UNE MACHINE DE GUERRE ENTRELES MAINS DES JUIFS
I. La Déclaration des droits de l'homme devient machine de gueri'e entre les mains des juifs. La société française s'est inspirée avec ivresse, pour faire la Révolution, du paganisme condamné par l'Evangile ; le cheval de Troie, antique machine de guerre, lui fera comprendre ce qui s'est passée à propos des juifs. — IL Récit, d'après Virgile, de l'introduction du perfide cheval dans les murs de Troie, les Grecs en sortirent : de la Déclaration des droits de l'homme sorlent les hébreux modernes. — IIL Par qui cette funeste machine des Droits de l'homme aurait été construite ; ce que les documents historiques laissent entrevoir. — IV. Les plus élémentaires précautions de la prudence négligées, hélas! par l'Assemblée constituante et par les gouvernements qui lui succéderont. — V. L'épisode des serpents qui enlacent Laocoou au moment où le cheval est introduit dans les murs de Troie, se renouvelle aussi au moment où la Déclaration desdroitsde l'homme devient machine de guerre.
De la Déclaration des droits de l'homme devaient sortir, avec des maux, des surprises désagi^éables. « On est puni par où l'on a péché ; » les coupables, qu'ils soient des nations ou des individus, justifient, par leurs déboires et leurs infortunes, la vérité du vieil adage. La société française, en rupture avec le Christ, trou-
vera sa punition dans sa Constitution elle-même : la prépondérance juive, qui en sortira, sera le châtiment des Droits de V homme.
Un martyr de la Révolution, véritable étendard de contradiction pour les temps nouveaux, le pape Pie VI, a prononcé que « les Droits de l'homme ou principes de 89 n'étaient pas moins opposés à la société civile qu'à la religion, Illa sgilicet jura hominis religioni et sociETATi ADVERSANTiA )). Userait facile d'établir la longue liste de désastres et de calamités qui en sont sortis pour la société civile; mais notre tâche, ici, doit se borner à signaler la calamité do l'envahissement hébraïque.
Gomment une Providence courroucée permet elle que les juifs deviennent la punition des Droits de l'homme ?
En ce que cette funeste Constitution, proclamée base nouvelle, base unique, de la société, va se transformer en machine de guerre entre leurs mains.
Machine de guerre ! c'est bien le terme qui convient. On donnait autrefois ce nom à des instruments, à des constructions, qui servaient à abattre les murailles, à faire brèche, et à couvrir les assiégeants. Les anciens étaient très habiles à construire et diriger ces machines ; l'invention de la poudre à canon en a totalement fait perdre l'usage. Mais les juifs sauront le retrouver dans la fameuse Déclaration des droits : elle va leur servir à abattre les murailles, en France d'abord, à démanteler partout la société, mais en restant couverts !
La société, à la fin du siècle dernier, était ivre de paganisme : nous avons raconté cette dégénérescence*.
* Lire, dans V Entrée des Israélites, pages 258-262.
Toutes les têtes déliraient pour les Grecs et les Romains ; et la Révolution française avait fait explosion en prenant pour modèles Brutus et les séides farouches de Rome et de Sparte, après que la cour de Louis XIV s'était avilie dans les plaisirs mythologiques. Il semble qu'à cette société ingrate qui, dans ses idées et ses tendances, avait repris le parti du paganisme contre l'Evangile, ait été réservé un moyen de châtiment inscrit aux fastes les plus célèbres du paganisme : la machine de guerre dénommée le cheval de Troie.
Ce que le perfide cheval de bois fut pour l'imprudente et légère ville de Priam, la Déclaration des droits de l'homme va l'être pour la société française. Quelle raideur a du exister dans les contours de ce cheval ! Mais votre constitution des Droits do l'homme, malheureux législateurs de 89, cette constitution aux formes abstraites et géométriques, ne présentait-elle pas la même raideur et le même danger ^ ?
L'épisode du cheval de Troie est peut-être sans vraisemblance : il importe peu ! la poésie de Virgile ne lui a-t-elle pas donné l'immortalité^ ? Et puis, ce qui semblait n'appartenir qu'à la Fable est devenu, depuis la Révolution, la plus poignante des réalités : car, si les
* a Conformément aux préceptes de l'idéologie régnante, on construit la politique sur le modèle des mathématiques .. Le nouveau code social a l'autorité de la géométrie ; c'est pourquoi il vaut, comme elle, en tout temps, en tous lieux, pour tout peuple ; son élablissement est de droit. Quiconque y fait obstacle est l'ennemi du genre humain ; gouvernement, aristocratie, clergé, quel qu'il soit, il faut l'abattre. » (Taine, VAncien Régime.)
' 2 « Cette époque de la ruine de Troie, arrivée environ l'an 308 après la sortie d'Egypte, et 1174 ans après le déluge, est considérable, tant à cause de rimjiortance d'un si grand événement célébré par les deux plus grands poètes de la Grèce et de l'Ilalie, qu'à cause qu'on peut rapporter
ENTRE LES MAINS DES JUIFS Oô
fables sont l'histoire des temps grossiers, n'est-il pas juste de dire que des catastrophes qui ont quelque chose de fabuleux sont l'histoire des temps de décadence et d'apostasie ?
Examinons donc les deux machines de guerre : celle du temps jadis celle de notre temps.
Avant de rapporter, en les traduisant, les beaux vers de Virgile, peut-être est- il utile de rappeler au lecteur ce qui se passa à Troie.
Le siège de cette ville durait depuis dix ans. Au bout de ce temps, les Grecs feignirent de se retirer et lais seront, sur le rivage, un énorme cheval de bois, dans les lianes duquel leurs plus robustes guerriers s'étaient cachés. Les Troyens, croyant que ce colosse avait été (■'levé pour satisfaire un vœu, l'introduisirent dans leurs nuirs. Pendant la nuit, les Grecs sortirent des Hancs (lo la machine, ouvrirent les portes de la ville à leurs compagnons et livrèrent Troie au pillage.
Voici, maintenant, les vers de Virgile* :
i celte date ce qu'il y a de plus remarquable dans les temps appelés fa!)uleux ou héroïques : fubuleux à cause des lubies duut les histoires de ces temps sont enveloppées ; héroïques, à cause de ceux que les poètes ont appelés les dieux et les héros. » (Bossuet, Disc, sur i'hist. univ., l" part.) 1 Ducendum ad sedes simulacrum, orandaque divce
Numina, conclamant.
Dividimus muros et inœnia pandimus urLis.
Accingunt omnes operi, pediLusque rotarum
On est d'avis de conduire le colosse dans la demeure de Pallas, et d'implorer la protection de la déesse : tel est le cri gênerai. Nous faisons une brèche à nos murs, et ouvrons Venceinte de la ville.
Tous se mettent à V œuvre : des roues glissent sous les pieds du cheval et des câbles se raidissent à son cou. La fatale machine franchit les murailles, portant la guerre dans ses flancs ; les jeunes garçons et les jeunes filles V entourent en chantant des hymnes, et se plaisent à toucher les cordages.
Elle s' avance et se glisse menaçante jusqu'au cœur de la ville. 0 ma pairie ! 6 Ilion, séjour des dieux ; remparts des Troyens, fameux par la guerre l Quatre fois elle s'arrêta sur le seuil même des portes, et quatre fois le bruit des armes retentit dans ses flancs. Mais nous poursuivons sans en être émus, et nous
Subjiciunt lapsus, et siuppea vincula collo Intendunt. Scandit fatalis machina muros, Fœta armis ; pueri circum innuptceque puellse Sacra canunt, funemqiie manu conlingere gaudent. Illa subit, mediseque minans illabitur urbi. O patiia, o divum domus Ilium, et inclyta bello Mœnia Dardanidum ! quater ipso in limine port» Subslitit, atque utero sonitum quater arma dedere. Instamus tanien immemores crecique furore,
Et monstrum infelix sacrata sistimus arce
Vertitur interea cœlum, et mit Oceano Nox, Involvens uiiibra magna terramque polumque, Myrmidonuiiique dolos ; fusi per mœnia Teucri
Conticuere; sopor fessos complectitur artus
Incluses utero Danaos et pinea furtim
Laxat claustra Sinon. Illos patefactus ad auras
Reddit equus
Invadunt urbem somno vinoque sepultam :
Cjeduntur vigiles; portisque patentibus omnes Accipiunt socios, atque agmina conscia junguut.
plaçons le monstre fatal dans Venceinte sacrée de la citadelle.
Cependant la nuit s'élève du sein de V Océan, enveloppant d'une orabre épaisse et la terre, et le ciel, et les ruses des Grecs. La ville fait silence, et le sommeil s' empalée des membres fatigués de ses défenseurs...
Un traître délivre furtivement les Grecs enfermés dans leur prison de bois, et ouvre les flancs du cheval qui les rend à la lumière; de ce repaire té néb^^eux^ sortent avec joie, en glissant le long d'un câble, les principaux chefs. Ils envahissent la ville, ensevelie dans le vin et le sommeil, massacrent les sentinelles, et, ouvrant les portes, ils reçoivent tous leurs compagnons et se rallient à lem^s bataillons conjurés.
C'était r heure où le premier sommeil commence pour les malheureux mortels, et, par un bienfait des dieux, s'insinue avec tant de char nie dans leurs sens.
Tempus erat quo prima quies mortalibus segris Incipit, et dono divum gratissima serpit. In somnis ecce ante oculos mœstissimus Ilpctor Visus adesse mihi, largosque effundere fletus....
Hostis habet muros
Si Pergania dextra
Defendi possent, etiam hac defensa fuissent
Arduus arrnatos mediis in inœuibus adstans
Fundit equus
Quis cladem illius noctis, quis funera fando Explicet, aut possit lacrymis cequare labores?
Urbs antiqua ruit, multos dominala per annos
Ac veluti sunimis antiquam in inontibus ornum Quum ferro accisani crebrisque bipennibus instant Eruere agricolœ certatim; illa usquc iiiinatur. Et treinefacta coinani conçusse verlice nutat; Viilneribus donec paulatiin evicta, supremum Congemuit, traxitque jiigis avulsa ruinam.
es UNE MACHINE DE GUERRE
Voilà qiien songe je crus voir Hector m' apparaître, accablé de tristesse et versant des larmes abondantes, poussant de profonds gémissements ; il me dit : « Ah! fuis, fds d'une déesse, et dérobe-toi aux flammes qui s'allument, Vennenn tient nos murs! Si Troie pouvait être défendue par le bras d'un mortel, ce bras Veut défendue ! »
Le cheval menaçant, dressé au milieu de nos remparts, vomit des flots de combattants.
Comment peindre, par la parole, les désastres et les massacres de cette nuit ? Qui pourrait payer à de tels malheurs un juste tribut de larmes ? Elle s'écroula, cette antique cité qui avait régné en souveraine pendant tant d'années... Ainsi, lorsque sur la cime des monts, les bûcherons, le fer à la main, s'effo7'cent, à l'envi, d'abattre un frêne antique : sous les coups redoublés de la hache, l'arbre longtemps menace et balance à chaque secousse son feuillage tremblant, jusqu'à ce que, épuisé peu à peu par ses blessures, il pousse un dernier gémissement et tombe arraché du sommet de la montagne.
Telle est, en partie, la description si vivante de Virgile : passons aux fils de Jacob.
Les juifs vont sortir de la Déclaration des droits de lliomme de la mémo façon que les Grecs sortirent des flancs du monstre.
Reprenons à l'appui les traits les plus vifs du récit du grand poète :
Nous faisons une brèche à nos murs, et ouvrons V enceinte delà ville. — En 1789, l'imprudente Assemblée française pratique elle-même la brèche, et ouvre l'enceinte par laquelle les juifs vont entrer et faire main basse sur bien des choses.
La fatale machine franchit les murailles, portant la guerre dans ses flancs. — Cette constitution des Droits de V homme est bien, elle aussi, une fatale machine, et la saisissante expression, dont se sert le poète, ne lui convient que trop : fœta armis, portant la guerre dans ses Hancs. N'est-ce pas de sa fécondité meurtrière que vont sortir et la Terreur et la Commune, et les sanglantes batailles, et le judaïsme dominateur, et maintes autres surprises calamiteuses qui ne sont pas finies ?
Les jeunes garçons et les jeunes filles V entourent en chantant des hymnes^ et se plaisent à toucher les cordages. — Hélas! quels hymnes n'a-t-on pas chantés également dans les fêtes civiques en l'honneur de la «Constitution libre ». De longues files déjeunes femmes et déjeunes filles, vêtues de robes blanches, parées des couleurs de la nation, précédées de tambours et de timbales, marchaient au temple, escortées des cohortes citoyennes ; et après avou' remercié le ciel de la conquête de la liberté, venaient à l'Hôtel de Ville rendre hommage aux héros de la Révolution ^
' yioniteur, n^ 33.
La machine s^avance, et se glisse menaçante jusqu'au cœur de la ville. — Jusqu'au cœur! c'est là ce que voulait précisément éviter Louis XVI. Son projet était d'accueillir les israélites, avec bonté, dans la société civile, mais en les maintenant, en quelque sorte, sur les frontières de la société. Au contraire, à l'aide de la Constitution des droits de l'homme, ils s'avanceront jusqu'au cœur...
Quatre fois elle s'arrêta sur le seuil même des portes, et quatre fois le bruit des armes retentit dans ses flancs. — Plusieurs fois aussi, comme nous l'éuumérons plus loin, la question de l'émancipation des juifs au nom des droits de l'homme, portée à la barre de l'Assemblée constituante, fut littéralement arrêtée sur le seuil de la salle des séances. L'Assemblée en était effrayée, il lui semblait entendre un bruit sinistre. Préoccupée, elle la renvoyait toujours, elle la renvoya ^.jusqu'à quatorze fois.
Mais nous poursuivons sans en être émus, et nous plaçons le monstre fatal dans Venceinte sacrée de la citadelle. — A la dernière heure de l'existence de l'Assemblée constituante, toute émotion cessa; la décision fatale fut promulguée au milieu d'un morne silence : Au nom des droits de l'homme, les juifs sont citoyens !
« L'ennemi tient les murs !... » quel cri ! — Ce sera le cri terrifiant de la société chrétienne, quelques années après. Par toute l'Alsace circulera cette impression de terreur : « Les Etats généraux: ont rendu un décret qui admet les juifs au nombre des citoyens.
et qui les déclare capables de toutes charges et emplois. 0 malheur, malheur pour notre patrie I Chassez- les, sans quoi nous sommes tous perdus *. »
Le cheval menaçant, dressé au milieu de nos rempartSj vomit des flots de combattants. — Quels flots impurs de combattants ne verra-t-on pas sortir de cette infernale Constitution de 89 : jacobins, communards, socialistes, libres-penseurs, athées, et, en si mauvaise compagnie, hélas! les Israélites.
Elle s'écroule, cette antique cité.... — C'en est fait aussi des patries chrétiennes, si le Tout -Puissant n'étend son bras ! . . .
En vérité ne dirait-on pas que l'auteur, poétiquement inspiré, de la quatrième Eglogue, a été également un peu prophète par son récit du cheval de Troie? Levez la tête, vous qui souriez : n'apercevez-vous pas autour de vous et au-dessus de vous, débouchant par toutes les avenues, couronnant toutes les hauteurs, et les tribus hébraïques et les hordes socialistes, qui achèvent silencieusement la conquête de la société française ? En 1789, toutes ces conséquences étaient encore enveloppées et dissimulées dans les prémices de la sinistre Déclaration, comme les Grecs l'étaient, dans les flancs du monstre!
* Rapport lu à la Société des Amis de la Constitution, le 27 février 1790, sur la question de Vétat civil des juifs d'Alsace, p. 29.
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Mais cette funeste machine des droits de l'homme, qui donc l'a construite ? Voici deux chapitres que nous en discourons sans avoir recherché sa genèse ; c'est bien le moment de se demander : qui en est l'auteur ?
Mystère ! . . .
Introduite devant l'Assemblée nationale pour être votée et acceptée, elle n'a jamais révélé l'antre véritable où elle a vu le jour.
A l'orig-ine des constitutions fondamentales des peuples, au berceau des législations, on rencontre des noms qui, semblables à d'antiques chênes, ombragent ces législations en même temps qu'elles immortalisent leurs auteurs : auprès du Décalogue, Moïse ; auprès de la législation d'Athènes, Solon ; delà législation de Sparte, Lycurgue; de la législation de Crète, Minos ; de la législation romaine, Numa. Ici, rien de semblable. Aucun nom propre, radieux, ne peut être invoqué : c'est un produit, une progéniture sur laquelle il faut inscrire cette désignation impure et sombre : Légion! A moins f0F.\ qu'on ne préfère la désigner par ce dédain, tombé un jour des lèvres de Voltaire : J'aime mieux obéir à un beau lion qu'à deux cents rats de mon espèce !
En eÔèt, dans la confection de cette œuvre hybride, se sont rencontrées, à côté du patriotisme et de la bonne foi de quelques-uns, la perfidie et la conjuration d'un plus grand nombre, l'inquiétude et l'ignorance de la plupart.
n j a eu des menées et des meneurs. Voici ce que les documents nous ont permis de réunir comme authentique :
a) Aussitôt que les États généraux sont convoqués par Louis XVI en 1789, la France y envoie, outre les représentants nommés par elle, ses cahiers. Les cahiers étaient une rédaction des doléances ,et des vœux de la nation ; on y signalait au roi et à la réunion des députés les points qui appelaient des réformes. Il y avait les cahiers du clergé, les cahiers de la noblesse, les cahiers du tiers état, et, à cause de l'importance de la capitale, le cahier de la ville de Paris * .
Or,
A propos du besoin d'une Constitution exprimé dans un grand nombre de ces cahiers, celui de la ville de Paris, seul, prescrit à ses représentants d'exiger, comme préambule, une déclaration des Droits de la Nation :
c( Il leii?' est enjoint expressément de 7ie consentir à aucun subside, à aucun emprunt, que la Déclaration des droits de la Nation ne soit passée en loi^. » Suit cette Déclaration des droits de la Nation.
Parmi les cahiers du clergé, plusieurs demandent également « qu'avant toutes choses, il soit promulgué une loi générale et fondamentale, laquelle énonce et déclare positivement les principaux droits des citoyens, des provinces, de la Nation ^ )).
1 L'usage des cahiers reruDule à 1353. Les députés du tiers état se mettaient à genoux pour les présenter au Roi; ceux du clergé et de la noblesse restaient debout et découverts.
2 Moniteur, 1789, p. 216. — Bûchez et Rolï, Hut. pjrleinentaire d'! la Révolution /">•., t. L p. 336.
3 BucuEz ET Roux, t. I, p. 3i!3.
Il n'est donc encore question que des droits de la Na tion, des citoyens, mais nullement, ou presque pas, des droits de V homme ^.
b) Tout à coup, à cette dénomination « droits de la Nation », une autre est substituée dans le public, comme supérieure ; on demande que les Etats généraux définissent les droits « de l'homme » et du citoyen. Par conséquent, ce n'est plus précisément un but français qu'on indique, qu'on prescrit, aux travaux de l'Assemblée : c'est un but universel, abstrait.
Personne ne s'y méprit : cette dénomination nouvelle était empruntée au Contrat social et à V Emile de Rousseau. Le philosophe de Genève devenait le pontife de la Révolution. Quelqu'un a dit « que le genre humain avait perdu ses titres, et cn'.e Rousseau les lui a fait retrouver » ; n'est-il pas cent fois plus juste de dire, en pensant aux belles surprises qui devaient sortir des flancs de cette machine des droits de l'homme, « que la société française avait de fort bons titres, reconnus pour tels, et que Rousseau les lui a fait perdre » ?
c) Mais à qui attribuer cette transformation des c( droits de la Nation )> en « droits de l'homme » ? comment s'est opérée cette substitution?
M. le comte de Glermont-Tonnerre avait été choisi pour dépouiller les cahiers des provinces, et chargé
* Un cahier de la noblesse en fait une vague mention. Les députés rl'une petite localité (Cler.nont en Beauvoisis, chef-lieu de comté, prés Beauvais) furent chargés d'insister « pour qu'avant tout il fût fait une déclaration des droits des hommes qui c^islatàt leur liberté, leurs propriétés, leur sûreté ». Bûchez et Roux, t. I, p. 3^9.
d'en présenter le résumé à l'Assemblée nationale. Il fit lecture de son rapport dans la séance du 27 juillet 1789. Distribuant les cahiers en deux grandes catégories, ceux qui demandaient le maintien de l'ancienne constitution existante, avec correction des abus, et ceux qui désiraient une constitution nouvelle, il prononça, à propos de ces derniers, cette phrase retentissante :
« Ceux-là, Messieurs^ ont cru que le premier chapitre de la Constitution devrait contenir la Déclaration des droits de l'homme, ces droits imprescriptibles pour le maintien desquels la Société fut établie. »
Or, quels ont été les cahiers qui ont formulé cette demande ? De quelles provinces, de quelles sénéchaussées, de quels bailUages venaient ces cahiers ? On ne l'a jamais su ; on eût été, peut-être, bien embarrassé d'en dresser la liste *. Cette substitution de la demande supposée d'une déclaration des droits de l'homme, à la demande d'une déclaration des droits de la nation ou du citoyen renfermée dans les cahiers, est une chose capitale dans l'histoire de France. A-t-elle été faite ? Les cahiers demandaient-ils une déclaration des droits de l'homme, ne la demandaient-ils pas ? Qu'on le contrôle à l'heure vengeresse de ce centenaire ! Monsieur le comte, si vous avez introduit cette substitution dans les cahiers de France, vous avez causé bien grand dommage à notre pauvre France ! . . .
De tous les présidents de l'Assemblée qui siégèrent
^ Pourquoi M. Thiers a-t-il jugé à propos de rejeter dans les notes, à la fin de son volume, le rapport de M. de Clermont-Tonnerre sur les Cahiers, pièce pourtant si grave, si capitale?... (Voir Thiers, Histoire de la Révolution françaine, t. I, note 4, p. 354-63.)
à la Constituante, le comte de Glermont-Tomierre fut le plus favorable aux juifs ; nous le racontons plus loin. Ils profitaient de son tour de présidence pour présenter ou faii'e avancer leurs requêtes.
d) Après le rapport du comte de Glermont-Tonnerre, on nomma un comité, chargé de rédiger une Déclcu^aiion des droits de Vhomme et d'accueillir les projets de rédaction qui seraient envoyés des différents points de la France.
Or, qui a été le promoteur delà trop fameuse Z)<?Waraiion des droits qui régit la France depuis cent ans?
Officiellement, Tun ou l'autre de ces trois personnages, de concert avec Mirabeau, qui mit la dernière main au travail de rédaction :