‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 80 sur 151 · Ici se place le commencement du ms. d'Arezzo · texte numérisé non relu

Ici se place le commencement du ms. d'Arezzo

2. Section coupée par Pierre Diacre, qui ne reprend, — pour quelques. lignes avant l'interruption du ms., — qu'au passage à Clesma sur le chemin de retour en Égypte.

3. Fin du fragment conservé de l'ouvrage de Pierre Diacre. Le ms. d’Arezzo continue longuement au delà, p. #7-101 de l'édition précitée.

4, Cosmas, Topographia Christiana, Liv. V, fol. 193-194, 195-196, 205 ; dans Migne, Patrologia, t. XLV, pp. 123, 125-196, 133.

Klysma, puis traversèrent une palmeraie (Dewwwv), puis le désert de Sur, puis Merra, puis Elim qui s'appelle de son temps Raiïthou, avec les 12 sources etles palmiers, et tout le long de ce trajet, eurent la mer à leur droite ; puis s'enfoncèrent dans la montagne, arrivèrent à Raphidim dont le nom est maintenant Pharan, puis au Sinai, distant de Pharan de 6 milles. Cet ilinéraire, comme on voit, consiste simplement à faire suivre aux Israelites la route immémoriale et immuable de Suez à Feîran par Gharandel et le O. Mokatteb: ainsi faisait la pseudo-Silvie, dont les notes de route sont identiques à celles de Cosmas jusque dans les détails de la mention de Klysma, de la palmeraie qu'on trouve à peu de distance (Aïn Mousa), et de la localité qu'on rencontre dans l’oasis de Gharandel, où les deux voyageurs placent Elim. Cosmas, cependant, note son nom Æailhou, qui est en réalité, nous le savons, le nom de la localité contemporaine sise dans l'oasis de Tôr, tandis que Silvie a fort bien entendu Arandara, confirmé à la fin du vi siècle par Antonin, Mais voici une divergence plus grave, touchant la distance de Pharan au Sinai, qui est de 6 milles chez Cosmas, tandis que Silvie en indique 35. Entre les deux relations, il n’y a heureusement pas à hésiter, et le journal de route imagé et détaillé de la pèlerine mérite autant de confiance qu’en inspire peu la sécheresse des notes éparses de Cosmas. IL est presque évident que Cosmas n’a pas vu lui-même la péninsule, et qu'il écrit d'après des renseignements plus ou moins directs et plus ou moins bien compris. Aussi n'est-il pas très important qu'il mette le Sinai trop près de Pharan, et qu’il confonde Raithou de l’oasis de Tôr avec Arandara-Surandala de l’oasis de Gharandel ! ; l'essentiel est d'observer, entre ses renseignements et ceux de la Peregrinatio, un certain nombre de concordances caractéristiques d’où semble résulter que les deux ouvrages ne sont pas séparés par un intervalle de temps considérable.

Outre les concordances déjà signalées dans la première partie

1. I1 est parfaitement possible, d’ailleurs, que Cosmas connaisse bien Raithou (Tôr), et qu'il y place consciemment Elim ; n'avons-nous pas vu que chez Nilus déjà, très probablement, les ermitages de Raïthou sont considérés comme situés dans le désert d'Elim ? De mème, aujourd’hui, la tradition dominante à Sainte-Catherine identifie Elim avec les palmeraies de Tôr.

R. Werzz. — La presqu'ile du Sinai. 15

de l'itinéraire, de Suez à Gharandel, il faut noter le curieux détail de la trace sur le rivage, près de Klysma, des roues du char de Pharaon, détail qui ne se retrouve que dans la Peregrinalio, chez Cosmas et chez Grégoire de Tours au vi° siècle, et chez Paul Orose au v°. On lit, dans Orose !: « Nam tractus curruum rotarumque orbitae non solum in littore, sed etiam in profundo, quousque visus admittitur, pervidentur. » Dans Grégoire de Tours ?: « Aïunt enim sulcos, quos rotae curruum fecerant, usque hodie permanere, et quantum acies oculorum videre potest, in profundo cerni.» Dans Cosmas (trad. latine de Migne) 3: «Est autem locus ille in Clysmate, ut vocant... Ubi etiam vestigia rotarum curruum visuntur et usque ad mare longo tractu apparent. » Dans la Peregrinatio *, enfin : « Occurrit castrum Clesma super mare rubrum, ubi filii Israhel sicco pede transierunt mare. Vestigia autem currus Pharaonis in medus arenis parent .. Vestigia vero currus Pharaonis usque ad mare accedunt, ubi tamen ingressus est in mare... Locus autem ipse non longe a castro est, id est de Clesma. » Le rapprochement de ces textes est peut-être de nature à montrer que la Peregrinatio n'est pas antérieure au v° siècle, et l’on remarque qu'elle pourrait avoir été une source directe de Cosmas *. Si l’on observe, d'autre part, que le voyage de la pseudo-Silvie ne peut avoir été fait qu'à une époque où la paix régnait dans la péninsule, on se trouvera beaucoup moins disposé à le pläcer, comme on l'a fait Jusqu'à présent, au siècle des attaques saracènes racontées par Ammonius et Nilus ; il est plus probable qu'il doit être reporté au temps de Cosmas lui-même, comme l'a proposé Clermont- Ganneau pour des raisons d’ailleurs toutes différentes $.

I n’y a toutefois de certain, ici, que l’antériorité de la Peregrinalio par rapport à la fondation de Sainte-Catherine, autrement le grand couvent serait au moins mentionné dans cette

1. Orosius, Hist., Liv. I, ch. 10. 2. Greg. Turon., Hist. Franc., I, 10.

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