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abouti, avec trois siècles et demi d'avance sur les travaux du xix° ; en fait, le canal ne put être terminé, et les Portugais poursuivirent tranquillement, aux Indes, le développement de leur fortune. Joam de Castro, vice-roi, osa pousser une reconnaissance maritime, en 1541, jusqu’en vue de Suez où il trouva la flotte turque à l'ancre, et se retira sans combat ; on lui doit des notes de grand intérêt ! sur la configuration du golfe, sur Suez et sur Tôr, dont il fit des relevés ?. La ville est habitée, nous dit-il, par des chrétiens qui parlent arabe, et l'on y trouve un couvent de moines. Il a également entendu parler du grand couvent de ta montagne en arrière, d'où dépend la chrétienté de la côte ; nous verrons cela plus loin.
Longtemps après cette époque, les Tures n'avaient pas encore perdu tout espoir de ramener à Suez quelque activité commerciale, et Neitzschitz, en 1630, parle de leurs efforts dans ce sens ; mais 1l ajoute que le trafic, dans le port de Suez, est réduit à néant *. La ville devait se restreindre au rôle de petit port de pèche, de cabotage et de construction de barques pour la mer Rouge, dans lequel elle était encore confinée dans la première partie du xix° siècle #. Ce n'est que vers 1830 que sa situation tendit à s'améliorer. En 1837, la route d'Égypte fut définitivement adoptée pour la malle des Indes, et peu après, la Peninsular and Oriental CY institua une ligne de steamers entre Suez et l'Inde, rétablissant ainsi pour les passagers, sinon encore pour les marchandises, l’ordre de choses que la découverte du cap de Bonne-Espérance avait perturbé ; et l'outillage de cette route antique fut complété pour les besoins des modernes par la construction, en 1857, du premier chemin de fer de Suez au Caire. A partir de ce moment, la ville se mit à croître, et elle avait 5.000 habitants en 1860, bien qu’elle füt toujours privée d’eau douce et dût s'approvisionner partie au Nil, dont l’eau arrivait par voie ferrée dans des wagons-citernes, partie à Aïn Mousa sur la côte
1. Joamde Castro, Roteiro etc. ; texte portugais et Descriplio latine dans l'éd. de Paris, 1833; voir aux pp. 196 suiv., 212 suiv., 316 suiv.
2, Editions diverses du Roteiro; Nordenskiôld, Periplus (4897), pl. XLIT, Tavoa de Toro et Tavoa de Soez.