‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 11 sur 71 · APPLICATIONS RN · texte numérisé non relu

APPLICATIONS RN

« Nous !»()iiinio.iO|)pii!iic's, résistons et levons-nous on nrnics. »

« Allons h l'Hôtel do Villo, interrogeons nos Miagistiats tif'dos ou suspects, sufTcillons Icurssi'ancos, vérifions s'ils pousuivent les prêtres cl s'ils désarment les ari^locralcs; cmpê<lions-le8 de niacliinor contre le i)Ouplo, et faisons marclier ces mauvais eonimia. »

« Par cons(''(jucnt, fjuo nul no soit exclu do la ^'arde nationale; ii tous, niônio aux indigents, une oriiio, pi<pic ou fusil, pour di-fondro leur liltcrté. »

n La royauté' héréditaire est dnne illéjritime : allons aux Tuileries et jetons lo Irono à l)as. »

« lîeoutoz ces elameurs do la place publique, ees p("lili()ns qui arrivent de toute» les villes : voilà la volonti' générale qui est la loi vivante et qui abolit la loi écrite.

A ce titre, les meneurs de quelques clubs do Taris déposeront le Roi et violenteront l'Assemblée législative. Hn d'autres termes, la minorité bruyante et factieuse va supplanter la nation souveraine; et désormais rien ue lui manque pour faire ce qui lui plait et quand il lui plaît '. »

* Taini, la Révolution, p. il6.

L'oncliaînoiiioiit outre les principes de 89 et leurs applications en 93 n'est-il pas manifeste ? 11 ne pouvait cnctrodinercmmont. « Sur les ruines encore sanglantes de la Bastille, était le foyer de cotte flamme patriotique qui dovait bientôt oAnhra^er ci f^dr/dnclrer la nation. Cq n'était plus Paris, mais une ville nouvelle et un peuple nouveau... La jeunesse se portait, en foule, des corps de garde aux districts et s'exerçait dans ces assemblées populaires à discuter et à soutenir les droits des hommes ^ » Moins do trois ans après, un grand nombre de ceux qui avaient collaboré ou aiiplaudi à la rédactiondes principes de 89, ou Droits de l'homme, purent relire leur Ih^claration affichée sur les poteaux de la guillotine et méditer, en montant les degrés qu'ils ne devaient pas redoscendre, sur la sagesse de leurs prévisions et sur l'efficacité de l(Mir œuvre pour « le bonhcnir de tous ».

Voilà cj que portait en préparation, dans ses flancs, la Déclaration des droits de l'honnne; et, encore, ne sontcc la que ses conséquences les plus rappiochécs ; des conséquences ultérieures, non moins pernicieuses, y demeurent enveloppées, attendant leur tour d'éclosion.

On se demande non sans quelque surprise, lorsqu'on lit dans le Moniteur le compte rendu des séances consacrées à la fameuse Déclaration, comment il a pu so faire que, sur 290 ecclésiastiques qui étaient membres de l'Assemblée nationale, aucun n'ait proposé do remplacer la vague dénomination do l'Etro suprême par lo nom clair de Jésus-Christ. On est presque tenté do blâmer lo clergé d'alors de ce silence. Mais l'étonne*

1 Uonittur, 1*89, a* 83.

4»} lE CHRIST REJETK

mont cesse quand ou prend la pein(^ de déduire, ainsi que nous l'avons essayé, ce qui était contenu dans les redoutables prémisses. Un douloureux pressentiment a du faire entrevoir à tous ces prêtres, nonobstant l'égarement de quelques -uns, ce qui allait sortir d(; la Déclaration. Or, apporter le nom de Jésus-Christ à une pareille œuvre, n'eût- ce pas été mettre la tête du Christ sur un corps de Déliai ? Voilà pourquoi, évidemment, le clergé qui faisait partie de rAsscrablée s'est abstenu do réclamer en faveur du nom de son divin Maître : il a agi avec sagesse.

Cercle vicieux, cercle terrible! Le dessein bien arrêté de 80 passer du Christ comme pierre do l'angle iit élaborer de pareils articles, dissinuiler ces perfides poignards ; et quand une fois les articles furent rédigés, ils no pouvaient plus décemment supporter le nom pur, radieux et tutélaire du Sauveur du monde.

Il est donc historiquement certain que, lorsqu'il s'est agi de poser les bases d(» la société nouvelle, h Christ a été positivement éliminé comme pierre de l'angle : on s'est i)assé do lui avec préméditation.

Nous avons, au début de ce chapitre, énoncé cette conviction que, seul, l'adversaire de Dieu, Satan, avait été capable de bouleverser do la sorte les fondements do la nation française. En nous efforçant de faire retomber sur l'infernal serpent la responsabilité première d'un

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bouleversement si radical et si lamentable, nous ne pouvons cependant dissimuler et voiler, sur le blason de la France, une noirceur que suppose, du reste, l'intelligence des faits historiques qui vont suivre. A notre grand regret, ilHiutdoncla faire remarquer.

Eh bien, oui, la France, jusqu'ici si noble, si reconnaissante, si tendre, a commencé cette tache noire, cette noirceur qui va s'étendre aux blasons des autn^s nations et qui s'appcllo l'ingratitude.

Noirceur! parce que depuis le Sanhédrin (cette grande assemblée de Jérusalem qui, Gaïplie à sa tète, avait rejeté le Ghiist) aucune autre assemblée nationale n'avait recommencé cette faute ; et c'était une assemblée de France qui reprenait l'aveuglement et l'ingratitude du Sanhédrin 1

Noirceur ! parce que, quand le Christ était descendu ici-bas, ayant trouvé les nations gémissantes dans l'esclavage et assises dans les ombres de la mort, il les avait, au prix de son sang, délivrées, rachetées, conduites à la lumière ; il les avait, véritablement, acquises : elles étaient devenues, ainsi que s'exprime admirablement l'apôtre saint Pierre, le peuple de V acquisition^. Or, opposer au double droit de libérateur et de propriétaire que le Christ possédait sur elles, les droits do rho)}imc, ci se servir du prétexte de ces droits de l'homme pour se débarrasser du Christ, n'était-ce pas de l'ingratitude ?

Noirceur 1 parce que, si la France était devenue la France, n'était-ce pas au Christ qu'elle le devait ? Ne

* première Èpitre de saint Pierre^ ii, 9. 't

l'avail-il pas cliuisio entre toiit(}s les nations, comme le laboureur choisit un plant d(^ vigne délectable ? Ne s'élait-il pas complu a faire d'elle son plus beau royaume, après celui des cicux ? A elle, n'avait-il pas accordé une succession de rois semblable à celle qui avait préparé sa naissance en Judée ? Au pied de son trône, (Iharlemagno ne donno-t-il pas la main à David ? A elle, n'avait-il pas confié lagardedeson Eglise,comm(?,à saint Jean, il avait confié la garde de sa mci'c? Sur elle, enfin, n'avait-il j)as enchaîné l(^s regards du rest(î du monde, afin (pi'on Tadmiràt, qu'on l'imitât, qu'on la suivit? Et c'était elle qui donnait au monde le signal du rebut du Christ !

Nous avons éprouvé un indicible serrement de cœur en entreprenant \o. parallèle qu'on va lire, et qui ne s'est pas encore fait. Puisse ce serrement d(? cœur se comnmniquer, avec la lecture du parallèle !

La France s'est donné deux constitutions célèbres, entre toutes celles qui ont émaillé b.^s i)hases de son histoire : la Loi salique et la Déclaration des droits de riKJinmc; l'une, charte de son enfance; l'autre, cliarto do son âge mûr. Comparons-les.

niÉAMiiULi: Dj; la loi saliqub '

La nation ûqs Kranks, illustre, ayant Dieu pour fondateur, forto sous les armes, forme dans les traites do paix, profonde en conseil, noble et saine de corps, d'une blancheur et d'une beautd singulière, hardie, agile et rude au combat, depuis peu convertie ù la foi catholique, libre d'h(5rc8;e; elle était encore sous uno croyance barbare, mais avec l'inspiration de Dieu cllo rechor-

' Pactiu L^gis ialicm qucmadmodum a liaiilio Jeanne IIkroldo primum, et deinde a Oodofredo NVkndkli.no pubUca(Ui est, et notii illustratui a Otorgio Kccado.

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cliait la ck'f do la science, selon la nature do ses qualités, désirant la justice, gardant la piété; alors la loi .-aliquo fut dictée par les chefs do cette nation qui, en ce temps-là, conimandaiont chez elle.

On choisit, entre plusicurn, quatre hommes, savoir: le jrast' de W'iso, le gast de Iludo, le gast de Sale et le gast de Windo, dans les lieux appelés canton do W'ise, canton de Sale, canton de IJode et canton do Windo. Ces hommes se réunirent dans trois mAls*, discutèrent avec soin toutes les causes de procès, traitèrent de chacune en particulier et décrétèrent leur Jugement en la manière qui suit. Puis, lorsqijo, avec l'aide do Dieu, Clilodwigh le chevelu, le beau, l'illustre roi des Franks, eut ro(.'U lo premier le baptême catholique, tout ce qui dans ce pacto était jugéî peu convenable fut amendé avec clarté par les illustres roin Clilodwigh, Childcber et (Ihlot» r, et ainsi fut drossé ce dc'cret :

« ]'ive le Cfirisf, qui aime les Fran/is! Qu'il garde leur royaume et remplis.se leurs chefs de la lumière de sa grâce l Qu'il ji^otège l'armée, qu'il leur accorde des signes qui attestent leur foi, la Joie, la paix, la f('licit<' î Que le Seigneur Jésus-Christ dirige dans le chemin de la piété ceux qui gouvernent ! Car cette nation est celle qui, petite en nombre, tnais brave et forte, secoua de satctc le dur Joug des Romains, et qui, après avoir reconnu la sainteté du baptême, orna somptueusement d'or et de pierres précieuses les corps des saints martyrs que les Romains avaient consumés par le feu, mutilés par le fer, ou fait déchirer par les bêtes. »

A la suite de ce préambule, qui a une vivacité toute guerrière, la Loi saliquc est exposée en 408 articles. Cette loi des premiers Francs était surtout un code pénal'. Ainsi, sur ces 408 articles, 34.'3 sont consacrés à la pénalité judiciaire, dont 77 prévoient et punissent les vols

> Gait dëtigiioil la quotité du patriurche ou du chef de la tribu. * Mal veut dire ataemblée.

3 Voir fiur l'eipril de la loi %i\\<{\X9V Inh'odMCiion ù l'étvdc hiitoriqu9 du droit coulumier^ par IIkmai Deauns.

La l'rèpoiidèrauco julT* 4

d'anininux.do la itianiôre suivante : 19, les vols de porcs; 17, les vols de clicvanx ; 1 4, los vols de taureaux, bœufs ou vaches j 0, les vols de brebis ou de chèvres ; 5, les vols de chiens, 9, les vols d'oiseaux ; T, les vols d'abeilles. La loi entre, pour chacun de ces délits, dans les plus minutieux détails. Ensuite, 1 13 articles ont rnj)port aux violences contre les personnes, dont 20 prévoient toutes les variétés de mutilation, 24, les outrag'os envers les femmes, etc. En sorte qu'il est vrai do dire que les violences et les vols, c'est-à-dire les attentats contre les jiersonnes et contre l(>s choses, forment la grande j)réc.ccupation de la Loi snlique. Elle est, il faut en convenir, un amas indig-este; elle révéh^, à chaque page, et la barbarie d'un peuple chez lequel les actes de violence ioui fréquents, et la grossièreté d'un législateur qui, faute de savoir généraliser. formule une disposition nouvelle pour chaque cas qui se présenta à lui ; mais, au demeurant, sécurité de h vie, sécurité do la j)ropriétc, voilà les deux iirincipes autour desquels se déroulent tous les articles de cette primordiale législation du jteupli» fi'anc, encore agreste et catéchumène.

Passons maintenant à la Déclaration des droits do l'homme.

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