‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 48 sur 71 · W. PHASE JACOBINE · texte numérisé non relu

W. PHASE JACOBINE

Voici le chapitre à charge contre les juifs I... Nous eussions voulu, en l'encadrant de noir, exprimer la peine que nou> avons éprouvée à l'écrire.

Sans être tous honorables, les moyens auxquels nous les avons vus recourir, la supplication de leurs requêtes, l'insinuation auprès des présidetits, la conclusion, parfois arrogante, qu'ils tiraient de la Déclara^ tion des droits, même, dans une certaine mesure, l'emploi de l'or, étaient movensjubtifiablos ; mais le recours à la Commune et aux faubourgs vient constituer un détour illicite et une phase de jacobinisme. Pure dans le cabinet de Louis XVI, troublée devant la Constituante, la question juive va devenir fangeuse avec la Commune. Les habitudes dissimulées d'une race maltraitée et avilie, les lenteurs de l'Assemblée nationale, la confusion et le désarroi qui commençaient à régner partout, enfin la crainte où étaient les demandeurs de voir leur requête définitivement repoussée après deux années d'instance et d'ajournement, expliquent ce recours détourné, sans l'excuser.

Notre plus grande tristesse a été d'y rencontrer Gerfberr.

Israélite aux mœurs patriarcales et dévoué à l'affranchissement de ses frères, brûlant du désir de leur faire

RECOURS A LA COMMUNE i»7

partager le sort libre et heureux qu'il doit â la munificence de Louis XVI, il a successivement intéressé à leur cause, dans des démarches infatigables, Malesherbcs et les ministres du roi, Mirabeau et les présidents de la Constituante, Grégoire et certaines consciences hésitantes : c'était assez I

Il devait borner là ses démarches.

Pourquoi faut-il que nous le rencontrions au numéro DC de la rue des Blancs-Manteaux, en conciliabule avec l'avocat Godard * ?

Ces entrevues sont indéniables. Nous avons trouvé les trois lettres qui suivent dans le portefeuille do Godard ; nous les donnons avec les fautes d'orthographe et les locutions embarrassées qui trahissent le séjour du Ghetto et l'emploi du jargon judéo-alsacien.

Première lettre :

iV. Théodore Cerfherr a ihonneur de souhaiter le bonjour à M. Godard. Comme il est convenu lundy dernier avec vous que vous vous donneriez la peine d'y passer chez lui Samedy soir avec son mémoire pour y conférer ensemple, il vous prie donc de lui faire savoir si vous voudrai venir demaine soir à 6 heures ; il fera en conséquence avertir Messieurs les juifs de Paris.

Ce i4 janvier 90.

Je vous prie de me faire savoir une réponte.

' L«s lettres adresiées k Godard, cootervées au milieu de •«• papieri, portent toutes cette indication de rue et de numéro. La rue de la Vieille - Par cheminer ie prit, vert l'an 1257, lenomderuedei i^/an05-A/anr«auj? A cause du costume des Servîtes ou iervitevre de la Vierge qui s'j établirent. Elle existe encore à Paria avec c«tte dénomination. Un certain nombre de ramiliei juives y habitaient «o 1789. Oodard avait donc élu domicile en plein quartier juif.

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