‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 76 sur 135 · LES OPERATIONS DK HIRON SUR MONS 17H · texte numérisé non relu

LES OPERATIONS DK HIRON SUR MONS 17H

tléiiioraliséos. Des Irois heures du matin même, c'està-(liiv, tlaus cette saison, avant le jour, les avanlposies s'étaient remis ;i tirailler en avant de Quaregnon, abandonné pendant la nuit par les Autrichiens, et s'étaient portés d'eux-mêmes et sans ordre dans la direction du village de Jemap[)es'.

En même temps, nos régiments de la droite s'étaient aventurés, au delà de Wasmes et de Pâturages, vers le village de Frammeries, précédés de plusieurs pelotons de cavalerie. Beaulieu avait été renforcé [)endant la nuit de quelques troupes, entre autres de 2 bataillons de Sztarrai, de 2 canons de 6 livres et de 2 obusiers. Il jugea que les Français essayaient de le couper de Mons par sa gauche, et, pour résister ;'i ce danger, — en réalité imaginaire, — il établit au Sud-Est de Frammeries les grenadiers de Debriey, le premier bataillon de Sztarrai (major Sztarrai), 3 escadrons de Cobourg (colonel Fischer), 3 escadrons do uhlans (majors de Kirner et Wodzicki), 1 obusier et 1 i)iéce de 0 livres. En même temps il donnait l'ordre au capitaine Thierry, des chasseurs de Le Lou}), de tenter un crochet offensif sur la lisière Nord de Pâturages, mouvement qui, dirigé sur notre centre, prenait en même temps on flanc les défenseurs français de Quaregnon.

Contre ces forces, encore inférieures aux nôtres, une attaque vigoureuse eût eu des chances de succès, mais en ce moment Biron pensait moins que jamais à attaquer. Penchant déjà, dès l'après-midi du 2î), pour le parti de la retraite, cédant de plus en plus à sa première idée depuis les événements de la nuit, il y fut irrémédiablement confirmé par une dépêche qu'il

1. " I.c malin, il trois hoiires, l'i^niiPini atlaqna la droiti' ilc mou corjis ilarmi'i' au villag<' de .Ii-mapiies. .. .Ueuxièiiie rapport il(! IJcauliL'U au loldiiiaréchal beuder. Du moulin à vent de Boussu, 3U aviil.)

17V ]..\ I'R'^Mll•:R^: invasion de la BEi.rîiQTT:

reçut en cet inslaiit, do R(iclKiml)eaii, ot qu'il ne put lire sans une (''motion prolondc Cette dôpoclie n'c'tait autre que l'avis <lu de'sastre de Baisicux, la nouvelle de l'assassinat du «général Dillon par ses propres troupes.

Un chef d'un autro caracière eut peut-être pensé que ce n'était point lii un motif de reculer, que Tournai indiquait une revanche k prendre; mais nous concédons que la situation était déjà hien compi-omise, nous admettons que ce dernier coup était de nature il dérouter un esprit plus iup^énieux, h aliattire un caractère plus solide que celui de Lauzun.

Le conseil de guerre délihérait encore quand arriva riiorrihle nouvelle, et personne ne parut croire ([u'on pût désormais combattre avec succès ; la retraite fut donc immé(hatement, instantanément ordonnée. En réalité, nos troupes, cédant peu à peu devant les démonstrations de Beaulieu, avaient commencé déjà à l'exécuter, continuant à aiiir delles-mêmes comme elles le faisaient depuis la veille, car, dans ces deux journées néfastes, ce furent toujours les troupes qui conduisirent le {général, h l'envers de ce qui se passe, tout au moins de ce qui devrait se passer ordinairement sur un champ de hataille.

Le mouvement rétrograde s'effectua ])ar échelons, avec sang-froid, soutenu par le ()8'\ i)ar les volontaires de l'Orne et par les 3 escadrons (hi 5" dragons — ce qui restait des ti'ois escadrons, — le tout appuyé de 't pièces de canon ^ Beaulieu poursuivait, ou j)lutot suivait, mollement, en homme qui échappe à im danger imminent et qui, se contentant d'un succès inespéré, ne cherche point h tenter la foi'tune. 11 se borna donc à garder le contact, d'une façon continue, mais d'assez loin, au moyen d'une avant -garde aux oi'di'es du co-

J. Ucl;iliciii .le Hcnulinr.iaisr-.

l.KS OPERATIONS DR HIROX ST'i; MONS i;:\

lonol l'isclioi' : lui-iviènK^ ai)pnya lo nioiivoment avec 1 Itatailloii (le grenadiers do Debriev, 2 divisions (Je Miirray et toute sa cavalerie'.

Pendant cette retraite, notre arrière-garde s'arrèia et tit tète à diverses rejjrises, notamment à la ferme du Saulçois, (jui existe encore, à 500 mètres au Sud de la ehaussée de Mons, un peu au Nord du village d'Elouges. Sons sa protection, le corps princijjal, tout an moins la colonne (pu avait suivi la grand'route, et toutes nos troupes de la droite purent regagner sans accidents le village de Quiévrain, puis celui de Qui-é vrechain, c'est-ii-dire le camp (pi'oii avait occupé le 28 an soir.

On rallia lii lo bataillon ([ui y avait olé laiss('' jxnule garder, on y ti'ouva aussi un détachement que le maréchal de Kocliambeau,sur la nouvelle d'une déroute annoncée par les fuyards de la nuit, envoyait au secours de Riron sous le connnandonient du maréchal de camp de Fleury.

Les troupes reprirent assez rapidement leurs emplacements de ravant-veille. Déjà les faisceaux étaient formés et les corvées étaient commandées pour aller à l'eau et aux vivres, lorsque soudain, dos troupes apj)artenant à la colonne de gauche — celles qui étaient rentrées par HaininetThulin — seprésenlèi'ont entre Crespin et (^hiiévrechain, débandées, «se disant serrées de près par un gros (rennemis..,, criant que toute l'armée antrichienuo arrivait sur ses pas- )>.

Il n'en eût pas fallu davantage pour ébranler des troupes, moins harassées par les marches, moins démoralisées par la retraite. Celles-ci, toutefois, ne se débandèrent pas : tout au moins, si elles le firent, ce fut pour courir à l'ennemi. Sous la menace d'un dan-

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