‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 10 sur 151 · Walther, Ueber Ergebnisse elc. (loc. cit.), p · texte numérisé non relu

Walther, Ueber Ergebnisse elc. (loc. cit.), p

2. Nous rappellerons en quelques mots, plus loin (chap. 11, SI), le mécanisme des formations en stralification éolienne.

3. On voit, par suite, qu'à la surface du plateau du O. Hamr le grès crétacé inférieur est déjà fortement entamé par la dénudation, et l'on vérifie, aux coupes naturelles fournies par les branches supérieures du O. Hamr et le flanc occidental du O. Nasb (coupes mn-0pq), que la hauteur de ce grès conservée à l'heure actuelle au-dessus de la couche mince carbonifère, dépasse à peine 50 mètres,

longue plaine grèseuse que nous avons abordée par l'extrémité occidentale, le Debbet er Ramleh ou « fond de sable », sorte de fossé d'une dizaine de kilomètres de largeur dont l’autre berge, vis-à-vis de la falaise calcaire, est formée par les puissantes hauteurs grèseuses qui se dressent vers l’est par gradins, à partir du confluent du O. Nasb et du O. Suwig. Mais nous reviendrons en cet endroit. Avant de nous engager plus avant de ce côté, 1l convient d'achever de définir les limites occidentales de la zone grèseuse, que nous n'avons encore abordée que par le Sarbout ed Djemel et le O. Hamr: voyons comment se comportent les’assises crétacées del'est du O. Taiebah, lorsqu'on suit la ligne de la côte.

Le promontoire du Ras Abou Zenimeh, à l'embouchure de la vallée, marque du côté du nord-ouest l'extrémité d'une petite plage soulevée, qui s'étend sur 1 kilom. de largeur et 6 de longueur, jusqu'au point où le rivage vient brusquement rejoindre le pied de la montagne, dont les assises inférieures baignent dans la mer. Nous décrirons, au chapitre suivant, l’intéressant passage resserré entre les eaux de la mer Rouge et cet escarpement des Gebel Makair et En Nokhel et qui débouche, après deux lieues,dans la grande plaine côtière de Markha, longue de 20 kilom., nord-sud, sur une largeur de # kilom.'. Devant le spectateur qui aboutit, par le nord-ouest, dans ce vaste espace, se développe en avant et vers la gauche un amphithéâtre de montagnes blanches, grises, jaunâtres, au milieu desquelles se: découvrent jusqu’à la base, dans le fond nord-est de l’hémicycle, des montagnes d'une autre nature qui, à droite et à gauche de ce point, restent cachées par le rideau des calcaires. Le contraste est violent entre le blanc de ces hauteurs calcaires et les couleurs sombres ou flamboyantes du massif de l’arrièreplan. Au nord de la plaine, le G. Makair est encore entièrement calcaire ; mais tout contre lui, du côté oriental, le G. Markha a une cime grèseuse et calcaire sur une haute substruction granitique, manifestant l'existence d'une faille d'amplitude considérable qui a descendu le terrain à l’ouest ?. La dénudation a fat reculer le fond de l’hémicycle de Markha, au nord-est, jusqu'à

4. A partir d'ici, suivre sur la carte 2 au 1/300.000. 2, Voir le croquis en élévation de Walther, Korallenriffe, fig. 1, p. 8.

la ligne de la faille, découvrant complètement à la vue les hauts granites du G. Asmar, sur lesquels subsistent seulement quelques assises grèseuses. Au delà, le pied des escarpements s'infléchissant vers le sud abandonne la faille, dont le tracé rectiligne se perd dans la montagne en arrière, de sorte qu'en avant des roches anciennes se reforme un rideau de plus en plus important de montagnes calcaires. À sa naissance, une petite vallée s’enfonce dans la montagne granitique et grèseuse : le O. Zafarani, la «vallée jaune »! ; à peu de distance au sud, le débouché important du seih Baba, appelé aussi O. Legam, a près de 3 kilomètres à parcourir dans la roche calcaire avant d'atteindre la faille et les roches anciennes de la lèvre surélevée.

Le long du plan de contact du granite et du calcaire, on constate que les assises calcaires ont été profondément disloquées, lors du déplacement vertical, par les forces de résistance au glissement, et en certains points redressées presque verticalement le long du granite, alors qu'un peu plus loin elles reprennent une allure parfaitement régulière. C’est ainsi que tout au fond de la plaine de Markha, dans le repli de l'angle nord-est où le calcaire se dresse en avant. du granite, on rencontre les couches marneuses complètement redressées au pied desquelles se conserve la source d’Aïn Markha, sorte de flaque saumâtre dont l’eau est vraisemblablement drainée par les plans de joint verticaux obtenus de cette manière.

Cette grande falle, orientée du nord-ouest au sud-est?, est celle même qui un peu plus loin a été si souvent observée dans les O. Shellal et Bouderah, où nous la retrouverons. Mais aux environs de l’hémicyele de Markha elle n'a encore donné lieu à d'autres observations, outre celles précitées de Walther*, qu'à

1. Croquis en élévation dans Walther, Korallenriffe, fig. 2, p. 9, où la vallée porte par erreur le nom de O. Shellal. — La « vallée jaune », ici, et plus au nord, à la porte de la région grèseuse, le O. Hamr, la « vallée rouge », sont des noms qui manifestent la surprise des yeux lorsqu'on quitte la zone des calcaires de l’ouest pour entrer dans celle des grès, schistes et granites.

2. En réalité, elle n’est pas isolée, mais constitue l'élément principal de tout un faisceau, dont les failles secondaires non observées encore en détail, se manifestent de loin par les déplacements verticaux du grès au sommet du granite du G. Asmar. Cf. Walther, Korallenriffe, p. 9, fig. 2.

3. Korallenriffe, p. 8-9, dont les croquis en élévation montrent la structure de la lèvre surélevée à l'entrée du O. Zafarani, et la juxtaposition des calcaires et des granites au contact du G. En Nokhel et du G. Markha.

celles de Fourtau !, dont la section par le G. Asmar et les embouchures des O. Zafarani et Legam, orientée exactement nord-sud, coupe la faille très obliquement mais la montre avec netteté. Que devient-elle au delà de ce point dans la direction du nordouest ? Toute observation fait encore défaut. Elle doit se continuer à très grande distance, et l’on se demande si l'escarpement occidental du G. Hamman Faraoun, qui prolonge sa direction, ne marque pas son emplacement. Remarquons aussi qu'immédiatement au nord de la grande plaine, granites et grès disparaissent définitivement sous les calcaires au nord du G. Markha, et qu'au delà de ce point la faille, moins visible certainement au premier coup d'œil, ne met plus en contact que calcaires et calcaires.

Ayant pénétré jusqu’au plan vertical de contact des granites et des calcaires, le seih Baba, où O. Legam, détache sur sa rive gauche l’importante ramification du O. Shellal, pratiquée dans la ligne même de la faille et que nous parcourrons bientôt. Quant à la branche principale de la vallée, elle s'enfonce perpendiculairement à la faille, sous le nom de O. Baba, en plein massif granitique, et constituerait la ligne d'exploration la plus favorablement située pour l'étude de cette zone de rupture des plus tourmentées, dans laquelle, plus au sud, à Magharah, nous compterons cinq failles parallèles importantes dans un espace de 10 kilomètres. La géologie de O. Baba, malheureusement, est encore à faire?, et nous ne pouvons que supposer les intersections successives des flancs de la vallée avec le prolongement du faisceau des failles de Magharah. On sait cependant? que ce long défilé profond, sans ramifications, échancre partout sur une grande hauteur l'infrastructure de granite rouge que couronnent les couches grèseuses, jusqu'à cequ’en amont de la zone de faille,

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