‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 16 sur 71 · UNE'MAGIIINE DE GUERRE · texte numérisé non relu

UNE'MAGIIINE DE GUERRE

Mais cette fuiiobte nmcliino des droits do l'homme, qui donc l'a construite ? Voici deux cliapitrcs que nous en discourons sons avoir rochorché sa gonôsc ; c'est bien le moment de se demander : qui en est l'auteur ?

M vstére ! . . .

Introduite devant l'Assemblée nationale pour être vo tée et acceptée, elle n'a jamais révélé l'antre véritable où elle a vu le jour.

A l'origine des constitutions fondamentales des peuples, ou berceau des législations, on rencontre des noms qui, seml)lables o (roiitiqiir's chênes, ombragent ces législations en même temps qu'elles immortalisent leurs auteurs : auj)rès du Décologue, Moïse ; auprès de la législation d'Athènes, Selon ; delà législation de Sj)arte, Lycurgue; d».' la législation de Oelo, Minos ; de la législation romaine, Numo. Ici, rien do sembluble. Aucun nom propre, radieux, ne peut être invoqué : c'est un produit, une progéniture sur laquelle il faut inscrire cette désignation impure et sombre : Légion ! A moins qu'on ne préfère la désigner par ce dédain, tombé un jour des lèvres de Voltaire : Saime mieux obéir à un beau lion qu'à clrt'x cents rais de hion espèce !

En eflet, dans la confection de cette œuvre hybride, se sont rencontrées, à coté du patriotisme et de la bonne foi de quelques-uns, la perfidie et la conjuration d'un plus grand nombre, l'inquiétude et l'ignorauce do la plupart.

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Il y a eu des menéos et des meneurs. Voici ce que les documents nous ont permis de réunir comme authenti(|ue :

n) Aussitôt que les États prénéraux sont convoqués par Louis XVI eu 1789,1a France y envoie, outre les représentants nommés par elle, ses cahiers. Les cahiers étaient une rédaction des doléances et des vœux de la nation ; on y signalait au roi et à la réunion des députés les points qui appelaient des réformes. Il y avait les cahiers du clergé, les cahiers de la noblesse, les cahiers du tiers état, et, à cause de l'importance de la capitale, le cahier de la ville de Paris*.

Or,

A propos du besoin d'une Constitution exprimé dans un grand nombirc de ces caliiers, celui de la ville de Paris, seul, prescrit à ses représentants d'exiger, comme préambule, une déclaration des Droits de la Nation :

(( // leur est enjoint expressément de ne consentir à auci'n subside, ù aucun emprunt, que la Déclaration des droits de la Nation ne soit passée en loi ^. » Suit cette Déclaration des droits de la Nation.

Parmi les cahiers du clergé, plusieurs demandent également « qu'avant toutes choses, il soit promulgué une loi générale et fondamentale, laquelle énonce et déclare positivement les principaux droits des citoyens, des provinces, de la Nation ^ ».

' L'usage des cahiers r(>m:)iite A il5j. L«« députés du lien état m mettaient à genoux pour iei présenter au Roi; c«ux du clergé et de la noblesse restaient debout et découvert!.

I MonUeu)\ 1789, p. 216. — BccBiz kt Rotr, HUt. pxrUtntntait't d9 la Révolution fr., i. I, p. 336.

3 BucBxx rr Roux, t. I, p. Zïh.

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Il n'est donc oncoro question que des droits de la Na iiou, des citoyens, mais nullement, ou presque pas, des droits do Y homme ^.

b) Tout à coup, à cette dénomination « droits de la Nation », une autre est substituée dans le public, comme supérieure ; on demande que les Etats généraux définissent les droits « do l'homme » et du citoyen. Par conséquent, ce n'ost plus précisément un but français qu'on indique, qu'on prescrit, aux travaux do l'Assemblée : c'est un but universel, abstrait.

IVrsunno no s'y méprit : cette dénomination nouvelle était ompruntôc au Contrat social et à V Emile de Rousseau. Le philosoi)ho de Genève devenait le pontife de la Révolution. Quelqu'un a dit « qiœ le ff.enrc Junnain avait jicnlu ses titres^ et qvc Roussca" les Un a fait retroHi'i'v » ; nVst-il pas cent fois plusjuste de dire, en pensant aux belles surprises qui devaient sortir des flancs de cette machine des droits (V l'homme, « que la société française avait de fort bons liires, reconnus pour tels, et que Rousseau les lui a fait perdre » ?

cj Mais à qui attrii)uer cette transformation des « droits de la Nation » on « droits de l'homme » ? comment s'est opérée cette substitution ?

M. le comte de Glermont-Tonnerre avait été choisi pour dépouiller los cahiers dos provinces, et chargé

< Un cahier d^ la nol)le»fe en fait une vague mention. Lei dépuléi fi'iine petite localilé (CUrnxont en Deauvoui$, chef-lieu de coralé, pré» Bcauvai») furent rhargé» d'inxister « pour qu'avant tout il fût fait une déclaration des droit» des homme» qui con»lalAt leur liberté, leur» propriété», leur tùreté ». Bucutiz i^T Roux, t. I, p. 329.

d'en présenter le résumé à l'Assemblée nationale. Il fît lecture de son rapport dans la séance du 27 juillet 1789. Distribuant les cahiers en doux grandes catégories, ceux qui demandaient le maintien do l'ancienne constitution existante, avec correction des abus, et ceux (|ui désiraient une constitution nouvelle, il prononça, à propos de ces derniers, cette phrase retentissante :

« Ceux-là^ Messieurs^ ont cru que le premier chapitre de la Constitution devrait contenir la Déclaration des droits de l'homme, ces droits imprescriptibles pour le maintien desquels la Société fut établie. »

Or, quels ont été les cahiers qui ont formulé cette demande ? De quelles provinces, do quelles sénéchaussées, de quels bailliages venaient ces cahiers ? On ne l'a jamais su ; on eût été, peut-être, bien embarrassé d'en dresser la liste *. Cette substitution de la demande supposée d'une déclaration des droits do l'homme, à la demande d'une déclaration des droits do la nation ou du citoyen renfermée dans les cahiers, est une chose capital*; dans l'histoire de France. A-t-cllo été faite? Les cahiers demandaiont-ils une déclaration dos droits de l'homme, ne la demandaient-ils pas ? Qu'on le contrôle à riieure vengeresse de ce centenaire ! Monsieur le comte, si vous avez introduit cette substitution dans les cahiers d<» France, vous avez causé bien grand dommage à notre pauvre France !...

De tous les présidents do l'Assemblée qui siégèrent-

* Pourquoi M. Tbieks a-t-il jugé à propoi de rejeter dam les note», à la fin de «ou volume, le rapport de M. dk Clkrmont-Tonnirrb sur Us Cahiers, pièce pourtant si grave, si capitale?... (Voir TaïKas, Iliiloir» dt la Révofution OrançaUe, t. I, note A, p. 354 63.)

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