‹ La prépondérance juive (volume 2)Chapitre 11 sur 35 · SIÉYÈS · texte numérisé non relu

SIÉYÈS

Ce célèbre abbé à l'esprit géométrique, à la manière de discuter sèche et métaphysique, fut, en réalité, le métaphysicien de la Révolution. Il trouvait. les formules, que l'éloquence de Mirabeau fécondait. Membre du comité de Constitution, il y présenta un projet qui fut rejeté à cause de son obscurité métaphysique, mais qui, imprimé, exerça une influence considérable sur les esprits; il avait pour titre : Préliminaires de la Constitution française, suivis d'une reconnaissance et exposition des droits de l'homme, 1789. Siéyès a donc, peut-être, précédé, dans cette conception. Meunier et la Fayette.

Le marquis de la Fayette, l'avocat Moiinier, l'abbé Siéyès appartenaient, tous trois, aux sociétés, secrètes ^

i') Officiellement, avons-nous dit, ils ont été les promoteurs de la Dcclaralioii des droits devant l'Assemblée nationale ; car il est, aujourd'hui, parfaitement avéré qu'avant d'avoir été présenté aux Etats généraux, le projet de Déclaration des droits de r/iomme avait été conçu et élaboré dans les loges des sociétés sec7-'èies, non seulement en France, mais à l'étranger. Les ouvrages consciencieux et révélateurs du

1 Deschamps, les Sociétés secrètes, t. II, p. 138, 139, 148. — Meunier, épouvanté par les événements des 5 et 6 octobre 17^9, donna sa dénoission de député, quitta la France en 1790 et n'y revint qu'après le 18 brumaire. Il a publié, entre autres ouvrages : De Vinfluence attribuée aux philosophes, aux /'rancs-marons, aux illuminés, sur la Révolution de France, Tubingue, iSOl.

P. Deschamps jettent sur ce point des lueurs irrécusables. Nous citerons deux passages :

Un jour,- dans le salon du comte de Nicolaï', premier président de la chambre des comptes de Paris, peu de temps après l'ouverture des Etats généraux, une discussion s'était élevée sur la question de savoir si la France avait une Constitution : lui en fallait-il une ? l'aurait-elle ?

Tel était le thème de la discussion, à laquelle prenaient part des députés de la droite, tels que Maury et Cazalès, des philosophes tels que la Harpe et Marmontel, et d'autres hommes moins connus. A l'écart se tenait un personnage assez silencieux d'habitude, qui passait pour appartenir aux sociétés maçonniques et en connaître les secrets. Mais pourquoi donc une constitution écrite? disaient les membres de la droite; la France en possède une que les siècles ont faite peu à peu et dont elle se trouve fort bien. L'Angleterre seule a une constitution nettement formulée, répondaient les partisans des idées nouvelles

La conversation continuait sur ce ton, quand le personnage silencieux se leva et prononça d'un ton assuré les paroles suivantes : « Nous n avons pas besoin de constitution, c est vrai; mais -nous allons en avoir icne, et cette constitution fera le tour du monde. Elle ira jusqu'en Russie, jusqu'à Constantinople\ »

L'autre passage n'est pas moins significatif :

Sous la direction du Grand-Orient, à Paris, la loge appelée des Amis réunis était plus spécialement chargée de la correspondance étrangère. On ks appelait également philalèthes ou chercheurs de la vérité. Pour en imposer davantage au public, cette loge était devenue auîssi la loge du plaisir et du luxe aristocratiques. Tandis que les frères du haut parage, avec les femmes, devenues, elles aussi, des adeptes, dansaient et chantaient dans la salle commune les douceurs de leur égalité et de leur liberté, ils ignoraient qu'au-dessus d'eux était un comité secret

1 Deschamps, t. III, Notes et documents recueillis par M. Claudio J AN NET, p. 76-77.

OÙ tout se préparait pour étendre bientôt cette égalité au delà de la loge, sur les rangs et les fortunes, sur les châteaux et les chaumières, sur les marquis et les bourgeois.

C'était réellement au-dessus de la loge commune qu'était une autre loge appelée le Comité secret des Amis réimis. Aussi longtemps que la fête durait à l'étage inférieur, deux frères terribles, munis de leurs épées, l'un au bas de l'escalier, l'autre auprès de la porte, défendaient l'entrée de ce nouveau sanctuaire. Là étaient les archives de la correspondance secrète ; celui même à qui tous les paquets des frères d' Allemagne ou ({'Italie étaient adressés, n'avait point permission de franchir le seuil de la porte. Il ignorait le chiffre de la correspondance ; il était simplement chargé de remettre les lettres. On venait les recevoir, et le secret restait au comité

Au moment de l'ouverture des États généraux, tous les convents de la maçonnerie furent convoqués à Paris par ce comité directeur. On y traita de travaux que la prudence avait défendu de confier au papier, et moins encore à l'impression Les cahiers de 1789 avaient apporté aux Etats généraux l'expression de l'attachement des provinces à la foi catholique et au gouvernement monarchique. Les loges réunies prirent leîcr revanche delà rédaction de ces cahiers'

ej Enfin, lorsqu'après avoir été préparée, rédigée dans les loges, la Déclaration des droits de V homme fut portée devant l'Assemblée nationale, là, encore, l'action maçonnique se fit sentir. Des débats houleux eurent lieu ; durant ces débats c( le peuple par des refus d'impôts, la populace par des crimes, les démagogues des districts par des motions désorganisatrices, traduisaient à leur façon les droits de l'homme, discutés à l'Assemblée nationale. Sur trente bureaux de l'Assemblée, vingt-huit les avaient rejetés. On les adopta dans

1 Deschamps, les Soc. secr., t. II, p. 115-17, p. 137-8. Le comité secret de ces loges était présidé par l'abbé Siéyès (p. 138).

la discussion publique, sous le coup des menaces des tribunes *. »

De l'ensemble de tous ces documents, ne tombe-t-il pas une lumière abondante sur la manière dont s'est formée la Déclaration des droits ? Avions-nous tort de penser qu'elle avait été façonnée à l'instar d'une machine de guerre? Ces complots de rédaction, ce travail dans les loges, ces menaces qui partent des tribunes, comme tout cela rappelle bien le sourd bruit des armes qui retentit dans les flancs du cheval de bois quand il fut introduit dans l'enceinte de la citadelle :

Qiiater ipso in limine portx Substitif, alque utero sonitum quater orrna dedere.

Il reste, toutefois, un point à éclaircir : les juifs ontils participé à la confection de cette machine des droits?

Qu'une influence directe, venant des juifs, se soit fait sentir dans la rédaction des droits de l'homme, à coup sûr, non ;

Mais qu'il soient parvenus à une influence indirecte, c'est possible;

11 n'y a pas de preuves formelles^ mais voici des présomptions :

a) Il semble que quelques-uns d'entre eux aient eu connaissance de ce qui se préparait, puisque, dès la fln de 1787, l'Israélite Gerfbepr (le meneur du siège de Strasbourg^), que nous verrons bientôt reparaître en scène,

1 PouJOULAT, Hist. de la Révolution française.

2 Voir l'Entrée des Israélites dans la Société française, livre I<'r, chapitres vi et \n.

Note importante. — Dans notre livre : l'Entrée des Is^-aélites dans la Société française, le nom de Cerfbeer se trouve écrit avec deux e et

ENTRE LES MAINS DES JUIFS ^l

s'exprimait en ces termes, clans une requête adressée à Louis XVI : « Le suppliant espère qu'une loi publique NE LAISSERA PLUS AUCUN PRÉTEXTE màla cille de Strasbourg, ni à aucune autre ville, de traiter avec tant de rigueur une nation malheureuse, et qu'il ne faudra plus de grâce particulièi^e pour que les juifs puissent être au nombre des sujets de Votre Majesté. » La requête se terminait, vers la fin, par ces mots : « Un juif est plus lioiiime encore qu'il n'est juif ^. »

Cerfberr était il au courant de la thèse des droits de l'homme par la lecture des livres de Rousseau, ou bien par ses relations avec plusieurs des principaux chefs de la Révolution ? Les documents que nous apportons dans les chapitres qui suivent nous font incliner davantage vers la seconde hypothèse.

bj Les liaisons des juifs avec les sociétés secrètes commençaient à devenir très étroites -. 11 y a cela de particulier que ce fut surtout la loge des PJnlalèt/ies ou Amis réunis qui dirigea, dans la capitale, le mouvement révolutionnaire de 1789; nous venons de l'établir dans les pages précédentes, d'après le P. Deschamps. Or, il se pourrait que cette secte des P/tilalèihes ait eu, sinon une origine juive, du moins une inclination très [»rononcée, dès sa formation, pour la gent circoncisée^.

ua )■. Une légère modification doit être apportée. Des lettres autographes du personnage, trouvées depuis, établissent ainsi récriture de son nom : Cerfbebr.

* Archives nationales, 0*, 610,

2 Voir YEntrée des Israélites dans la Société française, livre III, chap. VI, § 4 et 5.

3 « Dans la seconde moitié du xviiie siècle, un personnage dont le vrai nom est inconnu, mais qui se fait appeler Eyrénée Phiialéthe, parcourt la France, l'Angleterre, la Hollande, l'Amérique, parlant d'une nouvelle

La Préi)Ondèi-ance juive. C5

De plus, cette loge des Pldlalèthes ou Amis réunis avait l'attribution de la correspondance avec l'étranger, avec les frères d'Allemagne, d'Angleterre, etc. Un des frères les plus en relief et des plus écoutés en 1789, est Dohm, de Berlin ; Dohm qui a écrit, en 1781 , le livre De la réforme de la situation politique des juifs, dont nous avons dit « que ce livre a été, dans son influence occulte, le pendant du Contrat social de Rousseau^». Toute la théorie de l'humanitarisme ou des droits de l'homme y est étalée par avance. Ce point est capital. c) Enfin (chose qui n'a pas été assez remarquée), le vœu exprimé dans les Cahiers de 1789, surtout dans ceux de la ville de Paris, était, ainsi que nous l'avons rapporté plus haut, une déclaration des droits « de la Nation » ou c( des citoyens » . Pourquoi donc le vœu d'une déclaration plus générale des droits « de l'homme » est-il venu tout à coup prendre la première place ? Y aurait-il témérité à penser que la cause des juifs ne fut pas absolument étran gère à cette substitution ? De puissants amis, comme Glermont-Tonnerre, Mirabeau et Grégoire, n'allaient-ils pas pouvoir l'introduire à la faveur de cette voie détournée? En effet, il est remarquable que, si la question avait été maintenue dans les termes primitifs, « droits de laNation, dés citoyens )S les juifs n'avaient rien à y voir, rien à réclamer. Ils n'eussent pas été admis à réclamer, surtout

religion humanitaire qui doit s'établir. Sesécritsont une teinture judaïque très prononcée. Ce n'est évidemment pas sans une certaine relation antérieure que celte appellation de Philatèthe est prise au commencement du XYiii'î siècle par le groupe de l'Anglais Toland (très favorable aux juifs) et plus tard par les éléments les plus avancés des autres sectes. » (Deschamps, les Sociétés secrètes, t. III, p. 35.) 1 Voir VEntrée des Israélites, etc., livre III, chap. vu, § 4.

avec l'insistance que nous dirons, le bénéfice des droits, n'étant ni citoyens ni originaires de la nation française. Ils eussent été, facilement, déboutés de leur demande.

Telles sont les raisons pour lesquelles il ne serait pas tout à fait improbable qu'ils aient été indirectement mêlés à la construction de la funeste machine. Toutefois, en dehors de ces présomptions, on ne peut rien affirmer. Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'avec leur perspicacité habituelle, ils comprirent du premier coup le profit qu'ils allaient pouvoir tirer de la retentissante Déclaration. En résumé:

Les Grecs construisirent eux-mêmes le cheval de bois, et s'y cachèrent pour surprendre les Troyens ;

Les juifs assistent à la construction des Droits de l'homme, y poussent peut-être, et quand elle est terminée, s'y embusquent, et vont surprendre tous les pays.

Quoique dangereuse en elle même, la Déclaration des droits aurait pu, cependant, ne pas devenir machine de guerre retournée contre la société, si l'on avait pris des précautions. Mais, précisément, les précautions les plus élémentaires ont été négligées. L'infortunée ville de Troie est toujours le type d'une pareille légèreté. Seulement, à Troie, on n'a été que léger ; en France, la néghgence a été criminelle.

En effet, parmi ces précautions, deux s'imposaient ; or, non seulement elles n'ont pas été prises, mais on a eu bien soin de ne pas les prendre.

La première était l'idée de devoirs à rappeler à côté de celle des droits. L'une ne va pas sans l'autre. Même, la philosophie et la morale sont d'accord pour enseigner que la notion du devoir précède la notion du droit. La première est plus simple, la seconde, plus complexe. A tout droit correspond un devoir, mais à tout devoir ne correspond pas un droit.

Si l'on avait pris cette précaution, si une déclaration des devoirs avait, au moins, accompagné celle des droits, le passage était barré aux juifs. En effet, comme l'observe très judicieusement V Histoire parlementaire de la Révolution française : c( Supposons qu'au lieu de sa Déclaration, l'Assemblée nationale eût proclamé le principe qui fut de tout temps l'origine des organisations sociales, savoir : Tout druit émane d'un devoir, combien différente eût été sa carrière ? Alors, aux opposants, quels qu'ils fussent, on eut demandé quels devoirs ils accomplissaient . — Aucun, auraientils répondu. — Vous navez donc pas de droits^. » Quels devoirs accomplissez -vous? aurait-on, pareillement, demandé aux juifs. — Aucun, auraient-ils répondu. — N'exigez donc pas des droits; attendez qu'on vous les octroie avec mesure. On les arrêtait!

Cette sauvegarde qu'apportait la notion du devoir n'a nullement échappé à un certain nombre de députés de l'Assemblée nationale, même des plus enthousiastes -.

i Bûchez etRoux, His. parlera, de la liécol. fr,, t. III, préface, p. 3.

2 L'abbé Grégoire fut de ce nombre. Il dit à la tribune : « Il est principalement essentiel de faire une déclaration des devoirs, pour retenir les hommes dans les limites de leurs droits ; on est toujours porté à les étendre; et les devoirs, on les néglige, on les méconnaît, on les oublie. Il faut établir un équilibre, il faut montrera Tliomme le cercle qu'il peut

Dans la séance (du matin) du 4 août 1789 qui fut extrêmement tumultueuse, un député, M. Camus % ayant proposé d'ajouter le mot devoir à la Déclaration des droits, la salle retentit tout à coup d'applaudissements partis du côté du clergé, tandis qu'un véritable ouragan sortait des rangs de l'opposition, L'évêque de Chartres, alors, se lève, obtient difficilement le silence, mais peut enfin prononcer ces paroles : a S'il faut une déclaration des droits, il y a un écueil à éviter. On court risque d'éveiller l'égoïsme et l'orgueil. L'expression flatteuse de droits doit être adroitement ménagée ; on devrait la faire accompagner de celle de devoirs qui lui servirait de correctif. » Le clergé tout entier renouvelle ses applaudissements. Des cris, des trépignements partent d'ailleurs. Le président met aux voix la proposition de M. Camus, comme amendement à la question principale. L'amendement est rejeté par 570 voix contre 433 ^.

C'en est fait, les juifs pourront passer : il n'y a plus rien, dans la Déclaration, qui puisse les arrêter.

Le clergé, seul, avec le jurisconsulte Camus, eut souci de l'avenir !

Une autre précaution, plus élémentaire, plus importante, la plus importante de toutes, fut encore négligée, sciemment, volontairement, par l'Assemblée constituante

parcourir, et les barrières qui peuvent et doivent Tarréter. Beaucoup ont soutenu la thèse contraire; je ne suis pas de leur avis, et je crois que la dé-^-laration des droits est ingéparable de celle des devoirs. » (Moniteur, 1789, n" 33)

1 M. Camus, jurisconsulte, députe de Paris aux États généraux, était janséniste oi)iniàtre, mai?, du reste, homme intrépide et d'une probité sans égale. Il fut peut-êre l'homme politique le plus honnête de la Révolution. (Dictionn. de Drzohry.)

■i Moniteur, no ,?3. — Hist. parlem. de la RévoL, t. II, p. 221-222.

d'abord, et, dans la suite, par les gouvernements, tous sans exception, qui devaient, hélas ! se succéder dans la voie révolutionnaire. Cette coupable omission, nous la rappellerons plus d'une fois au cours de notre récit, parce qu'elle a été la faute capitale qui a accompagné la Déclaration des droits de l'homme. Elle doit s'énoncer ainsi :

Tandis que cette Déclaration des droits va introduire et implanter les juifs comme citoyens au milieu des populations de France et d'ailleurs, chez ces populations la foi chrétienne n'est nullement protégée par les gouvernements ; et non seulement elle n'est pas protégée, mais elle est battue en brèche et enlevée aux populations par la plupart des gouvernements.

Voilà qui dépasse tout ce qui se peut imaginer en ineptie et en trahison !

Les Trojens ne se sont pas livrés eux-mêmes, ils n'ont pas, non plus, jeté leurs armes à l'aspect des Grecs qui, des flancs du sinistre cheval et des portes ouvertes, débouchaient de toutes parts. Ah ! certes, non, ils n'ont pas jeté leurs armes. Et aux populations de France, les gouvernements retirent les armes, l'arme par excellence : la foi ; ils les livrent désarmées !

Quand Troie était en feu, l'infortuné mais vaillant Hector, apparaissant à Enée, a pu lui dire : Si Troie pouvait être défendue par le bras d'un mortel, ce bras r eût défendue!... Cette iîère justification, bien peu de gouvernements, depuis 1789, auront le droit de la répéter, en face des hordes menaçantes du socialisme ou des tribus envahissantes du judaïsme : car leur bras, au lieu de garantir les populations, leur a arraché le bouclier de la foi ! La preuve en est accablante :

Déjà, la Déclaration des droits de l'homme était, par V élimination du nom du Christ, impie, funeste, dangereuse ;

Déjà, le rejet de l'énoncé des devoirs à côté de l'énoncé des droits, la rendait plus dangereuse encore ;

Mais qu'on ait joint, à ces deux imprudences, l'entreprise, arrêtée, calculée chez les uns, permise, acceptée par les autres, d'enlever la foi chrétienne aux populations au miUeu desquelles ce monstre de machine de guerre était introduit, ah ! c'était la plus détestable trahison en même temps que la plus incroyable ineptie. Les hébreux seront les maîtres, à bref délai, de ces populations désarmées. Eh quoi! sijamais la foi avait été nécessaire aux populations, n'était-ce pas au moment où les juifs allaient se trouver mêlés à elles, épiant leurs mœurs, leurs croyances, prêts à profiter des moindres défaillances, et les provoquant même ! Si jamais la foi aurait du être non seulement protégée, mais corroborée, augmentée par les gouvernements, n'était-ce pas au moment où ils donnaient aux Français les juifs pour concitoyens ? Car, n'est-ce pas, avant tout, parla foi que les Nations sont devenues supérieures aux juifs ? Si l'on s'en tient aux simples forces de la nature, elles leur sont inférieures sous plusieurs points essentiels : elles n'ont pas leur vitalité, leur adresse, leur finesse, leur ténacité, leur entente, leur durée. C'était donc le moment, ou jamais, de bronzer leur antique foi chrétienne : cette foi qui, divinement ajoutée à leurs qualités naturelles, leur avait fait produire, dans toutes les sphères de l'activité humaine, des prodiges, des merveilles dont les juifs eux-mêmes avaient été stupéfaits et jaloux. Mais, par contre, leur

retirer cette foi, ouvrière des g-randes choses, au moment où les juifs vont devenir leurs émules dans la vie civile, n'était-ce pas les préparer à devenir leurs inférieures, et à passer sous leur joug? Eh bien, c'est à ce dernier parti que se sont ralliés tant de gouvernements! Jésus-Christ est déjà rayé de la nouvelle Constitution française ; on va bientôt, en 93, briser les croix, fermer les églises, égorger les prêtres ; dans la suite, les gouvernements poursuivront, sous une forme ou sous une autre et d'étape en étape, l'amoindrissement de l'Eglise, la disparition de l'Eglise ; et c'est dans de telles conditions qu'on dit aux juifs : Entrez, tous les droits civils vous appartiennent ! Ineptie, trahison ! On se plaindra qu'ils deviennent les maîtres, qu'ils le sont ; on a tout fait pour qu'ils le soient ! En même temps qu'on les introduisait au sein de la généreuse France, on lui arrachait la foi, bouclier de sa poitrine ! . . .

Un dernier trait achève la ressemblance entre le sac de Troie et celui qui menace la société française. Ce dernier trait de ressemblance, Virgile l'a aussi tracé de main de maître. Nous ne l'avons pas mentionné dans les vers du poète rapportés plus haut, le tenant en réserve pour un relief particulier, plus saisissant par cela même. C'est l'épisode des serpents qui enlacent Laocoon et ses fils.

Laocoon, prêtre de Neptune, avait été le seul à soupçonner le piège des Grecs et à blâmer l'imprudence des Troyens. 11 avait même lancé un javelot dans les flancs du monstre. Le dard s'était fixé en frémissant et les cavités profondes avaient rendu un sourd gémissement. Tout à coup, un spectacle terrible vient frapper les yeux des malheureux Troyens et jeter dans leurs cœurs un trouble imprévu.

Laissons parler Virgile - :

Voici que deux serpents, venus do Tênédos (je frissonne à ce récit), traversent les flots tranquilles, alloyigent sur la mer leurs immenses anneaux et se dirigent de front vers le rivage.

On voit leurs poitrines se dresser au milieu des vagues et leurs crêtes sanglantes dominer la mer, tan ■ dis que le reste de leurs corps se traîne en effleurant

Ecce autem gémi ni a Tenedo tranquilla per alla (Uorresco referensi immensis orbibus aiigues Incumbuat pelago, pariterque ad littora tendunt ; Pectora quorum inter fluctus arrecta, juboeque Saaguineœ exsuperaat undas ; pars cetera pontuin Pone legit, siuuatque inimensa volumine terga. Fit sonitus spumante salo. Jamque arva tenebaat, Ardentesque oculos sufFecti sanguine et igni, Sibila lambebant linguis vibrantibus ora. Diffugimus visu exsangues ; i'ii agiuine certo Laocoonta petunt : et priinum parva duorum Gorpora natorum serpens amplexus uterque Implicat, et iniseros morsH depascitur arcus ; Post ipsuin auxiiio subeuntem ac tela ffrentem Gorripiunt, spirisque ligant ingentlbus; et jani Bis médium amplexi, bis collo squamea circum Terga dati, superant capite et cervicibus altis. nie simul nianibus tendit divellere nodos, Perfusns sanie vittas atroque veneno ; Glamores simul horrendos ad sidéra tollit : Quales mugilus, fugit quum saucius aram, Taurus, et incertara etcussit cervice secarim.

la plaine liquide et que leurs croupes se replient en une énorme spirale. Uonde amère écume et retentit.

Déjà, ils touchaient la terre, et, les yeux rouges de sang et de feu, ils dardaient leur langue et se léchaient la gueule en sifflant. Nous fuyons à cette vue. le cœur, glacé d'effroi.

Eux, sans hésiter, vont droit à Laocoon ; et d'abord, l'un et l'autre serpents, embrassant les faibles cotys de ses deux fils, enlacent leurs victimes et en déchirent les misérables membres. Puis, comme Laocoon volait à leur secours, les armes à la main, ils le saisissent aussi et Vétreignent de leurs longs replis,; déjà, deux fois, ils ont enlace son corps par le milieu, et deux fois rovlé autour de son cou leur croupe écailleuse ; ils le dépassent encore de leur tête et de leur encolure élevée.

Lui, tout couvert de leur bave et de leur noir venin qui souille ses bandelettes, s'efforce, avec les mains, de s' arracher à leurs étreintes, et, en même temps, il pousse vers le ciel des cris épouvantables ; tel mugit un taureau, qui, blessé au cou, s'est enfui de l'autel, et a secoué la hache mal assurée.

Au récit poignant de Virgile, la sculpture antique a voulu ajouter, sous le ciseau d'emules de Phidias, une représentation plus poignante encore. Il y a, à Rome, le célèbre groupe de marbre qui' exprime la longue agonie de Laocoon avec ses enfants. Quiconque Ta vu, en rap-

porte une impression ineffaçable. On n'oublie plus cette agonie d'un père se débattant avec ses fils contre les replis des serpents. 0 cette tête redressée et souffrante de Laocoon,je la vois encore ! Et puis ce bras désespéré qui se tient en l'air pendant que l'autre retombe, arrêtés dans leurs efforts par les formidables anneaux des reptiles : c'est vivant, c'est poignant, on voudrait voler à leur secours !

En considérant ce marbre pathétique, je me suis dit : c'est la situation de la pauvre société moderne;

Tandis que, delà Déclaration des droits de l'homme semblable au repaire des Grecs, de terribles surprises vont sortir : la hideuse maçonnerie, dont les replis ne rappellent que trop ceux des serpents de Laocoon, va enlacer la société française. Tout ce qui est père, tout ce qui se rattache à ce glorieux rôle de la paternité dont Dieu lui-même est le principe, sera compris dans ses étreintes. Il y a la paternité du roi pour son peuple. Il y a la paternité du prêtre pour les âmes. Il y a la paternité du chef de famille pour ses enfants. Cette triple paternité, la hideuse et rampante maçonnerie va progressivement l'enlacer, et l'étouffer lentement. La monarchie chrétienne succombera, la religion chrétienne agonisera, la famille chrétienne craquera comme des os sous de formidables anneaux. Saisie dans les immenses replis et les étreintes de la secte maçonnique, la société française se débattra, désespérée !

Et tandis que la maçonnerie paralysera ainsi toute vie et tout mouvement, les juifs, libres et envahisseurs, se rendront maîtres des hautes positions.

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