LES HÉSITATIONS DE L'ASSEMBLEE
Un de leurs historiens les plus complets n'a pas cru devoir cacher cette manœuvre. « Fatigués, dit-il, par les mille et inutiles eflbrts qu'ils avaient tentés pour obtenir les droits civils, ifs imaginèrent «n dernier moyen. Voyant qu'il était impossible d'obtenir, par la raison et le bon sens, ce qu'ils appelaient leurs droits, ils résolurent de forcer V Assemblée nationale à ap ■ prouver leur émancipation... Ils ne savaient que trop que l(î pouvoir n'était plus entre les mains de l'Assemblée, mais dans celles des divers partis do la capital', qui, dans leur zèle révolutionnaire, dominaient tout, le roi, l'Assemblée, le pays entier ! C'est donc à eux que s'adressèrent les juifs de Paris, de l'Alsace et de la Lorraine*. »
L'aveu peut- il être plus formel ?
Mais, pour une page aussi grave que celle que nous écrivons, la Providence a eu soin de nous fournir des renseignements et des témoignages irréfragables.
Il y a un homme qui est resté à peu prés inconnu devant l'histoire, et qui, cependant, alors que la cause de l'émancipation semblait enrayée pour un temps indéfini, a tout brusqué, tout décidé, tout emj)orté : c'est l'avocat Godard. On le désignait à Paris, en 1791, sous cette dénomination : le jeune avocat des juifs.
Or, la Providence a permis qi'.c son portefeuille concernant les juifs, ses papiers d'avocat dévoué à leur cause, soient tombés entre nos mains. C'est à Marseille que nous avons fait, il y a vingt- cinq ans, cette décou • verte; elle est vraiment précieuse, puisqu'elle nous per-
1 OlARE, t XI, p. in.
La Pripondèrftnc« jhîv*. 13