LES APPAREILS EN DÉPRESSION
Ce sont des appareils préconisés par le Docteur Le
Mée (2). «Le problème de l’alimentation d’air est résolu d’une manière élégante : l’enfant est isolé dans un sac
étanche branché en dérivation sur le circuit inspiratoire de la mère. L'appareil que propose actuellement le D' Le Mée comporte un châssis métallique comprenant une partie supérieure en forme de large casque fenêtré d’un rhodoïde permettant de surveiller l’enfant. Ce casque présente trois ouvertures munies de vis, deux sont de types femelles, une de type mâle. Cette dernière est destinée à recevoir l’extrémité du raccord de caoutchouc habituel du masque maternel. Les deux autres permettent la fixation d’appareils filtrants; on peut ainsi à volonté fixer un ou deux de ces appareils, un bouchon d’obturation existant pour le cas où l’on n’en utiliserait qu’un.
La partie inférieure du châssis est réalisée par une gouttière métallique sur laquelle repose et peut, au
1. Il semblerait surtout intéressant d’agir sur la température, mais ce n’est pas le plus facile peut-être.
1. Nous devons signaler qu’à notre connaissance l’appareil du D' Le Mée n’est pas encore homologué. Nous croyons savoir que cet agrément ne tardera pas. De toutes façons d’ailleurs un appareil du
même principe a déjà reçu son homologation et est fabriqué industriellement.
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besoin, être attaché le corps de l’enfant. Le bord du F. casque comporte un système de canelures sur lesquelles est fixé un jupon de toile spéciale antiypérite chargé de réaliser une étanchéité que nous aurons à discuter ulte- Ée rieurement. La fixation du sac est réalisée au moyen de deux rubans métalliques superposés au niveau des canelures du casque. Celle du rhodoïde est obtenue par un système de pression métallique à vis entre deux lames de caoutchouc.
L'enfant est introduit dans l’appareil par l'extrémité inférieure du jupon de toile. Celui-ci est ensuite fermé suivant certaines règles sur lesquelles nous insistons volontairement en raison de l’absolue nécessité où l’on est de s’y conformer. Un premier temps consiste à aplatir l’extrémité inférieure du jupon, les deux angles ainsi 4 obtenus sont repliés dans le même sens, suivant le
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Mode fermeture de la jupe d’un appareil type de Le Mée.
tracé À. L’extrémité inférieure est alors repliée vers le haut une première fois suivant À’, puis une seconde fois suivant A”, enfin une troisième fois. On obtient ainsi la figure B. Les angles sont rabattus en B’, puis l’ensemble de l’extrémité inférieure est roulé, réalisant la figure C. Un nœud coulant de ficelle solide est glissé
autour du bouchon ainsi réalisé, serré fortement et fixé après plusieurs tours par un nœud ordinaire.
L'appareil ne demande l'utilisation d'aucun accessoire, la respiration maternelle créant une dépression dans le sac de l’enfant, il s’en suit un appel d’air au travers du filtre : l’air est ainsi renouvelé dans le cir-
cuit : sac, tube de caoutchouc, masque maternel; lenfant prend au passage sa part. Le gaz carbonique qu'il rejette s'en va vers la mère et est éliminé dans l'air expiré. Au cas où l’on voudrait éviter à la mère la res-
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piration de ce gaz carbonique (peu gênante en réalité, vu sa faible quantité), on pourrait le fixer par un mince
cigare de chaux sodé placé dans le tube de caoutchouc
reliant le sac à la mère.
Tel se présente l’appareil préconisé par le D' Le Mée.
Nous n'insisterons pas sur le fait que cet appareil est susceptible de fonctionner en circuit fermé. Il suffit alors de visser la ‘cartouche chargée de neutraliser le CO? à un des raccords et à l’autre le tube relié à la bouteille d'oxygène. On obtient ainsi un appareil en milieu confiné décrit plus haut et nous ne reprendrons pas la discussion. Rien d’ailleurs n'empêche de réaliser une solution mixte, le dispositif d’oxygène étant alors dans une simple poche fixée au sac et relié par un raccord à l’arceau métallique.
À part quelques détails portant sur le mode d’intro-
duction de l’enfant et la fermeture du sac, le renouvellement de l'air dans les appareils à surpression
homologués ou non reste toujours réalisée par l’inspiration maternelle. Signalons l'existence d’appareils mixtes pouvant fonctionner, soit à surpression par refoulement d’air filtré, soit à dépression par inspiration maternelle.
Sans doute un tel appareil solidarisant la mère à l’enfant et fonctionnement de par ce fait, paraît une solution à la fois simple et élégante. Il est d’un transport des plus faciles et le deviendrait encore plus par l’adjonction d’un système de bretelles. D’entre tous les appareils que nous connaissons, c’est évidemment le plus transportable.
Nul besoin d’actionner une mécanique quelconque; il peut laisser les maïns libres; aucun dispositif suscep-
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tible de ne pas fonctionner. Que s’il advenait à la mère de s'endormir, l'appareil fonctionne toujours.
Par contre, cette solidarité entre l’enfant et la mère ne risque-t-elle pas de se traduire par des inconvénients au cas où la mère serait victime d’un accident quelconque, syncope par exemple ?
Il nous semble qu'il serait possible de prévoir, à cet effet, un dispositif permettant d'adapter le tube du masque d'une personne de l’entourage sur l'embouchure de secours, toutes conditions d'étanchéité parfaite étant réalisées; le problème ne serait autre que celui qui consisterait à remplacer un appareil filtrant sur un masque individuel, au milieu d’une atmosphère de gaz.
On pourrait se demander si, dans cet appareil, la ventilation obtenue est suffisante, si la teneur en CO? ne risque pas d'y devenir dangereuse. Nous verrons qu’il n'en est rien. De même, les conditions d’équilibre de la température et de la saturation en vapeur d’eau ne nous ont pas paru, ainsi qu'il ressort de nos observations, sensiblement autres que dans les appareils à surpression.
Ce qui retiendra davantage notre attention, c’est le mode de fonctionnement de l'appareil. Comme nous l’avons déjà dit, il est séduisant, mais de ar son principe même, se trouve créé à son intérieur un certain degré de dépression. Celle-ci peu marquée au début et corrigée en partie par l’affaissement du sac dont la diminution de volume d’air (ce qui ne paraît pas nuire à l’enfant, le volume d’air restant suffisant) est mise facilement en évidence au cours du fonctionnement. Nous l’avons vu atteindre au bout d’une heure 6 mm. d’eau. Elle apparaît très rapidement d’ailleurs, si, par un dispositif quelconque, on rend rigide
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l'appareil; nous avons alors coté 4 mm. d’eau au bout de quelques minutes. Nous le répétons, l'enfant paraît fort bien supporter cette dépression et son existence ne nous semble pas agir sur la respiration à l’intérieur.
-de l'appareil. Elle nous paraît par contre nécessiter des
conditions d'étanchéité toujours parfaite. Il serait ainsi à souhaiter que des passages assez fréquents puissent être effectués dans la chambre à gaz aux fins de vérifications.
En effet, tandis que dans les appareils à surpression, une fuite par une fissure due à l’usage présente un inconvénient minime, car l’échange de gaz a tendance à se faire de l’intérieur vers l’extérieur, dans les appareils que nous considérons maintenant, ledit échange se fait au contraire de l’extérieur vers l’intérieur. Or, les différences de pression que nous avons constatées, bien que de chiffres minimes en eux-mêmes, se traduisent par des échangés gazeux importants.
On voit donc combien en dépression est indispensable l’étanchéité absolue (1). D’ailleurs, avec le D' de Traverse, nous nous sommes demandé s’il ne serait pas possible de réduire la dépression au minimum (on ne saurait naturellement la faire disparaître entièrement, puisque le principe de l’appareil est basé sur elle).
Dans le dispositif que nous nous permettons de proposer, rien de changé à l’inspiration. Par contre, l’expiration maternelle, au lieu de se faire au dehors, se ferait vers un sac situé à l’intérieur de lappareil dans lequel est enfermé l’enfant, sac communiquant lui-
1. Signalons d’ailleurs que dans les masques ordinaires de l’adulte fonctionnant par aspiration se trouve également réalisée une dépression lors de l’inspiration.
même avec le dehors; un système de fermeture réglable agencé à l'issue permet de réduire plus ou moins le passage. Ainsi la mère respire; elle crée une dépression dans l’appareil de l'enfant, l’air est appelé au travers du filtre; au deuxième temps de la respiration maternelle, l’air expiré est chassé vers le sac situé à l’intérieur de l’appareil du bébé, il vient donc compenser la dépression due à l'inspiration précédente. Il est bien évident que si le sac était sans communication avec l’extérieur, en se gonflant il refoulerait, de par la surpression, vers la mère, grâce au jeu des soupapes, l’air qui est dans l’appareil de l’enfant. Il apparaît donc comme
Schéma d’un appareil à dépression inspiratoire réduite au minimum.
1. Sac semi rigide. — 2. Filtre. — 3. Tuyauterie inspiratoire de la mère. — 4. Tuyauterie expiratoire de la mère. — 5. Sac régulateur de pression. — 6. Robinet de réglage. — 7. Manomètre à eau.
nécessaire, d’une part, de trouver une pression d’équilibre telle que l'appareil de l'enfant soit en dépression lors de l'inspiration maternelle afin que l'air pénètre par le filtre et que cette dépression soit la dépression minimum suffisante, d'autre part, que dans l'intervalle
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des inspirations, l’appareil reste en surpression; sans doute, cette surpression agira vers la tuyauterie, la-soupape de lappareil respiratoire maternel, ainsi que sur toutes les parois, elle soulèvera cette soupape et fusera de ce côté vers le sac situé à l’intérieur, mais dans l’ensemble, il apparaît qu’en réglant l’appareil, au besoin, grâce à quelques expirations dans le sac et par le réglage de l’ouverture extérieure de celui-ci, on pourrait obtenir une dépression minimum surveillée au manomètre d’eau. Personnellement, nous avons pu, en appareil semi-rigide, réduire la dépression de 4 mm. à 1 mm. et encore cette dernière non constante ne se produisant qu’à l'inspiration, et remplacée, le reste du temps, par une surpression atteignant 2 à 3 mm.
En résumé, nous croyons pouvoir traduire les deux modes du fonctionnement sans ou avec notre modification par les courbes suivantes par rapport à la pression atmosphérique.
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Ce n’est évidemment pas parfait. Il y a toujours, à un moment, appel d’air dans l’appareil de lenfant. Nous l’avons dit : c’est son principe même. Cependant, nous croyons pouvoir ainsi réduire la dépression au minimum indispensable, et quant aux infiltrations possibles, les compenser par la surpression temporaire réalisée.
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Cette modification ne nous parait pas impossible à effectuer industriellement et notre expérimentation sur matériel de laboratoire nous le fait souhaiter, comme supprimant ou tout au moins atténuant considérablement le reproche que l’on peut faire à ces appareils. La principale difficulté nous paraît être le raccord du second tube de caoutchouc sur la soupape d’expiration de la mère; peut-être serait-il nécessaire de prévoir à ce niveau un embout semblable à celui de l'inspiration. Enfin, nous devrons signaler que lexpiration de la mére est un peu plus difficile que normalement mais sans être pénible. En fait d’ailleurs nous le répétons : il ne s’agit dans cet exposé que d’une simple suggestion que nous livrons à l’intérêt du lecteur, Nous devons d'ailleurs le spécifier encore : ce dispositif ne fait qu’atténuer un inconvénient sans le supprimer complètement, et la véritable solution reste peut-être encore dans la recherche de tissus suffisamment sougles et légers, réalisant toutes les conditions de solidité et d'étanchéité requises.
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