VI PREFACE
der; enfin, sous la troisième République, Jules Grévy, Buffet, d'Auditïret-Pasquier et Gambetta ; — je m'arrête à ce nom, bien que la galerie de portraits continue jusqu'en 4908. Ce défilé si prodigieusement divers d'hommes illustres donne à l'ouvrage le mouvement, la couleur, la vie.
A travers d'innombrables transformations et de violents contrastes, les présidences des assemblées politiques contemporaines peuvent se ramener, en somme, à trois types principaux : la présidence de la Chambre des Communes en Angleterre ; la présidence de la Chambre des représentants aux Etats-Unis ; les présidences des assemblées européennes, — celles-ci très différentes les unes des autres, non seulement d'Etat à Etat, mais souvent, — c'est le cas de la France, — dans le môme pays.
De ces études comparatives nous devons tirer certaines conclusions, que le jeune écrivain n'a pas formulées lui-même, sans doute par modestie ; mais la leçon qui se dégage de son livre ne sera pas son moindre titre à la reconnaissance de tous les esprits éclairés qui veulent affermir les institutions libres en les améliorant.
C'est l'Angleterre, pays natal du gouvernement parlementaire et de la liberté politique, qui présente, à la Chambre des Communes, le type le plus ancien et le plus achevé de présidence d'assemblée politique. Le speakership date du xiyc siècle. A cette époque, le speaker était surtout Tinterprète
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de l'assemblée et le iléfenseur de ses droits auprès de la royauté. A mesure (jue l'autorité du Parlement grandit, la mission du speaker fut surtout la défense du droit égal de chacun des représentants et la protection delà minorité contre la majorité.
Aussi le speaker, organe de la Chambre, de toute la Chambre et non pas d'une fraction de la Chambre, est-il indépendant des partis et du gouvernement. Il n'a plus de parti ; il ne doit plus avoir de préférences, ni pour les hommes, ni pour les opinions. S'il prend la parole, soil à la Chambre, soit au dehors, il parle au nom de l'assemblée, il ne parle pas en son propre nom. Sans doute, lorsqu'il est élu pour la première fois, il est choisi dans le parti qui a la majorité ; mais, une fois revêtu de sa magistrature, il reste en fonctions, quel que soit le parti au pouvoir. Les conservateurs réélisent un libéral, et les libéraux un conservateur. En 1841, Robert Peel soutint lui-même la candidature de Shaw Lefevre, libéral. Il déclara qu' « on pourrait faire une objection contre une réélection par le motif que le speaker aurait négligé ses devoirs ou se serait montré incompétent,... mais qu'il ne croyait pas nécessaire qu'un président ayant consciencieusement rempli ses fonctions fût remplacé, parce que ses opinions n'étaient pas d'accord avec celles de la majorité de la Chambre ». Le même principe a été, depuis lors, constamment observé.
Quand, par hasard, un speaker a mis l'influence de sa charge au service de son parti, il a été aussitôt ou blâmé (Abbott en 1814-, à propos du bill sur les catholiques), ou remplacé (Manners Sutton en 1835, à propos de la réforme électorale).
Ainsi, la neutralité est la raison d'être et la condition de la présidence. On a dit avec justesse et avec force que « le speaker n'a même pas le pouvoir d'être partial » ; et Ton connaît