‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 18 sur 71 · MOUNIER · texte numérisé non relu

MOUNIER

Lo comité cliargé do jiréparer le travail do la Constitution avait nommé Mounier rapporteur du préambule, c'cst-à-diro de la Déclaration des droits. Mounier lut son rapport dans la séauco du 0 juîllot, et prépara ainsi les voies à la Fayetto qui no

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fit sa motion que le 11. Mounicr proposait la question auxdélilu'ralionsdo rAsseinblco, dans l'ordre suivant : Déclaration dos droits do riioninio; principes do la monarcliio; droits do la nation; droits du roi; droits des citoyens soua le gouvernement français. f'iVoniVffMr, n" 10.)

SIKYÏîlS

Co ct'jr'bre abbé ù l'esprit géométrique, à la manière do discuter sùcho et niélaphysiquo, fut, en réalité, le métaphysicien do la Révolution. Il trouvait les formules, que l'éloquence do Mirabeau fécondait. Membre du comité de Constitution, il y présenta un i»roJL't qui fut rejeté à cause de son obscurité métapliysiquo, mais qui, imprimé, exerça une inHuencc considérablo sur les esprits; il avait pour titre : Préliminaires de la ConstitU' iion française, suivis d'une reconnaissance et exposition des droits de lliomme, 1780. Siéyès a donc, peut-être, précédé, dans cette conception, Mounicr et la Fayette.

Le marquis do la Fayette, l'avocat Mounicr, l'abbé Siéyès appartenaient, tous trois, aux sociétés secrètes ^

cj Of'ficieîlcmcnf, avons-nous dit, ils ont été les promoteurs de la Drclaralion t/es droits devant TAssomblée nalionalo ; car il ost, aujourd'hui, parfaitement avéïé ((u'avant d'avoir été présenté aux Etats généraux, le projet de Déclaration des droits de llioiniiie avait été conçu et élaboré dans les loges des sociétés sccnUes, non seulement en France, mais à l'étranger. Les ouvrages consciencieux et révélateurs du

i DF.scnAMPS, kl Sociétés seeràtti, t. II, p. 138, 13i), 148. — Mou« nier, épouvanté par loi év^nementM de* 5 et 6 Oitobrt 17^0, donna «a déroisgion de députe, quitta la France en 1*00 et n'y revint qu'après le 18 brumaire. Il a publié, entre autres ouvrage* : De l'influenct altribut^t aux philosophes, aux p'anai-maçom, aux illuminéitiur la Révolution de France, Tubingue, 1801.

7î» UNE MACHINE DE GUERRE

P. Descliamps jettent sur ce point des lueurs irrécusables. Nous citerons deux passages :

Un jour, dans le salon du comte de Nicolai, premier pril^sident de la chambre des comptes do Paris, peu de temps après l'ouverture dos Etats gi'nérinix. une discussion s'était élevée sur la question do savoir si la France avait une Constitution : lui en fallait-il une ? l'aurait-ellc ?

Tel était le thème de la discussion, à laquelle prenaient part des députés de la droite, tels que Maury et Cazalès, des philosophes tels que la Harpe et Marraontel, et d'autres hommes moins connus. A l'écart se tenait un personnage assez silencieux d'habitude, qui passait pour appartenir aux sociétés maçonniques et en connaître les secrets. Mais pourquoi donc une constitution écrite? disaient les membres de la droite; la France en possède une que les siècles ont faite peu à peu et dont elle se trouve fort bien. L'Angleterre seule a une constitution nettement formulée, répondaient les partisans des idées nouvelles

La conversation continuait sur ce ton, quand le personnage silencieux se leva et prononça d'un ton assuré les paroles suivantes : « Nous n avons pas besoin de constitution, c'est vrai; mais nous allons en avoir une, et cette constitiction fera le tour du monde. Elle ira Jusqxi en Russie, jusqu'à Constantinopl€\ t>

L'autre passage n'est pas moins significatif;

Sous la direction du Grand Orient, à Paris, la lo^'c appelée des Amis réunis était plus spécialement chargée de la correspondance étrangère. On les appelait également philalèthes ou chercheurs de la vérité. Pour en imposer davantage au public, cette loge était devenue aussi la loge du plaisir et du luxe aristocratiques. Tandis que les frères du haut parage, avec les femmes, devenues, elles aussi, des adeptes, dansaient et chantaient dans la salle commune les douceurs de leur égalité et de leur liberté, ils ignoraient qu'au-dessus d'eux était un comité secret

• Deschamps, t. III, Notes et documents recueilli* par M. Claudio Jannbt, p, 7ft-77.

OÙ tout se pi'i'parait pour ûtendre bientôt celte ûgalil(î au delà do la logo, sur les ranga et les fortunes, sur les chAteauxot les chaumiôrcs, sur les marquis et les bourgeois.

C'était réellement au-dessus do la logo commune qu'était uno autre loge appelée le Comité secret des Amis réunis. Aussi longtemps que la fête durait ù l'étage inférieur, deux frères terl'ibles, munis do leurs épées, l'un au bas de l'escalier, l'autre auprès do la porto, défendaient l'entrée de ce nouveau sanctuaire. LA étaient les archives delà corres[)ondanoo secrète; celui même à qui tous les paquets des frères d'Allemagne ou iV Italie étaient adressés, n'avait point permission de franchir le seuil de la porte. Il ignorait le cliiffre de la correspondance ; il était simplement chargé de remettre les lettres. On venait les recevoir, et le secret restait au comité

Au moment de l'ouverture des Etats généraux, tous les conveiits de la maçonnerie furent convoqués à Paris par ce comité directeur. On y traita de travaux que la prudence avait défendu de confier au papier, et moins encore d l'impression Les cahiers de 1789 avaient apporté aux Etats généraux l'expression de l'attachement des provinces ;\ la foi catholique et au gouvernement monarchique. Les loges réunies prirent leur revanche delà rédaction de ces cahiers'

ej Enfin, lorsqu'après avoir été préparée, rédigée dans les loges, la Déclaration des droits de Vhomme fut portée devant l'Assemblée nationale, là, encore, l'action maçonnique se fit sentir. Des débats houleux eurent lieu ; durant ces débats « le peuple par des refus d'impôts, la populace par des crimes, les démagogues des districts par des motions désorganisatrices, traduisaient à leur façon les droits de l'homme, discutés à l'Assemblée nationale. Sur trente bureaux de l'Assemblée, vingt-huit les avaient rejetés. On les adopta dans

* Dksobamps, leaSoc.tecr., t. II, p. 115-17, p. 137-8. Le comité eecrei de ces loges était présidé par Tabbé Siéyès (p. 138).

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