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portée qui est celle de sa diplomatie, a obtenu les plus heureux résultats. |
Test par la participation directe, comme actionhaire, que l'Angleterre s'est assuré la suprématie dans ces entreprises.
La première manifestation de ces tendances fut l'achat par elle, en novembre 1875, des 177.642 actions de la Compagnie du Canal de Suez appartenant au Khédive Ismaïl.
Quand en novembre 1858 fut constituée la Société, le capital de 200.000.000 francs (divisé en 400.000 actions de 500 franes) fut souscrit :
Par la France à concurrence de 207.111 actions Par l'Empire Ottoman (en fail
par le Vice-Roi d'Egypte Saïd) . 96.517 :»
Par l'Espagne, les Pays-Bas, la.
Tunisie, le Piémont ; ; ; 10.866 »
Par le Vice-Roi Saïd. . . - 85.506 »
L’Angleterre avait ainsi négligé de participer à celle entreprise, Elle n'allait pas tarder à réparer sa faute.
Lorsqu'en novembre 1875 le Khédive Ismaïl, désireux d'assurer le paiement à léchéarnce d’arrérages d'emprunts égyptiens, songea à engager ou à vendre les 177.642 actions qu'il possédait, c'est à la France qu'il s'ouvrit tout d'abord de ce projet.
Mais l'Angleterre en avait eu connaissance; avec une rapidité de décision el une audace extraordinaires,
: — 90 — elle sut décider et réaliser l'achat de ces actions au prix de 100.000.000 de francs. Les premières offres d'Ismaïl à la France étaient du 15 novembre; l'Aneleterre signa la convention d'achat le 25 novembre; le lendemain même les titres étaient remis au Consulat britannique; ils arrivaient en Angleterre fin décembre.
Ainsi l'Angleterre pouvait intervenir dans la fixa-
tion des tarifs, faire dégrever le transit, du canal; ainsi
elle s’assurait une partie importante dans le contrôle de ce canal, porté des Indes, et de ses possessions asiatiques; peut-être même ce but politique était-il le principal (Discours de M. Disraëli à la-Chambre des Communes, 21 février 1876).
L'achat de ces actions permettait en effet à l'Angleterre d'exercer aux Assemblées Générales le droit de vote statutaire, limité d’ailleurs à dix voix au maxinum. I] lui permettait surtout de faire entrer au Conseil d'Administration trois de ses délégués.
Le Gouvernement anglais eut soin d'acquérir pour le dépôt de garantie de ses Administrateurs 300 actions nouvelles, Leur achat fut inscrit dans les dépenses de la Trésorerie, et leurs dividendes portés chaque année dans les Miscellaneous Receipts du budget. Le Sollicitor de la Trésorerie rédigea un acte réservant les droils du Gouvernement sur ces actions, qui changerent de possesseur apparent au fur et à mesure des mulalions survenues parmi les représentants anglais.
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(La Compagnie consentit à considérer comme propriété de ceux-ci, ces actions qui appartenaient officiellement au Gouvernement britannique.)
Le Cabinel de St-James ne s'arrêta pas là: il fit tous ses efforts pour décider la Compagnie à conférer à ses représentants des prérogatives spéciales dans le Conseil: celte prétention fut abandonnée en raison des modifications statutaires qu'elle eut entrainées. Un des trois administrateurs anglais fut du moins admis au Conseil de Direction.
Quelques années plus tard, en 1882, le haut commerce maritime anglais, avec l'appui du Gouvernement, devait obtenir Padmission au Conseil de plusieurs autres membres de nationalité anglaise.
— Peu à peu, du reste, l’entreprise s'est internationalisée, et la composition du Conseil s'est trouvée
refléter les intentions premières du fondateur telles qu'elles étaient exprimées dans l’article 24 des Statuts: « La Société est administrée par un Conseil composé de trente-deux membres représentant les principales nationalités intéressées à l’entreprise ».
Une politique semblable a été suivie par l’Angleterre dans l'industrie du pétrole.
Déjà avant la guerre, l'Amirauté britannique avail obtenu du Parlement les crédits nécessaires pour s’in- “téresser à la Burmah Oil, s'assurant de ce fait une partie de la production de Birmanie.