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Æurïnes el Jar ns
relie seulement au flanc de la vallée un isthme bas sur lequel était en partie bâtie la ville ; ses ruines sont intéressantes, et l'on peut suivre le mur d'enceinte, épais de plus de 2 m., dont il est parlé, comme nous verrons, par Eusèbeet plus tard par Antonin. La ville se continuait, sur le flanc droit (nord) de la vallée, par une sorte de faubourg ou village dont les maisons en partie ruinées sont utilisées aujourd’hui par les Arabes comme magasins. Du même côté de la vallée, exactement en face de la colline isolée qui porte le couvent et l’église, se dresse à 210 m. audessus du fond le G. Et Tahounceh, vaste hauteur dont les flancs sont criblés et couverts d'innombrables tombes, cellules et chapelles, ainsi que de maisons en pierre construites avec fenêtres extérieures à la manière de celles de la ville voisine ; un chemin
levé des abords du Serbàl qu'on trouve dans l'Ordnance Survey de 1869, complété par le croquis ancien de Laborde et le levé rapide, très inexact mais expressif, pris par Lepsius en 1845, dessiné par Erbkam et publié avec la Reise des Prof. Lepsius von Theben nach der Halbinsel des Sinai, 18%5.
abrupt, aujourd'hui abandonné mais soigneusement construit jadis, conduit au sommet, qui porte les ruines d’une église imposante. Et Tahouneh avec sa nécropole, ses églises et ses habitations, El Meharret avec ses édifices ecclésiastiques, la ville ceinte de murs à son pied et son faubourg du flanc nord de la vallée, tout cela formait un assez vaste ensemble, qu'amplifiaient encore, tout près de là et en face, sur le flanc droit du O. Alevât, d’autres édifices dont on retrouve les fondations avec des chapiteaux et des bases de colonnes en grès !. Sur les deux rives de la grande vallée, enfin, en amont et en aval du O. Alevât, se creusaient partout les cellules d’ermites et les tombes. Telle était, dans ce fond de vallée fertile, la capitale civile et religieuse du Sinai chrétien ; on doit y rattacher encore plusieurs ruines qui s'échelonnent dans la vallée, plus bas, jusqu'aux traces de jardins et de constructions d'El Hessoueh, qui sont les premières que rencontre le voyageur venu par la route du O. Mokatteb. C'est à El Hessoueh que se réengloutit brusquement dans le sable le ruisseau qui donne, sur une lieue ou deux, la vie à l’oasis. .
Les ruines les plus voisines de Pharan, du côté de lamont, paraissent être celles, très peu connues, d'un certain O. Keifah dont Burckhardt a parlé pour la première fois ?, comme débouchant dans la grande vallée sur sa rive gauche, tout près et en amont du O. Er Rimm, et qu'on ne retrouve mentionné, ensuite, que sur la carte de la péninsule dressée par Kiepert, en 1840, d'après les relevés de Robinson * ; comme le O. Er Rimm ne figure pas sur ce dernier document, on se demande si les ruines de Keifah et celles d'Er Rimm ne seraient pas une seule et même chose #. Quoi qu'il en soit, la vallée des ruines finit à l'aval en gorge étranglée, qui sert de porte à une sorte de conque où se trouvent
1. Faut-il reconnaître, dans le nom d'Aleyàt, celui du Latrus où séjourna, dans le courant du x° siècle, saint Paul l'Anachorète, et où se trouvait antérieurement à cette époque un ermitage ? Voir Baronius, Annales ecclesiastici, 1744, &. XVI, p. 95. Aleyät-Latrus pourrait être également le Luach mentionné, parmi les domaines de Sainte-Catherine, dans une bulle du pape Grégoire IX (1227-12#1) dont il sera question plus loin.