CHAPITRE III
prononcer un rappel à l'ordre contre un député : « Je suis toujours président (1) ». Le docteur Smolka devait le rester longtemps.
L'histoire de la présidence en Hongrie serait très analogue à celle que nous venons d'esquisser. Malgré la diversité des races, les mêmes mœurs parlementaires sont en usage des deux côtés de la Leitlia. Scènes de violence et de tapage, obstruction parlementaire, démissions retentissantes des présidents et du bureau, tel serait le bilan des dernières sessions de la Chambre des Députés de Hongrie (2), et il ne pourrait que nous exposer à des répétitions. Au milieu de ces désordres, la présidence de la Chambre des Députés, insuffisamment armée pour la lutte (3), a révélé la même faiblesse que celle de la Chambre autrichienne, et il n'y a pas encore été. remédié. Elle possède pourtant un élément de force qui manque à celle de la Chambre autrichienne, c'est sa permanence. D'après la loi 4 de 1848 relative à la Diète Hongroise, le président de la Chambre des Députés est élu en effet pour toute la durée de la Diète, c'est-à-dire pour cinq ans. Quant à l'organisation et aux prérogatives de la présidence, elles
(1) V. Reynaert, op. cit., I, p. 268.
(2j V, notamment Massom, oj?. cit., p. 105 et s. A la fin de 1899 le président de la (Chambre, M. de Szilagyi et les vice-présidents furent obligés de démissionner après des séances violentes. Il fut impossible de reconstituer le bureau ot le doyen d'âge, M. de Madarasz, dut garder pendant deux mois et demi une présidence dite provisoire.
(3) Le président ne peut que rappeler à l'ordre les députés ou leur retirer la parole. La Chambre peut, sur le rapport de sa commission des immunités, prononcer des mesures plus radicales qui peuvent aller jusqu'à l'exclusion temporaire. V. Moukau et Deli-ecii, op. cit., ï, p. 515 et s.