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LES OPERATIONS DE BIRON SPR MONS

ces « tireries » vaines douL })arlo le maréchal do Saxe dans ses Rêveines. Dn hrnit et do la fumée, mais pas antre chose : avec cela, ancune manœnvre, ancnne combinaison tactiqne, aucnn de ces mouvements offensifs et menaçants (|iii seuls contraignent un ennemi à se retirer.

Biron commençait à être découragé.

Avait-il espéré entrer dans Mons sans coup férir? Avait-il réellement pensé qu'à peine la frontière franchie les Delges se rangeraient unanimement de nos cotés. Avait-il j)U croire à ce roman, forgé par lui, de la désertion en masse des régiments autrichiens? Ce n'est pas possible. Et, s'il en eût été autrement, il eût été déjà amplement désabusé. Nous venions de traverser une dizaine de villages et pas un cri n'avait été poussé eu notre faveur, pas une démarche n'avait l)r()uvé que les habitants nous vissent pénétrer sur leur territoire avec satisfaction.

En outre, trompé par les marches et contremarches effectuées entre Quaregnon et Frameries par un ennemi qui, voulant nous donner le change sur son maigre effectif, faisait défiler et redéfiler à nos yeux les mêmes régiments, Biron croj-ait avoir devant lui des forces prépondérantes. Il allait jusqcà'à apercevoir sur les hauteurs de Bertaumont des retranchements de batterie qui existaient seulement dans son imagination.

Entre trois et quatre heures do l'apri-s-midi, il j)arcourut encore une fois le front de sa ligne et consulta Berthier sur rojjportunité de se retii'er ou de continuer la lutte. Mais Berthier, esprit supérieur, esprit excellent pour la préparation des marches ou la concentration des colonnes, Berthier admirabloment doué pour saisir la pensée d'un chef et la ti'aduire avec clarté et précision, Berthier n'était point l'homme

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(les résolutions hardies. Il conclut comme Lauznn, iniluencé déjà par lui, qu'une attaque poussée plus à fond serait peut-être risquée, que l'ennemi paraissait être en force, qu'un échec serait désastreux dans les circonstances politiques et militaires où l'on se trouvait, finalement il opina pour la retraite'.

Lauzun, conquis d'avance à cet avis timoré, s'y rendit d'abord. Il se trouvait en ce moment près de la barrière eu avant d'Hornu, dont nous parlions un peu i)lus haut : il descendit de cheval et adressa au maréchal de Rochambeau une première dépêche dans laquelle, à travers les réticences (jui lui étaient familières, il faisait entrevoir déjà la difficulté qu'il aurait à entrer dans Mons. Ce fut Berthier lui-même qui fut chargé de porter cette lettre à Valenciennos et de donner au maréchal les explications complémentaires qu'il pourrait demander; la dépêche était ainsi libellée :

A lu li.irrièie en avant il llurmi. (liinancho (29 avril, quatre heures apiès-inidi.

" M. Berthier rendra compte à M. le Maréchal de tout ce (jui s'est passé aujourd'hui. Il ne nous est parvenu ni déserteur, ni Brabanç()n. Les ennemis paraissent disjjosés h défendre, avec des forces que l'on peut juger assez considérables, une très bonne position vis-k-vis et en avant de nous. Je vais tacher de donner de mes nouvelles k M. Dillon. M. le Maréchal voudra bien en faire doimer à M. de Lafayette. Je vais passer ici la nuit. J'emploie plusieurs moyens jKjui- avoir des nonvelles de Mons. J'espère que quel-

1. C'est I,;iii/.mi. ihiiis siiii l:iii|>'>il. ipii alliilmc à Ui'itliiei ri'llc |iiirlir(l(' sa respiiiisaliiiili' : |iiMit-étr<» y a-t-il «li- f'>rli'> nocives ;i faire sur I autlieiilicili- (l(! cetif assertion.

LES (tPKRATloNS DE HIKON SFR MONS ICi7

qu'un réussira, .le donnerai demain de mes nouvelles il M. le Mai-éclial. Je le prie (ragrcer mon respect.

« Le Heuloiant (jcncial, « KiRON.

« P. -S. L'ennemi parait actuellement sur les hauteurs de Berlaumont '. »

Sur la minute et au bas de cette lettre qui existe aux Archives de la Guerre, on lit l'annotation suivante de la main du maréchal de Rochamheau : « M. de Biron a ajouté verbalement à M. Px'rthier qu'il allait se retirer sur (^uiévrain. »

Il résulte de cette note que la résolution prise par Lauzun de battre en retraite était arrêtée dès l'aprèsmidi du 29, qu'elle était par conséquent bien antérieure aux incidents que nous allons raconter tout à l'heure et qui ont passé jusqu'ici }iour avoir amené les événements du lendemain.

Berthier, porteur delà dépêche qu'on vient de lire, partit vraisemblablement sans retard i)Oui' Yalenciennes, t;indis que Biron, incertain, mécontent de lui-même, n'osant encore parler ouvertement de retraite, recommençait, en compaji^nie de son état-major et de ses aides de camp, sa promenade entre Saint-rihislain et Pâturages. Foissac et Beauharnais, ignorant la résolution prise par le général, parlaient de dispositions à prendre pour marcher en avant, et l'un de ces messieurs ayant émis l'avis qu'une démonstration sur Quaregnon, accompagnée d'une attaque réelle sur le flanc gauche ennemi, avait toutes chances de réussir, Biron parut tout d'un coup s'accrocher à

I. Alchivi's hisliiiiiini's du Miiiislt'ic ilr l:i (iiicrn;. Aniicc ilii .NHnl, I7'.l„'. Biron à UDchaiiibeaii, -"•• avril.

cette planche de salut, adopter sul)itemeiit cette idée : ((C'est cela, dit-il, attaquons sur-le-champ: qu'on en donne l'ordre ' . »

Mais il était tard déjà et l'heure favorahle était passée. Avant qu'on eût pris les dispositions pour un tel mouvement, la nuit serait venue. Foissac en fit l'observation, et Biron ne dit plus rien. 11 revint à ses incertitudes et remit l'attaque au lendemain, au point du jour.

On se borna à laisser les choses en l'état. Peu à peu l'obscurité tombait; les coups de fusil se faisaient plus rares ; bientôt ils cessèrent tout à fait et les deux partis bivouaquèrent sur leurs positions-, ayant la satisfaction de penser rpie s'il n'y avait de vainqueur d'aucun C(!)té, il ne se trouvait davantage de vaincu. Parmi les Français la lassitude était grande, les troupes « épuisées-^ » avaient un besoin urgentde repos; malheureusement les tentes n'étaient pas arrivées et ce manque de confortable, à cotte époque contraire à tous les usages, produisit un fâcheux effet sur le soldat. Les vivres aussi et les fourrages manquaient en partie^; l'on dut en réquisitionner dans les villages •', non sans perte de temps et nouvelles fatigues.

En dépit de ces difficultés, les troupes finirent par achever leur installation. Les feux s'éteignirent peu à peu, le silence se fit, et les soldats s'endormiront sous la protection des grand'gardes.

Rien ne paraissait (h'voir troubler le calme do cette

1. Fois^ac-LatiHir aurait t'Ii', il'aiiri's liii-inèine, l'aiitiMir de cotte motion. Voii- sa Helation.

■J. Helaliiin île Beaiihanials.

'■'>. Archives historiques du Ministère de la Ciueire. Arnu-e du Nnni. I7'.)"2. Haiipiirt de Biion sur l'affaire île Muns. Biinn à de firaves. de Valenciennes, 'J mai. Beauharnais dit aussi : u L'armée étailexcédée de fatigue... • Relation.

4. Relation de Beauharnais : « Une grande partie de Tarmée a nian(|ué de vivres et de fourrages... ■•

h. ». le me déterminai... à chercher les moyens <le faire manger les hommes et les chevaux. » Rajiporl de Biron, 2 mai.

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