BIDAULT, ANTONINE
(Ils se regardent un iiisloiit sans rien dircj ANTONINE.
BIDAULT
ANTONINE
BIDAULT
Oiii... qu'est-ce que vous attendez? il faut la suivre au moins.
ANTONINE
La suivre !.. mais je ne sais pas monter à cheval.
Ah ! nous voilà bien.
ANTONINE
C'est plutôt à vous de coiu-ir...
BIDAULT
Moi ? je n'y ai jamais monté de ma vie!
ANTONINE
Ah! mon Dieu!., nous allons rester ici tous les deux! que faire à présent ?
BIDAULT
Je n'en sais rien.
ANTONINE
Quelle malheureuse idée que celle d'avoir demandé ces chevaux ! vous ne pouviez pas nous laisser faire notre promenade comme elle avait été convenue : tout se disposait à merveille : cela prenait une excellente tournure.
BIDAULT
Eh ! qui aurait pu imaginer aussi que M"^ Savigny, toujom-s prudente à l'excès, timide , peureuse même , allait tout-à-coup s'enflammer... J'ai cru faire un coup de maître.
AiSrOM>'E.
Il vous a réussi !.. tout allait si bien jusque-lîi.
BID.VULT
Oh ! depuis la walse, notre position était compromise.
AINTOMNE.
C'est encore vous qui m'avez fait mettre au piano.
BIDAULT
Je ne vous avais pas dit déjouer cet air-là!
ANïOMNE.
C'est égal, depuis tantôt vous n'avez que de malheureuses idées.
BIDAULT
Oui... N'importe... au lieu de nous plaindre, tâchons plutôt... ils ne sont pas partis encore et il existe peut-être quelque moyen de les empêcher... il le faut à tout prix... Je coms... voyous, les chevaiLX sont encore là... (il revient de la porte regarder à la croisée.) Bon !.. je vais... Ah! M"* Savigny !
ANTO?iINE.
Vous la voyez ?
BIDAULT
En amazone !
ANTOMNE.
Déjà !
BIDAULT
En amazone!., toute prête!.. Je ne sais pas comment elle a fait... elle saute sur son cheval!
ANTOMNE.
Sans nous attendre ?
BIDAULT, courant à la porte.
Je m'élance... appelez-la!
ANTOMNE, à la croisée. Ma tante !
BIDAULT , revenant.
Non; par la croisée... au rez-de-chaussée... c'est plus court.
ANTONINE
Ma tante !.. il est trop tard.
BIDAULT
Elle est partie !
ANTONINE
Au galop.
BIDAULT
Ventre à terre !.. dans la grande allée.
ANTONINE
Elle se dirige vois la barrière.
■ liiHaillI, Antonii.r.
BIDAULT
Elle la saute !.. Oh ! mais alors... si elle en est là !.. s'il n'y a plus ni haies, ni fossés qui l'arrêtent !.. alors !..
(Bidault et Antonine restent un instant à se regarder.) ANTOMAE.
Eh bien!., monsieur?
BIDAULT
Eh bien?., mais... qu'est-ce que vous voulez que je fasse à cela, moi?., c'est une maladie...
ANTOMNE.
Nous n'avez pas remarqué coiimie elle s'est retournée pour sourire à M. Léon... ses regards semblaient le défier... Oh! je n'ai jamais vu ma tante si jolie !
BIDAULT
Ni moi!.. Ça n'est pas naturel.
ANTO.MNE.
Gomment ?
BIDAULT
Vous avez beau dire, ça n'est pas naturel. 11 y a quelque chose d'extraordinaire qui se passe en elle... quelque chose qui l'excite, qui la presse... Elle nous a devinés... elle sait tout.
ANTOMNE.
Comment aurait-elle découvert?..
BIDAULT
Je l'ignore; mais elle sait tout. Voyons... je commence à reprendre quelqu'espoir... rien n'est perdu.
ANTO.MNE.
Vous croyez ?
BIDAULT
Nous pouvons encore. . .
ANTONINE
Ah! vous allez avoir quelqu'idée... comme tantôt. Ne comptez pas sur mon aide , d'abord.
BIDAULT
Non... agissez seule... j'agirai aussi. C'est à moi qu'il appartient maintenant de la faire hésiter, de !a décider en ma faveur. Je m'en charge. A mon tour de l'attaquer , à présent... Elle connaît mon amour... elle jugera de sa sincérité, de sa violence... Voilà mon arme ! et pour qu'elle y résiste, il faudra qu'elle ait une force de volonté, bien rare, ou une antipathie bien prononcée.
Ain : Il nie faudra quitter l'enipiie.
J'y tiens, vraiment, et je sens dans mon âme , Que mon bonheur sera de réussir ; Oui. sa froideur alimente ma flamme , Et malgré tout je saurai l'obtenir:
F>e cet hymen dépend mon avenir.
— 'lO —
La poiiisuivanUlemon humeur jalouse,
Je veux l'ennuyer tant, ma foi, Que ne pouvant se soustraire à ma loi Il faudra bien enfin qu'elle m'épouse.,.
l'our se débarrasser de moi.