Bauerman, loc. cil., p
calcaire s'étend jusqu’au littoral de la mer Rouge ; comme le rivage, dirigé nord-sud dans cette région, est sensiblement oblique par rapport aux failles, la marge calcaire a la forme, en plan, d’un triangle, et une largeur croissante du nord au sud : elle commence à zéro à la pointe septentrionale de la plaine de Markha, et les O. Baba, Sidreh et Fefran ont à faire dans le ealcaire un chemin de plus en plus considérable pour arriver au httoral. L'embouchure de Feïran estdistante de 20 kilom. de celle du O0. Sidreh!.
A 12 kilom. environ avant d'arriver à la côte, le O. Feiran a son flanc méridional ouvert par de larges ramifications sur l'extrémité nord de l'énorme plaine désertique d'El Gäâa, plage soulevée d'époque ancienne, au substratum gypseux, que les matériaux arrachés à la montagne ont contribué à conquérir sur la mer Rouge. Le golfe de Suez, primitivement était plus large de moitié à hauteur de Tôr (voir carte générale 1), et la longue échine du G. El Arabah abritait un golfe profond parallèle au bras de mer principal. Cette péninsule d'El Arabah, qui a 50 ou 60 kilom. de longueur, est due à un relèvement local du terrain au large du grand escarpement géologique de l’arrièreplan et le long d'une ligne parallèle; d'un bout à l’autre les couches, brisées à l’ouest sur la mer Rouge en dents de scie, plongent du côté opposé vers El Gàa, le granite qui forme le rivage occidental et la crête culminante recouvert, un peu plus à l’est, par les grès, et ceux-ci, ensuite, par les calcaires crétacés et nummulitiques?. Sous le lit de sable d'El Gâa, l'inclinaison des couches s’adoucit progressivement, s annule et se transforme en
1. Pour la géologie de la zone aval du O. Feiran, v. Barron, loc. cit., p. 23. Fraas (loc. cit., p.31) signale la forme d’érosion inversée de la vallée, plus resserrée dans la partie aval de son cours que dans ses régions moyennes. Cette particularité tient simplement à ce que le cours supérieur et moyen de la vallée est creusé le long des failles dont il est parlé plus haut, tandis que, dans la section aval, la vallée coupe perpeñdiculairement à ces lignes de rupture pour rejoindre la mer.Cf. Walther, Ueber Ergebnisse etc., loc. cit., p. #; Korallenriffe, p. 12-43, et Denudation, p. 73-74.
2. Voir Walther, Korallenriffe, pp. 16-17, 21-22, et l'étude détaillée, en coupes parallèles, qui fait l'obje de la pl. VII à la fin de son mémoire. CF. Fourtau, loc. eil., p. 18, et les croquis, plan topographique de Tôr et coupe par l'extrémité d G. Arabah, dans Fourtau et Giorgiadès, La source de Hammam Moussa près de Tor, dans Bull. de l'Institut Égyptien, 1904, p. 189-196. CF. encore, pour la géologie du G. El Arabah, Barron, loe. cit., p. 136-138.
une inclinaison en sens inverse, comme le démontre l’émersion, un peu à l’est de la ligne d’axe, du dôme calcaire bouleversé du G. Souffr si heureusement décrit par Walther!. La plaine d'El Gâa recouvre done un véritable synclinal de grande amplitude, dont le dôme du G. Souffr est un accident sans étendue. D'après Walther, le flanc nord-est du synelinal est aussi bien caractérisé que leflanc opposé du G. Arabàh, notamment à l'extrémité nord de la plaine, où le plongement des couches que traverse le O. Feîran est observé avec certitude ; plus au sud, iln'y a plus trace de sédiments à la base du granite, tout le long des escarpements du Serbâl et du G@. Oumm Shômer?, sauf en un point unique, un peu au sud du débouché du O. Hebrân, où Walther a rencontré ? quelques lambeaux crétacés au pied de la muraille *. [ls suffisent d’ailleurs à montrer nettement qu’à hauteur du Serbäl et du G. Oumm Shômer, le pied de l’escarpement granitique de l’est marque l'emplacement d'une faille d'amplitude considérable *. Le massif du Serbàl, en réalité, est un horst, dont le bord occidental est la berge d'El Gâa, et le bord oriental, le cours moven du O. Feïran, au dela duquel le niveau géologique s'abaisse de quelques centaines de mètres 5, Le niveau géologique de ce horst lui-même est certainement voisin de celui du grand
massif granitique du sud du côté du nord-ouest 1l finit
; à une grande faille, — observée et notée par Barron 7, — contre la lèvre haute de laquelle vient s'amortir la langue calcaire
1. Calcaire nummulitique sur marnes et calcaires crétacés, le tout reposant sur marnes gypseuses de formation analogue à celle des couches gypseuses rencontrées au nord de la région grèseuse.