ABORDS ET LISIÈRE DU GRAND MASSIF CRISTALLIN DU SUD
Il nous reste, en quittant la remarquable région où les grès de Magharah et du Sarbout el Khadim s'étagent sur les roches
1. Ceci supposerait, rigoureusement, que la cote du plateau de Tih ne s’abaisse point, En fait, l’'ablation parait s'exercer sur la crête de Tih et les parties avoisinantes du plateau avec plus de lenteur que partout ailleurs.
anciennes, à décrire la marge sud-est de la zone grèseuse, de manière à conduire le lecteur jusqu’à l’intérieur du grand massif cristallin du sud. Une des lignes géologiques les mieux observées de la zone au sud du O. Sidreh est toujours celle du bord sudouest du grand horst. Du point où nous l'avons quittée, au débouché des gorges du Sidreh supérieur et du O. Neba, elle suit un sillon creusé par le O. Mokatteb au contact du granite rouge et du grès! et prolongé sur le versant opposé par le O. Gharaouel, affluent du grand O. Feiran, dont la faille semble suivre le lit en amont après inflexion sensible vers l’est. Son observation devient plus difficile parce que le granite, à partir de là, commence à sortir du sol du côté occidental et que bientôt les assises grèseuses, attaquées par la dénudation, reculent à l'arrière-plan sur les hauteurs, puis n'y laissent que des témoins isolés qui finissent eux-mêmes par disparaître. On peut fixer à 15 kilom. environ au sud-est du débouché méridional du défilé de Mokatteb, la limite actuelle à partir de laquelle Pablation du grès achève de découvrir, dans cette direction, le grand noyau cristallin de la péninsule ?.
La partie haute du cours du O. Feiran, dans le granite, n'est autre chose qu’ « un cours d’eau au tracé surimposé par une faille dans le noyau archéen, produite par le soulèvement du massif du Serbâl » *; on voit d'après cela que le sens du rejet est inverse de celui que l’on constate dans la région du 0. Mokatteb, et qué cette autre faille de Feîran a sa lèvre surélevée au sud-ouest. Si maintenant, au lieu de le remonter, on descend le O. Feîran, à la sortie du O. Mokatteb, ontraverse une zone grèseuse qui est le prolongement de celle de Magharah, mais dans laquelle la position exacte des lignes de rupture est encore à déterminer ; le calcaire apparait à un moment donné, sur le grès, puis se substitue au grès sur toute la hauteur des flancs de la vallée (faille identique, tout au moins par le rôle, à celle de Bouderah-Shellal), dans une zone où les couches ont une pendance de 17 ou 20° vers le sud-ouesti. Cette zone
4. Observations nombreuses dans cette section; v. nolamment Fourtau, loc. cit., p. 29-30, et Raboisson, loc. cit., p. 61.