Neitzschitz, Siebenjährige Weltheschauung, 1670, p
4. Tableau lamentable de Suez, vu en 1783, dans C. F. Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, 1, p. 184-186; cf. Descr. de l'Egypte, XI, p. 169 suiv., et tous les voyageurs du début du xix' siècle.
arabique. En 1863, enfin, le canal d'eau douce du Nil à la mer Rouge fut rouvert, pour la première fois depuis l'obturation du ixe siècle : un bel ouvrage à écluses, construit dans des conditions que ne connaissaient ni les Pharaons, niles Gréco-Romains, ni les Arabes. De ce jour seulement, Suez eût été armé pour reprendre le rôle traditionnel des Heroopolis, des Arsinoe et des Klysma du fond du golfe ; mais la construction du canal d'eau douce ne fut, comme on sait, qu’un épisode et qu'un moyen dans l'exécution d'une œuvre incomparablement plus vaste, celle du grand canal maritime de Suez à la Méditerranée, dont l’achèvement dirigea dans la mer Rouge la totalité du trafic des Indes et de Renée Orient, mais en laissant la Basse- Égypte en dehors de la route et ne réservant à Suez, avec le rôle de bouche méridionale du grand canal, que celui de place de transbordement pour les marchandises à destination de l'Égypte même.
AKABA-AILA, LE DÉSERT DE TIH ET SES ROUTES
La ville antique d’Aiïla, à quelque distance de la petite bourgade actuelle de Kalaat el Akaba, jouait au fond du golfe oriental du nord de la mer Rouge un rôle analogue à celui de Kolzoum et des ports antérieurs du fond du golfe occidental, comme tête d'étapes des routes de terre. Sans parler des routes qui d’Aila s’enfoncent vers l’est et le nord-est, dans le grand désert arabique, on peut définir, comme ayant convergé en ce point de toute antiquité, la route du nord ou de Syrie, par l’Arabah, la mer Morte et La vallée du Jourdain, la route de Palestine, dont les branches diverses vont rejoindre la grande piste du littoral méditerranéen aux environs d'El Arish et de Gaza, enfin la route d'Egypte, qui unit en ligne droite le fond des deux golfes à travers le désert de Tih. Cette dernière route, la seule dont nous nous occuperons lei en détail, est une section de |° antique chemin de terre d'Égypte en Ami traditionnelle roùte du pèlerinage qu'ont à peu près abandonnée, aujourd’hui, pourla voie maritime, les pèlerins occidentaux qui vont à La Mecque.
Jusqu'à l’époque de Ptolémée, les géographes gréco-latins ne
connaissent de la mer Rouge que ses contours maritimes, mais ils sont assez bien renseignés sur l'un et l’autre golfes, et les sources de Diodore et de Strabon possèdent déjà des descriptions du golfe d’Aïla, Ailanitique, Elanitique. Chez Pline, le golfe est appelé Aelanitique et sa ville Aelana !, avec, dans un autre passage *, mention des variantes Aelenatique, Aelenitique, Laenitique pour le golfe, et Laeana pour la ville, dont les habitants sont les Leanilae et possèdent une autre ville nommée Agra ?. Ptolémée, quelque temps plus tard, écrit Elana le nom de la ville du golfe #, Josèphe nomme à plusieurs reprises Oela, Oelas Oelat, Oelara 5, dont le nom se rencontre également dans l’'Onomasticon d'Eusèbe (Ailath, Elath, Eloth) et dans la Notitia dignitatum (Aila)f. La ville est connue enfin de saint-Epiphane?, de Philostoroius $, de Procope” et d'Étienne de Byzance’. Vers le milieu du vi* siècle, l'architecte qui bâtit l’église du couvent de Sainte-Catherine était d’Aila, et le nom de la ville se rencontre encore, par ailleurs, dans l'épigraphie grecque 1. |
A l’époque israelite, le même rôle de port des régions palestiniennes et syriennes sur la mer Rouge appartenait, d'après la Bible, à une ville d'Fzion-Gaber, qui dut exister longtemps et n'être remplacée que par Aila même, car le lieu et le nom sont connus des géographes arabes : Mohamed ibn Achmed ibn Aias