‹ La prépondérance juive, d'après des documents nouveauxChapitre 63 sur 71 · C4 LA JOURNÉE · texte numérisé non relu

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christianisme, les rois chrétiens et les Souverains Pontifes ont veillé à ce qu'on tînt à l'écart les êtres dangereux signalés par le prophète.

Mais il y a une autre interprétation selon la miséricorde, également vraie : Faites sortir, dans le sens d'anicnr^-mni^'j faites-les sortir de leurs quartiers à part, de Imirs sombres ruelles, où ils étaient parqués;

Cette interprétation trouve sa justification dans la journée du 27 septembre 17t)l : en effet, les voilà qui sortiMit !

Mais, qui les amène ? car ils sont toujours aveugles et sourds, et l'ordre donné par la Providence do les faire sortir s'adresse à un tiers ;

Au bas (lu décret émancipateur, porté. le 27 septembre par l'Assemblée constituante, se trouvent deux noms (qu'on n^lise ce décret, \). 245-0) :

Il y a l(^ nom de Louis XVI;

11 y a aussi celui du jacf>])in Duport;

Avec Louis XVI, c'est le christianisme qui guidait auprès de la Providence le vieux peuple sourd et aveugle, au sortir de ses quartiers à part. Le monarque chrétien avait entrepris cette sortie, et la marche commençait quand, tout à coup, la Révolution, par le jacobinisme, s'est substituée à l'action royale, et c'est en réalité le jacobin Duport qui les amène !

Nous avons, dans notre premier ouvrage sur V Entrée

i Cette interprëtotion «st développée par Duguet, en termes éloquents et touchsDts, dans son Traité des principei de îa foi chrétienne, II' partie, chapitre xvi. — Elle peut être parfaitement soutenue, car parmi le» différents sent donnés au magnifique quarante-troisième cha* pitrd d'iMtid, il y a celui de li conrertion des juirs, et Pinterpr^tatioa de Du^et se relie très bien au contexte.

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des Israélites, émis cette pensée : que l'Enfer, lorsqu'il soupçonnera qu'approchent les temps do miséricorde pour les restes d'Israël, s'efforcera de rendre ces restes ] impiopres aux desseins de Dieu * ; •

Or, c'est dans cette journée du 27 septembre que commence à apparaître, avec un éclat terrible, son interposition infernale. La Providence a donné l'ordre do faire sortir de son isolement le vieux peuple en retard et en réserve. On aurait pu espérer que soit un Souverain Pontife, soit, du moins, un roi très chrétien aurait été auK^né par les circonstances à prendre la tète d'un si beau mouvement; mais non, c'est la satanique Révolution qui vient dire à la Providonce, avec un rican(Mnent qui n'est pas imaginaire : C'est moi qui tôles amène! Et tu t'en serviras, si tu peux, après qu'ils auront passé ])ar l'éducation que je leur donnerai...

0 divine et imjiénétrable Providence, vous acco})tez ces aveugles et sourds volontaires avec leur esprit hostile à l'Eglise, vous les acceptez des mains de la Révolution, qui les amène. Mais un jour le monde constatera que ce n'est pas à vous, ô divine Providence, mais bien à la Révolution impie qu'était réservée cette immense déception qui clôt toutes les entreprises de l'Esprit de ténèbres: Erravimus', nous nous sommes trompés en les émancipant 1

t VEntrét des Israélites, p. 300, 303-4. * Livre de la Sageist, chap. v, 6.

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Israélito dovoim catholiquo, profondômont dévoiiô à la vérité soit rcligiouso soit historique, nous avons (lîl juger sévèromcnt cette époque de 1789 à 1701, déplorant l'orgueil d'une Assemblée qui, idolAtre de la raison humaine, voulut recommencer la société eu dehors du christianisme; déplorant, réprouvant l'exal tation sacrilège des droits de l'Iiommo sur l'abaissement des droits de Dieu; déplorant, réprouvant mille fois cette coïncid(Mice, i)artieulièrement douloureuse, du renvoi de Jésus-Christ en regard du raj)pcl des Juifs.

A ce point de vue, aucun remerciement n'est possible pour les législateurs de 1791 : ils eussent mieux fait d'épargner Jésus -Christ et de nous laisser dans nos ruelles!...

Mais écartant les nuages de l'impiété révolutionnaire, il est permis à la reconnaissance d'aller droit au cœur delà France; et alors, merci, oh! merci à ce cœur qui fut l'instrument miséricordieux de notre délivrance et de notre réhabilitation l

0 France, tu as pu être le jouet de fatales erreurs et commettre de grandes fautes ; mais il y a des résolutions magnanimes que, toi seule, tu oses concevoir, des entreprises désintéressées que, seule, tu es en état d'accomplir. Seule, tu peux, à un certain jour, prendre en

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main la causer commune et combattre pour elle. Seule, tu as délivré les opprimés!... Semblable à un nautonnier battu sur l'océan des siccl-os, le malheureux juif tremblant ne pouvait aborder nulle part. Mais un jour, lu as dit : Pitié. A ce moment il a crié : Terrr, terre, en attendant qu'il criât : Jésus! Jésus!

0 France, si, àdifrércntes époques de ton histoire, tu nous as bannis de ton territoire, tu as été également, pour nous, le premier sourire de la Providence longtemps courroucée qui laisse tomber enfin son courroux, C'est toi qu'elle a chargée d'annoncer la paix aux restes humiliés de Jacob; c'est toi peut-être qu'elle chargera de les rappeler un jour de tous les points de la dispersion ! Sur ton territoire, h) pauvre Juif Errant a donc reçu permission d'arrêter sa marche vagabonde; et c'est dans ton sein qu'il a r(>lrouvé ce qut^lque cliose de fixe qui porte ce iu)m si doux : Unn demenrcl Merci donc â toi, ô noble pays d(î France; vX merci à vous, enfants de la France, qui, les premiers entre tous les peuples, nous avez tendu la main, qui nous avez regardés comme des hommes, et qui nous avez dit do nous asseoir et de nous fixer chez vous. Ahl si la prière et la bénédiction du pèlerin portent toujours bonheur, ô France, notre bénédiction, la bénédiction du pèlerin des siècles, est sur toi...; sur toi, afin quêtes familles et tes cités redeviennent prospères; sur toi, afin que Dieu to délivre de tout mal intérieur, et te récompense de nous avoir aimés; sur toi, afin qu'à ton tour, pour la demeure que tu nous a donnée, tu demeures, ô France, tu ne disparaisses jamais, mais que tu demeures ;

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et que cette parole d'un affranchi comme nous soit vraie jusqu'à la fin dos siècles : Tout homme a deux patries : la sienne ^ et la France^ l

i Eil« fut prononcée p»r JeffeMon lorsqu'il quitUit !«• c6lei de Frtnc* •prés trair obtenu de Louis XVI la reoonnaiiMnre de l'indépendance américaine.

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