‹ La première rideChapitre 17 sur 22 · BIDAULT, ANTONINE · texte numérisé non relu

BIDAULT, ANTONINE

(Ils se regardent un iiisloiit sans rien dircj ANTONINE.

BIDAULT

ANTONINE

BIDAULT

Oiii... qu'est-ce que vous attendez? il faut la suivre au moins.

ANTONINE

La suivre !.. mais je ne sais pas monter à cheval.

Ah ! nous voilà bien.

ANTONINE

C'est plutôt à vous de coiu-ir...

BIDAULT

Moi ? je n'y ai jamais monté de ma vie!

ANTONINE

Ah! mon Dieu!., nous allons rester ici tous les deux! que faire à présent ?

BIDAULT

Je n'en sais rien.

ANTONINE

Quelle malheureuse idée que celle d'avoir demandé ces chevaux ! vous ne pouviez pas nous laisser faire notre promenade comme elle avait été convenue : tout se disposait à merveille : cela prenait une excellente tournure.

BIDAULT

Eh ! qui aurait pu imaginer aussi que M"^ Savigny, toujom-s prudente à l'excès, timide , peureuse même , allait tout-à-coup s'enflammer... J'ai cru faire un coup de maître.

AiSrOM>'E.

Il vous a réussi !.. tout allait si bien jusque-lîi.

BID.VULT

Oh ! depuis la walse, notre position était compromise.

AINTOMNE.

C'est encore vous qui m'avez fait mettre au piano.

BIDAULT

Je ne vous avais pas dit déjouer cet air-là!

ANïOMNE.

C'est égal, depuis tantôt vous n'avez que de malheureuses idées.

BIDAULT

Oui... N'importe... au lieu de nous plaindre, tâchons plutôt... ils ne sont pas partis encore et il existe peut-être quelque moyen de les empêcher... il le faut à tout prix... Je coms... voyous, les chevaiLX sont encore là... (il revient de la porte regarder à la croisée.) Bon !.. je vais... Ah! M"* Savigny !

ANTO?iINE.

Vous la voyez ?

BIDAULT

En amazone !

ANTOMNE.

Déjà !

BIDAULT

En amazone!., toute prête!.. Je ne sais pas comment elle a fait... elle saute sur son cheval!

ANTOMNE.

Sans nous attendre ?

BIDAULT, courant à la porte.

Je m'élance... appelez-la!

ANTOMNE, à la croisée. Ma tante !

BIDAULT , revenant.

Non; par la croisée... au rez-de-chaussée... c'est plus court.

ANTONINE

Ma tante !.. il est trop tard.

BIDAULT

Elle est partie !

ANTONINE

Au galop.

BIDAULT

Ventre à terre !.. dans la grande allée.

ANTONINE

Elle se dirige vois la barrière.

■ liiHaillI, Antonii.r.

BIDAULT

Elle la saute !.. Oh ! mais alors... si elle en est là !.. s'il n'y a plus ni haies, ni fossés qui l'arrêtent !.. alors !..

(Bidault et Antonine restent un instant à se regarder.) ANTOMAE.

Eh bien!., monsieur?

BIDAULT

Eh bien?., mais... qu'est-ce que vous voulez que je fasse à cela, moi?., c'est une maladie...

ANTOMNE.

Nous n'avez pas remarqué coiimie elle s'est retournée pour sourire à M. Léon... ses regards semblaient le défier... Oh! je n'ai jamais vu ma tante si jolie !

BIDAULT

Ni moi!.. Ça n'est pas naturel.

ANTO.MNE.

Gomment ?

BIDAULT

Vous avez beau dire, ça n'est pas naturel. 11 y a quelque chose d'extraordinaire qui se passe en elle... quelque chose qui l'excite, qui la presse... Elle nous a devinés... elle sait tout.

ANTOMNE.

Comment aurait-elle découvert?..

BIDAULT

Je l'ignore; mais elle sait tout. Voyons... je commence à reprendre quelqu'espoir... rien n'est perdu.

ANTO.MNE.

Vous croyez ?

BIDAULT

Nous pouvons encore. . .

ANTONINE

Ah! vous allez avoir quelqu'idée... comme tantôt. Ne comptez pas sur mon aide , d'abord.

BIDAULT

Non... agissez seule... j'agirai aussi. C'est à moi qu'il appartient maintenant de la faire hésiter, de !a décider en ma faveur. Je m'en charge. A mon tour de l'attaquer , à présent... Elle connaît mon amour... elle jugera de sa sincérité, de sa violence... Voilà mon arme ! et pour qu'elle y résiste, il faudra qu'elle ait une force de volonté, bien rare, ou une antipathie bien prononcée.

Ain : Il nie faudra quitter l'enipiie.

J'y tiens, vraiment, et je sens dans mon âme , Que mon bonheur sera de réussir ; Oui. sa froideur alimente ma flamme , Et malgré tout je saurai l'obtenir:

F>e cet hymen dépend mon avenir.

— 'lO —

La poiiisuivanUlemon humeur jalouse,

Je veux l'ennuyer tant, ma foi, Que ne pouvant se soustraire à ma loi Il faudra bien enfin qu'elle m'épouse.,.

l'our se débarrasser de moi.

Page 1