétait pas outre mesure de l'armée du Centre, pensant bien que Lafayette trouverait, de quelque façon que ce fût, un moyen de remplir suffisamment la tâche secondaire qu'on lui affectait.
Entre temps, à Valenciennes, le maréchal de Ko-
1. Archives historiques de la Gut^rre. Armée du Centre, 1792. LafaycUe à lie ftrave. de Metz, 2.') avril.
2. .Vrchivcs historiques de la Guerre. Armée du Centre, 1792. De Grave à Lafayette, 28 avril.
chambeaii avait fait, comme Lafavotte à Metz, des I)ro(liges de bonne volonté, d'activité, et, bien qn'on ne lui laissât que la partie ingrate d'une tache essentiellement ardue, il avait <Mitrei)ris de la mener à bonne fin avec un dévouement sans bornes.
Il avait à vaincre mille difficultés, car son armée, comme celle du Centre, manquait des plus élémentaires ressources et il n'avait pas le temps d'y pourvoir. D'autre part, les opérations qu'allaient exécuter ses lieutenants exigeaient pour réussir une extrême rapidité. Il n'existait à Valenciennes, pour tous vivres, que cent Ixeufs parqués dans l'alibaye de Yicoigne ; « aucuns des ai)provisionnements décrétés pour légumes secs, eaux-de-vie, vinaigre, n'étaient constitués' ». Les seuls caissons ou chevaux de i)eloton disponibles étaient à Avesnes, et le maréchal dut supidéer k ce (pli nian(piait à cet égard en réquisitionnant à la hàto tous les véhicules qu'il fut po:<sible de rencontrer dans les environs. Certaines troupes étaient à peine vêtues, <( les trois quarts des étoffes n'étant pas arrivées; enfin on ne savait où trouver les attelages nécessaires pour traîner l'artillerie ».
En dépit de tant d'obstacles, Rochambeau put écrire il de Ci rave, le 26 au soir, que « toutes les troupes prescrites par l'instruction du Conseil seraient réunies à Valenciennes, qu'elles atteindraient la frontière ii Quiévrain, le 28, et qu'elles pourraient se présenter devant Mous le 29 ». D'autre part, un détachement de 9 escadrons, 2 bataillons, (> pièces, conduit par le maréchal de camp Théobald Dillon, partirait de Lille le 29 et se montrerait le même jour devant Tournai. Enfin, il la même date, les troupes de Dunkorqiio seraient en état de « se porter sous l(>s murs de
L Journal de Hochainbenu.