‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 77 sur 135 · Helatiuii de Koissac · texte numérisé non relu

Helatiuii de Koissac

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gcr ({n'ils 110 voient pas, mais qu'ils soupçonnent, les soldats s'élancent vers les faisceaux et saisissent leurs armes. Devant eux, le long de l'Hongneau, qui coule à quelques centaines de pas en avant du camp, une bordure de saules, d'aulnes, d'osiers dôya touffus, arrête la vue et dessine le cours de la rivière. Nos hommes supposent que ce masque abrite nécessairement l'ennemi. Ils n'ajjerçoivent personne : n'importe, le feu commence, et bientùt, sur toute la ligne, la fusillade crépite avec une intensité extraordinaire. (( Les ordres des généraux, des chefs de corps, leurs menaces, leurs prières, demeurent impuissants *. » Et ces balles vont frapper précisément notre arrièregarde, ces mêmes troupes qui, depuis le Saulçois, avaient continué à arrêter bravement les Autrichiens et qui, en ce moment, atteignaient la limite du village de Quiévrain.

Quand au bout d'un temps trop long, cette échauffourée prit un terme, on put constater qu'elle avait fait plus d'une victime. Le colonel do Montchoisy, du 68% avait eu son cheval tué sous lui. Le maréchal de camp de Fleury, dont la monture avait reçu plus de vingt coups de feu, était lui-même blessé grièvement à la cuisse. Entraîné dans la chute de son cheval, le pied pris dans l'étrier, le général était demeuré une demi-heure par terre, exposé à la fusillade la plus violente. C'était un miracle qu'il n'eût pas laissé là sa vie. Parmi les iiommes de troupe, une trentaine de soldats, api)artcnant la i)liipart au ()8", étaient tombés victime do l'eri-eur de leurs camarades. Le reste du ré'giment put enfin repasser la rivière et rentrer au camp, sans autres pertes que quelques traînards ou quelques ivrognes retardataires enlevés parles uhlans.

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