‹ La prépondérance juiveChapitre 9 sur 46 · APPARTENIR A AUCUNE CLASSE, A AUCUNE RELIGION, A · texte numérisé non relu

APPARTENIR A AUCUNE CLASSE, A AUCUNE RELIGION, A

aucun peuple ; de ce génie sublime qui est pour le genre humain un présent de la Providence , et dont V influence bienfaisante doit être sentie par tous les hommes i. Au Christ de Dieu, uniquement, a été donnée, par le Ciel, la mission d’exercer l’universelle influence que rappelait la flatterie du Sanhédrin, et d’être la bienfaisante pierre de l’angle qui joindrait les extrêmes les plus éloignés, les plus opposés. Dans des proclamations superbes à ses armées, l’Empereur montrait sans doute des extrêmes à atteindre : Soldats, après avoir triomphé sur le Danube et sur la Vistule, vous avez traversé à marches forcées V Allemagne et ensuite la France sans prendre un instant de repos. Soldats, fai besoin de vous . Portons nos aigles triomphantes jusqu* aux

1 Discours deM. Avigdor, Organisation des israélites , etc., p. 314-315.

cotonnes d1 Hercule . Le conquérant qui s’élançait

d’une extrémité de l’Europe à l’autre, du Niémen aux colonnes d’Hercule, se flattait d’aller de même, en religion, du catholicisme au judaïsme, du Concordat au Sanhédrin, et d’y concilier les extrêmes. Mais cette conciliation religieuse, le Christ se l’est réservée. 11 a cédé aux hommes toutes les autres gloires, sauf celle-là, retenue pour lui et pour son Eglise; une formule célèbre en est le cercle d’or : Un seul troupeau et un seul pasteur . Napoléon, pour réussir dans son œuvre de conciliation judéo-chrétienne, avait fait appel à tous les concours : l’Assemblée des Notables, le Sanhédrin, le Code civil, le Conseil d’Etat ; à tous les concours, hormis celui sans lequel les autres ne servent de rien et qui dispense de tous les autres : l’unique bercail sous l’unique pasteur. Mais aussi, l’empire napoléonien ne préparait guère la divine bergerie, et le Corse au profil romain n’avait pas précisément la physionomie d’un roi-pasteur !

Doit-on inférer de là que Napoléon a voulu exclure la Divinité de son entreprise hébraïque ? Non assurément, puisqu’il y convoquait la Loi de Moïse. Seulement, l’Empereur était déiste, nous l’avons déjà dit (page 29) et il s’illusionnait au point de croire qu’avec le déisme, forme vague de religiosité, il rapprocherait dans la vie civile, sinon les religions, du moins les hommes des différentes religions. Il s’en est ouvert lui-même avec de Las Cases, un soir à Sainte- Hélène : « Tout proclame l’existence d’un Dieu. C’est indubitable! mais toutes nos religions sont évidemment les enfants des hommes... Nul doute que mon esprit d’incrédulité ne fut, en ma qualité d’empereur, un bienfait pour les peuples; et autre -

ment, comment aurais-je pu favoriser également des sectes aussi contraires, si j’avais été dominé par une seule 1 ? » Aussi bien, au début de son étonnante fortune, alors qu’il mettait le pied sur la terre d’Egypte, il faisait du déisme et sa règle de conduite et celle de son armée : « Soldats les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans leur premier article de foi est celui-ci : Il vC y a pas d'autre Dieu que Dieu , et Mahomet est son prophète . Ne les contredisez pas; agissez avec eux comme nous avons agi avec les juifs, avec les Italiens. Ayez des égards pour leurs muphtis et leurs imans, comme vous en avez eu pour les rabbins et pour les évêques. Ayez pour les cérémonies que prescrit le Koran, pour les mosquées, la même tolérance que vous avez eue pour les couvents, pour les synagogues, pour la religion de Moïse et celle de Jésus-Christ. Les légions romaines protégeaient toutes les religions2. » Le Sanhédrin de Paris fut donc, non moins que d’autres entreprises religieuses, l’expression du déisme impérial, dans le but de rapprocher les israélites des chrétiens. Or, Sa Majesté se trompait, le déisme n’a jamais rien rapproché. Outre que le Dieu de cette forme vague de religion est un Dieu glacé qui ne sait pas les chemins du cœur, être abstrait et solitaire, qui habite l’inaccessible région de l’infini, et devant lequel l’homme passe sans avoir l’idée d’une prière ni la puissance d’une larme ; outre ce vide, cette glace, le déisme, religiosité vague et paresseuse, sans révélation ni culte, était ici absolument impropre à

1 Mémorial de Sainte-Hélène , t. IV, p. 209, par le comte de Las Cases. Réimpression de 1828, Lecomte, libraire, Paris.

2 Thiers , Histoire de la Révolution , t. I, p. 108-109.

rapprocher des croyants comme l’étaient les chrétiens et les israélites, dont les uns possèdent la Révélation totale, et les autres, une partie notable de la Révélation. Le chrétien est un croyant complet; l’israélite, un croyant incomplet, un homme en retard. Qui les veut rapprocher ne doit pas leur apporter l’absence de la Révélation, mais bien l’entente sur la Révélation. Le déiste couronné des Tuileries ne pouvait donc, nonobstant ses vues de philanthropie et l’envergure des ailes de ses aigles, devenir l’arbitre d’une pacification.

Loin de là ! Le déisme l’a mal conseillé dans la convocation du Sanhédrin.

Il semble au premier abord qu’il y avait de la grandeur ou, tout au moins, de l’originalité dans la réapparition d’une assemblée qui ne s’était plus tenue depuis que Titus avait ruiné la Jérusalem de David et de Salomon. Que les historiens israélites aient applaudi, par la suite, à cette réapparition 4, il n’y a là rien qui surprenne. Mais le décret lui -même de convocation, éma-

1 « C'était un corps éminemment religieux qui, sous la protection des lois, dans un état chrétien, s’installait avec tout le cortège des cérémonies judaïques. Dans l’histoire de l'Empire, cet événement est peut-être un de ceux qui méritent le plus de fixer l’attention. Les juifs semblent avoir été jetés au milieu des nations pour marquér par leurs vicissitudes les progrès de la raison humaine. Quel progrès immense n'avait-il pas dû s’opérer en France pour que l’on pût voir dans son sein ressusciter avec toute sa pompe l’assemblée la plus respectée de l’antique Jérusalem! » (Bédarride, Les juifs en France, p. 414-415).

nant du souverain, laissait percer une orgueilleuse satisfaction de frapper ce grand coup. M.Molé, commissaire du gouvernemet, s’exprima dans ces termes, que nous avons déjà rapportés :

C’est le grand Sanhédrin que Sa Majesté se propose de convoquer. Ce corps , tombé avec le Temple , va reparaître pour éclairer .par tout le monde le peuple qu’il gouvernait 1.

Ne vous en déplaise, monsieur le Commissaire du Gouvernement, l’Empereur a porté un défi et fait un affront à la France et à l’Europe chrétiennes, lorsqu’il ressuscitait ainsi en plein Paris une assemblée dont les précédents étaient horribles.

Quels précédents?

C’est avec ce Conseil suprême de la nation juive que le Sauveur eut à lutter durant son ministère en Judée et à Jérusalem ; c’est parmi ses membres qu’il rencontra d’implacables adversaires, les pharisiens hypocrites et dissolus, qui le poursuivirent sans relâche et réussirent enfin à le livrer au supplice ;

C’est le Sanhédrin qui accepta l’infâme marché de Judas et qui lui compta les trente pièces d’argent pour que le Juste lui fut livré ;

C’est devant le Sanhédrin que se déroula cet affreux et douloureux procès, où nous avons trouvé et compté vingt-sept Irrégularités 2 ;

C’est dans l’intérieur du Sanhédrin que commença la Passion; que sortit, de son sein pourri, cette exclama-

1 Collection des actes de l'Assemblée des Israélites en 1806, p. 239.

2 Voir la Valeur de V Assemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus-Christ , par les abbés Lémann. (Lecoffre éditeur, Paris.)

tion haineuse : Qu avons-nous besoin de témoins ? il est digne de mort; et qu’aussitôt se passa cette scène d’outrages sans nom où le Fils de Dieu fut souffleté, couvert de crachats et d’insultes. Ces magistrats, donnant le signal des indignités, crachèrent les premiers au visage de Jésus, puis lui bandèrent les jeux, et lui donnèrent des coups de poing, disant après chaque coup : Christ , prophétise! qui fa fr^appé 1 ? Quand leur fureur se fut lassée, les sanhédrites livrèrent Jésus à leurs valets. La valetaille se chargea des outrages du reste de la nuit, et le Sanhédrin se retira ;

C’est le Sanhédrin, enfin, qui reparut sur le Golgotha, pour se moquer et rire de I’Homme de douleurs, et exciter dans la foule le débordement d’injures 1 2.

Cette exécrable et maudite Assemblée ne s’était jamais relevée du coup de justice que lui avait donné Titus, et c’est l’Empereur des Français qui la ressuscitait à Paris3 !

On a dit de Napoléon, à propos de son sacre à Notre- Dame :

« Un jour, les portes de cette basilique s’ouvrirent, un soldat parut sur le seuil, entouré de généraux et

1 Saint Marc, xiv, 65.

2 Saint Matthieu, xxvii, 41 ; saint Marc, xv, 31.

3 Les Sanhédrites convoqués par Napoléon ont failli à toutes leurs traditions en acceptant cette convocation. « Le Sanhédrin, ce grand Consistoire, ne pouvait se tenir que dans la ville de Jérusalem, en un lieu quon appelait Liscat-hagazit ou le conclave de pierre, et qui était joignant au Temple ou plutôt une partie du Temple même. » (Léon de Modène, Cérémonies des juifs , supplément, page 44.) — Conformément à la Mischna, le Sanhédrin avait son local dans un des bâtiments du Temple, dans la salle Gasitz , et plus tard vers la 40e année avant la ruine du Temple, dans un local situé près du mont Moriah. » ( Sanhédr ., II, 2. Middoth, 5, 4. — Abod, Sar., fol. 8, b.)

suivi de vingt victoires. Où va-t-il? Il entre, il traverse lentement cette nef, il monte devant le sanctuaire; le voilà devant l’autel. Qu’j vient-il faire, lui, l’enfant d’une génération qui a ri du Christ? Il vient se prosterner devant le Vicaire du Christ, et lui demander de bénir ses mains afin que le sceptre n’y soit pas trop pesant à côté de l’épée; il vient courber sa tête militaire devant le vieillard du Vatican, et confesser à tous que la gloire ne suffit pas, sans la religion, pour sacrer un empereur i. »

Oui, elle fut glorieuse, la journée à Notre-Dame ; mais à quelques pas de la noble basilique, j’aperçois le Sanhédrin, et j’entends ces inconcevables paroles sortir, au nom de l’Empereur, de la bouche de son repré sentant :

Ce corps, tombé avec le Temple, vient reparaître pour éclairer par tout le monde le peuple qu’il gouvernait !

Vous ne saviez donc pas ce que le Sanhédrin avait commis contre Jésus-Christ ! Et il ne s’est donc rencontré personne, ni dans votre entourage ni dans votre clergé, pour avertir Votre Majesté que les paroles de son commissaire avaient une odeur de Julien l’Apostat ! Julien a tenté de relever le Temple : Votre Majesté relève le Sanhédrin tombé avec le Temple. L’ignorance excuse Votre Majesté : mais, voilà posée, à la suite des Droits de l’homme, la deuxième assise de la Prépondérance juive autrement colossale et redoutable qu’un temple de pierre !

1 Lacordaire, Discours sur la vocation de la nation française.

Julien l’Apostat, évoqué et fêté dans les conciliabules maçonniques, a dû ricaner dans l’ombre.

En définitive, qu’allait-il sortir de cette étrange assemblée ? L’énumération approfondie que nous avons faite des différents obstacles nous permet de porter un jugement.

Ce jugement a son importance, car c’est au Sanhédrin de 1807 que les israélites de France rattachent leur entrée réelle dans la société. Un de leurs plus savants jurisconsultes, M. Bédarride, bâtonnier de l’ordre des avocats à la cour de Montpellier sous le règne de Napoléon III, en parle ainsi :

C’est là l’œuvre immense accomplie par l’empereur Napoléon. C’est à proprement parler de la convocation du Sanhédrin que date la régénération complète des juifs, leur habilitation à l’exercice des droits de citoyen.

La Révolution de 1789 avait donné légalement aux juifs les droits de citoyen, les réponses du Sanhédrin ont prouvé qu’ils étaient dignes de ce titre.

Le nom de Napoléon doit être inscrit en tête de l’ère nouvelle qui s’est ouverte pour les juifs i.

C'est donc le Sanhédrin faisant suite à l’Assemblée constituante de 1791 qui introduisait, en 1807, les hébreux dans la société française.

1 Béparride, Les juifs en France , p. 502-503. La Prépondérance juive, II.

Le but poursuivi par l’Empereur dans sa convocation était la fusion : fusionner les israélites avec les Français, puis avec les autres peuples.

Quatre sortes de fusion étaient possibles :

Celle des cœurs ;

Celle des esprits;

Celle des intérêts matériels ;

Celle des vices.

De ces quatre mélanges, combien allaient réussir, et valoir quelque chose ? Et pour qui les avantages, pour qui les désavantages? Il faut répondre avec impartialité.

La fusion des cœurs s’obtiendra-t-elle ? Non, évidemment, puisque l’examen de la vérité en religion ou de la vraie religion ne faisait point partie du programme du Sanhédrin. Le mur de séparation subsistera, comme par le passé, entre chrétiens français et israélites français. Mêmes défiances réciproques, mêmes antipathies de races, se retrouveront après cent ans de vie commune sous le Code Napoléon, parce qu’il n’j a que l'entente en religion qui amène la fusion des cœurs.

La fusion des esprits, du moins, réussira-t-elle ? Assez heureusement, mais toute à l'avantage des israélites. En effet, dans le mélange des idées, l’esprit français n’acquerra absolument rien auprès de l’esprit israélite, vu que, depuis leur dispersion pénale, les juifs n’ont rien produit qui vaille pour le développement intellectuel, moral et artistique de l'humanité. Le coup de foudre qui n’a pas laissé pierre sur pierre de la construction du Temple, a lézardé en même temps l’intelli—

gence du peuple de la Bible. Cette intelligence ressemble à celle d’un homme qui aurait eu une attaque. Les idées lie se suivent plus, ou sont mesquines et puériles. Les dix volumes in-folio du Talmud de Jérusalem ne renferment pas une seule idée neuve, importante, et par contre une foule de niaiseries. Des médecins, habiles praticiens, c’est tout ce qu’on accepte d’eux, et encore avec précaution, dans le grand courant des lettres, des sciences et des arts au moyen âge *. Par conséquent, sous le rapport de la fusion des esprits, les Français n’auront, hélas! nul regain intellectuel à espérer dans toute l’étendue du champ hébraïque qui s’ouvre à eux en 1807.

Au contraire, les israélites auront le profit du mélange. De venus citoyens français, ils pourront fréquenter les écoles, s’asseoir dans les académies, s’assimiler le trésor des connaissances acquises par les peuples chrétiens. Leur intelligence, ravivée et stimulée par le don de la liberté, retrouvera des énergies qu’elle ne connaissait plus depuis la punition du déicide. Les idées chrétiennes qui forment, nonobstant les débauches révolutionnaires, l’air ambiant des nations, pénétreront à leur insu les fils d’Israël, et plus d’un, visité par un rayon discret de la grâce de Dieu, s’acheminera, d’une école de l’État, vers le sanctuaire de l’Église. Les choses se sont ainsi passées pour l’heureux écrivain de ce livre et pour son frère : en étudiant le Discours sur V histoire universelle de Bossuet dans un lycée, ils ont été amenés à étudier l’Évangile dais un séminaire.

1 Voir l'Entrée des israélites, etc., p. 203.

La fusion des intérêts sera-t-elle, tout au moins, plus avantageuse aux Français que la précédente?

On serait porté à espérer que, là, une compensation pourrait s’obtenir. En effet, le génie des affaires, que les israélites se flattent de posséder, ne deviendra- 1- il pas un précieux élan pour les Français et une source de prospérité pour la France?

Chimère qu’une telle espérance ! la fortune française n’aura rien à gagner dans sa fusion avec la fortune hébraïque.

D’abord, au point de vue de la conception des entreprises commerciales ou industrielles, une déception se prépare.

Dans toutes ses entreprises, la France avait coutume d'apporter de la grandeur, un luxe, presque, de sentiments magnanimes. Elle faisait grand en affaires comme en politique, sur les marchés comme sur les champs de bataille. Désormais, tout se rapetissera, avec l’esprit judaïque admis au Conseil de la nation. Le génie des affaires qu’on attribue à Israël n’est que celui des petites affaires, des petits artifices; ce génie est au véritable génie ce que la ruse est à l’habileté franche, ce que les renards du Cantique étaient au lion de Juda : celui-ci, majestueux, excitait à la grandeur, ceux-là démolissaient L Les Croisades qui, sous le rapport du commerce, ont formé une des plus utiles et des plus splendides entreprises de la France, seront remplacées, pour les Français, par les finauderies et les catastrophes de l’agiotage.

Si, de la conception des entreprises commerciales,

i Cantic., n, 15.

nous passons à l’examen de leur honnêteté, quel péril attend la pauvre France! Le Talmud est toujours là, non seulement toléré, mais entouré d’égards par le gouvernement de l’Empereur. Or le Talmud est l’échappatoire de l’honnêteté, comme l’Évangile en est le sceau. Si, au moyen âge, les fortunes privées des chrétiens étaient anxieuses dans le voisinage dissimulé du Talmud, quelles craintes îiy a-t-il pas à concevoir non seulement pour les fortunes privées, mais pour la fortune publique, au spectacle des juifs mêlés désormais à la gestion des affaires de l’État, et libres de consulter la morale de leur Talmud. Cette morale, la voici, dénoncée par un rabbin sincère, monté dans les rangs du catholicisme :

Les trois juifs les moins civilisés, les plus ignorants que l’on fait asseoir en juges, forment aussitôt un tribunal qui aux yeux de la synagogue a pleine autorité, nous gémissons d' avoir à le dire , de délier leurs coreligionnaires de leurs serments, d’annuler leurs promesses et leurs engagements les plus sacrés, tant pour le passé que pour l’avenir!

Le juif qui sent sa conscience trop chargée de promesses et de serments fait asseoir trois de ses frères qui se constituent aussitôt en tribunal. Devant cette cour, il expose qu’il se repent de toutes les promesses et de tous les serments qu’il a jamais articulés, et qu’il les rétracte. « Ils sont si nombreux, dit-il en terminant sa protestation, que je ne saurais les spécifier. Qu’ils soient donc à vos yeux, je vous prie, ô Rabbis, comme si je les avais énumérés en détail. » Le tribunal, sans autre forme de procès, déclare les susdits serments et promesses nuis, de nul effet et non avenus .

Avant que le chantre entonne à la synagogue la première prière delà Fête des Expiations, trois hommes, réunis en tribunal et placés en tête de l’assistance, annulent de leur pleine autorité tous les vœux, les engagements et les serments de chacun de l’assemblée, tant ceux de l’année qui vient de s’écouler,

que ceux de l’année où l’on est entré. On appelle cela Col nidrè.

Nous n’avons pas besoin de faire apprécier le funeste effet de ces deux cérémonies si opposées à tous les principes de la morale la plus simple l.

Tout cela est inscrit dans le Talmud reconnu comme livre doctrinal des juifs par le gouvernement de Napoléon. De cette reconnaissance officielle, n’y a- t-il pas des craintes à concevoir et à conclure pour l’honnêteté des entreprises françaises dans l’avenir, puisque les juifs vont désormais y participer ?

Conception des entreprises ; honnêteté des entreprises ; et puis, résultats des entreprises :

Eh bien, au point de vue des résultats, que peut on attendre de la fusion des intérêts entre Français et israélites ?

Hélas ! pas autre chose que Tenglobement des intérêts français dans les intérêts israélites, ce qui équivaudra à leur suppression : l’histoire renouvelée des sept vaches maigres décorant les sept vaches grasses 2 !

En effet, on aura beau dire qu’il y a des israélites honnêtes, des israélites magnanimes, des israélites charitables : nous ne le nions pas, et nous nous montrerions fils dénaturé en refusant de le reconnaître et de le proclamer. Il y en a beaucoup, c’est incontestable. Mais il est incontestable aussi que le peuple juif, dans son ensemble, comme peuple, est accapareur des biens de la terre, et que, demeurant irréductible dans la fusion

1 Drach, Harmonie entre l'Église et là Synagogue, t. I, p. 520.

2 Genèse, xli, 20.

des autres peuples, il pompera insensiblement leurs richesses: vaste éponge dont le gonflement sera favorisé par la protection des lois libérales.

Qu’on nous pardonne cette rigoureuse, mais nécessaire analyse de la fusion.

Reste celle des vices.

Nous voudrions pouvoir écrire : fusion des vertus aussi.

Mais les vertus ne germent qu’à la suite et à l’ombre des doctrines religieuses, et, les doctrines entre israélites et français demeurant opposées, il n’y aura que rencontre fortuite de vertus.

Hélas ! de toutes les fusions, celle des vices sera la plus réelle, acceptée et féconde des deux côtés.

Les Français communiqueront aux israélites l’esprit d’incrédulité et d’indifférence en matière de religion, né au xvme siècle, et la dépravation des mœurs, devenue populaire depuis les désordres imités de Louis XIV et de Louis XV et les saturnales de la Révolution. L’antique foi israélite, qui en l’espace de dix-huit siècles n’avait eu à déplorer que les hardiesses de Spinoza, commencera à chanceler sous le souffle du rationalisme ; et les familles patr iarcales, dont les vertus s’étaient conservées au sein de la dispersion pénale, passeront par des dérangements qu’elles ne connaissaient pas. L’émancipation des israélites s’est effectuée dans un milieu détestable : celui du rationalisme et du voltairianisme. C’est une lourde responsabilité pour la France et les nations de l’Europe.

De leur côté, les israélites communiqueront aux Français leur soif effrénée de l’or, et, avec elle, la cohorte

de toutes les défaillances et de toutes les jouissances honteuses. Excités à la convoitise et au lucre, les fils de la noble France qui ne savent rien faire à demi, envieront aux hébreux leur or, leurs expédients, leurs bassesses ; ils les imiteront ; et l’esprit français, se teignant du faux judaïsme, sera méconnaissable.

En cet état de choses, la prépondérance juive trouvera facilement à s’asseoir.

Un des épisodes les plus dramatiques de la Fable est, incontestablement, celui d’Hercule se revêtant de la unique de Nessus envoyée par Déjanire1.

Sophocle le raconte ainsi, faisant parler Hyllos, fils d’Hercule et de Déjanire :

Moi-même f ai vu les cruelles souffrances de mon père. Il s' était arrêté en Eubèe , sur le cap Cènée battu des deux côtés par les flots. Il allait offrir un sacrifice à Jupiter , lorsqu' arriva le héraut Liclias , apportant ton présent , la tunique mortelle. Hercule la revêtit selon ton désir ; il immole douze taureaux superbes , prémices de ses dépouilles. Et d'abord l'in fortuné , le cœur joyeux, satisfait de sa nouvelle

1 Le centaure Nessus, frappé d’une flèche vénéneuse par Hercule, remit à Déjanire, avant d mourir, une tunique imprégnée de son sang empoisonné.

parure, adressait aux dieux ses prières ; mais à peine la flamme du sacrifice s' élève-t-elle du bûcher pour consumer les victimes , que la sueur coule de son corps ; la tunique s'attache à ses flancs et se colle sur sa chair ; une douleur cuisante pénètre jusqu à la moelle de ses os, puis un venin mortel comme celui de V hydre fatale dévore ses membres. Alors il appelle le malheureux Lichas,qui était innocent de ton crime, et lui demande par quelle trahison il lui a apporté cette tunique ; V infortuné , qui ne savait rien, répond que le présent venait de toi seule, qui V avais chargé de l'apporter. En ce moment, une convulsion violente déchire les entrailles d’iley'cule, il prend Lichas par le talon, et le lance contre un rocher battu par les flots ; de sa tête entrouverte, la cervelle jaillit sur sa chevelure avec le sang. Tout le peuple jette un cri lamentable, à la vue de Lichas broyé et d Hercule en délire, et personne n osait V approcher ; il se roulait à terre, puis se relevait en poussant des cris aigus, qui faisaient retentir les rochers d’alentour, les montagnes escarpées des Locriens et les promontoires de VEubée. Enfin, épuisé, V infortuné, tantôt retombant à terre, tantôt jetant des cris affreux, maudit le funeste hymen qui V unit à toi , malheureuse, et puis, levant ses yeux hagards et troublés, il né aperçoit dans la foule ou je fondais en larmes, et m'appelle : « Viens, mon fils, ne me fuis pas dans mon malheur , dusses-tu expirer avec moi ; enlève-moi de ces lieux, et surtout dépose- moi en un

lieu où nul mortel ne puisse me voir . Tu connais

le mont Œta, consacré à Jupiter ; eh bien , cest là que tes mains devront porter mon corps 1 . »

Le prince de l’éloquence chrétienne, le père Lacordaire, a fait, de cette Fable, la plus heureuse application à l’ordre moral . Il eut, à Notre-Dame de Paris, ce beau mouvement à propos de la tyrannie des passions :

« Oh! qui de vous, Messieurs, non seulement dans les ardeurs de la jeunesse, mais sous les glaces de l’âge, n’a ressenti douloureusement cet incroyable état de notre personnalité? Qui de vous, s’il n’est abandonné tout à fait à l’abjection des sens, n’a pleuré des larmes mystérieuses sur lui-même et n’a levé vers le ciel des pensées incertaines et suppliantes! Aucune force d’esprit, aucune élévation de fortune ne nous défend contre les atteintes de ce mal qu’on pourrait appeler le mal caduc de l’âme. Les anciens le savaient et ils nous l’ont dit dans une Fable qui est demeurée célèbre entre toutes celles qui viennent de leur génie. Hercule, l’homme héroïque, avait vaincu les monstres et pacifié les empires; au comble de sa gloire, dans la maturité d’un âge qui ne lui annonçait plus que le repos d’une impérissable grandeur, il reçut des mains d’une femme une tunique précieuse qu’il se hâta de revêtir. L’infortuné ! à peine eut -il sur sa chair le tissu fragile, qu’il se sentit consumé d’un feu dévorant; il y porte les mains, il veut l’arracher de ses membres généreux : c’est vainement, le fil empoisonné est plus fort que cette main qui

1 Tragédies de Sophocle : les Trachiniennes.

avait abattu les tyrans. Hercule, Hercule! ne t'étonne pas; l’homme peut vaincre les monstres, il n’arrache pas de dessus sa chair la tunique de Déjanire 1... »

On a dit que, dans l’ordre social , cette Fable trouvait aussi son application : que l’incorporation de la race juive à la société moderne étqit une tunique empoisonnée. Qu’y a-t-il de vrai? et surtout que faire?

Sans avoir été, préalablement, régénérée par l’Église de Dieu, et sans avoir renoncé au Talmud et à ses perfidies, la race juive a été fusionnée dans la nation française; les membres de la Constituante, en 1791, puis Napoléon, au grand Sanhédrin de 1807, ont fait ce chef-d’œuvre; oui, voilà bien la tunique de Nessus, présentée. au nom de la Révolution, nouvelle Déjanire!

La France s’est donc incorporé les juifs, avec insouciance, avec confiance...

Le résultat ne s’est pas fait attendre.

Voici qu’un feu inconnu, étrange, a circulé dans ses veines ; ce feu, les ardeurs de la soif de l’or, l’animosité contre la religion chrétienne, contre les ministres de Dieu, contre les vierges pures; ce feu, la haine du Christ ! Les gloires anciennes ont été mises en pièces ; la fortune publique a disparu; la population est devenue anxieuse, famélique : c’est l’agonie du promontoire de l’Eubée...

Si l’on veut être juste, on doit reconnaître toutefois que le poison ne vient pas uniquement des juifs. Il s’en faut bien ! La Révolution, rusée et cruelle Déjanire, savait bien ce qu’elle faisait, lorsqu’aux passions plus

1 Lacordaire: 64a conférence « Des signes de la chute dans 1 humanité. »

Page 1