‹ La première tentation de Saint AntoineChapitre 67 sur 81 · LES MUSES · texte numérisé non relu

LES MUSES

Pleurons les vastes théâtres et les danseurs nus! 0 Thalie, déesse au front bombé, qu'as-tu fait de ta massue d'airain et de ton rire qui se roulait sur les foules comme le vent du Sud, sur les Ilots de

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I Arrliipcl ! in ;i> perdu les lIiumus, S(»rious(; Mcl- [H.niriit'! Adieu le li.nit enllmnie et les iiiiinleaiix traînants. l'Iisnine tjui |»assiiil par honllV-es dans les tenenis lraiii(|ue> et h; vers siinph.' <|(ii i^laeail la peau! Va loi. svollt» 'rerpsicliore , dont les Sirènes sont lillr-. In uv le conviens pins di' tes pa-> mesurés, que l'on ('ouij)aiait ii la danst? des ('toiles, tandis (pn» le niaiti'e d'oi-ehc-tr»' l>at(ait la mesure avec sa semelle de tei! Ils sont lini^ les grands eulliousiasnies î (i'esl le loni- inainlenanl des gladiateurs, des bossus et des larceurs! (^lio violée a servi les [)()litiques, la Muse des festins >'engraisse de mets vulgaires, on a fait des livres sans s'inquiéter des phrases I Pour les médiocres existences, il a fallu de grêles édilices et des costumes étroits [)our les fonctions serviles. Le marchand, le goujat et la prostituée, avec l'argent de leur commerce, ont payé les J{eaux-Arl>, et latelier de l'artiste, comme le réceptacle de toutes les prostitutions intellectuelles, s'est ouvert, pour recevoir la foule, se [)lier à ses commodités et la divertir.

Art des temps antiques, au feuillage touj(»urs jenue, qui [)ompais ta sève dans les «Mili-ailles de la terre et balançais dans un ciel bleu la ci rue p\ lamidale, loi donl Técorce était rude, les rameaux nombrtnix, l'ombrage immense et «pii dt-saltérais les [)euples d'éleclion, avec des linil> viMineils arracln's parles forts, une nuée de hannetons s'est aballue sur les feuilles; on t'a fendu en morceaux, on t'a scié en planches, on la rédnil en poudre, et

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ce qui reste de ta verdure est brouté par les ânes!

Les Muses s'en vont et

VÉNUS arrive toute nue, et regardant, de côté et d autre. . avec inquiétude. Elle pousse un cri d'effroi, en apercevant la Luxure.

Grâce! va-t'en! laisse-moi! Tes baisers ont fait pâlir mes belles couleurs! J'étais libre autrefois, j'étais piire, les Océans frissonnaient d'amour au contact de mes talons ! Baigneuse insaisissable, je nageais dans Téther bleu, oii ma ceinture que se disputaient les zéphirs, resplendissait, toute large et magnifique, comme un arc-en-ciel tombé de l'Olympe. J'étais la Beauté ! J'étais la Forme! je tressaillais sur le monde engourdi, et la matière, se séchant à mon regard, s'affermissait de soi-même en contours précis. L'artiste plein d'angoisse m'invoquait dans son travail, le jeune homme dans son désir, et les femmes, dans le rêve de leur maternité. C'est toi, c'est toi, ô Besoin immonde, qui m'as déshonorée!

LA MORT

Passe, belle Vénus ! Tu te purifieras dans mes étreintes.

On entend quelqu'un qui sanglote.

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Lli'IlKiN [lirait, les p.'iupifrrN cliMs^ieuses, inai^ro, souflretpux, liaU'taiil. mi-^iTalilf. Son l».in(lt'aii Imp lâche tsi luinbé sur sa fij,'urc ol il pleure à ^riaiil l»riiit. vw senfonranl le poing dans

l.nl.

I']>l-c(' ma laiilc à moi ? Ii<^ 1 In')! In.; Toiil le moiule autreluis me carcssail... rh .' \\ù \\ rf'.<.iiiir.cm-e à pLurer.) ma lorclic s'csl élt'iiilc ! .lai |»('i(lil iui'> Ilôt'Iics, liùl lin! i'avius (les hcr... oli ! oli ! olil ilos borceanx de vt'i-dnic dans les jardins. Le doiiil sur la bouche, sourianl cl los cheveux frisés, je «:;artlais contiiuiellemcnl de (diarmanlcs alliludes. On m'enguirhuichiit d«; ruses, d'acrosliches el d'épigramuK^s. Je me juuais ihms ro|ymj)e avec h}s attributs des Dieux. .l'étais l'eue lianlement de la \u\ le dominaleur des âmes, l'élfMnel souci.

Je grelotte de froid, de faim, de fali^^ie el de tristesse. Les cœurs maintenant sont à IMulus. Quand je frappe aux portes, ils font les sourds! .l'en ai vu qui me regardaient d'un (eil farouche, et qui reprenaient leur ouvrage !

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