‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 79 sur 151 · Le Quien, Oriens Christianus, 255 E, 1117 B · texte numérisé non relu

Le Quien, Oriens Christianus, 255 E, 1117 B

2. Aucun des évèques de Pharan ou du Sinai que nous venons de voir passer, ne porte encore le titre d'archevèque, bien que l'on sache, d'autre part, que la ville de Pharan obtint en 541, au concile de Chalcédoine, son archevêché propre, subordonné au patriareat de Jérusalem de création nouvelle. V. à ce sujet Delitzsch, Xirchl. Chronika etc., II, p. #7.

3. Gamurrini, publiant pour la première fois, en 1887, l'important fragment de la S. Silviæ peregrinatio conservé par le ms. d’Arezzo, montra sans peine que d’autres fragments, provenant d'une relation du même voyage, sont recueillis dans le De locis sanctis connu depuis longtemps de Pierre Diacre, qui leur a donné place dans ses citations anonymes. Une littérature considérable s'est formée, depuis 1887, autour des deux écrits anciens ; disons seulement que la Peregrinalio a été éditée six fois, le livre de Pierre Diacre trois fois (sans compter l'édition ancienne de Riant dans Migne), et que des notes et articles de tous genres se sont produits en grand nombre.

suffit, pour l'étude de P. Geyer, S. Silviæ, quæ fertur, peregrinatio ad loca sancta, et Petri diaconi liber de locis sanctis, dans Corpus scripl. ecclesiasticorum de Vienne, vol. 38 (1898), pp. 35-101 et 103-121. Dans Pierre Diacre, les extraits d'une rédaction perdue de la Peregrinatio remplissent toute la fin de la dernière note anonyme, depuis la p. 145, 1. 13 dans l'édi-

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restés Jusqu'à ce jour problématiques !, est celle où nous rencontrons la première indication de position relative de Pharan et du Sinaï, sous forme de donnée métrique précise. La pseudo- Silvie à fait le voyage de Jérusalem au Sinai par Péluse et la Basse-Egrpte, avec retour par la même route, et s'attache à reconnaitre sur le terrain l'itinéraire de l'Exode. Les Hébreux passent la mer auprès du castrum de Clesma, au delà duquel commence le désert de Sur, où l’on rencontre, à une étape de distance, les palmiers de Maran groupés autour de deux sources dont Moïse rendit les eaux potables (il est manifeste que nous sommes ici à Aïn Mousa). À partir de là s’étend la route de trois jours sans eau, jusqu à l’arrivée en un lieu appelé Arandara, qui est Elim du récit biblique ; il y a là un ruisseau, qui tarit quelquefois, mais nourrit une abondante végétation et beaucoup d'arbres (de toute évidence, Arandara est le Gharandel d’aujourd'hui). Plus loin ?, on arrive dans une vallée de 6.000 pas de largeur, dont les roches sont toutes creusées de cavités dont certaines portent des « inscription hébraïques » ; de l'eau se trouve là en abondance, et des palmiers ; le lieu est le désert de Faran. A 1.500 pas au delà du bourg de Faran, la vallée

s'étrangle jusqu'à se réduire à une largeur de 30 pas ; c'est

tion précitée. À Arezzo, tout le début du voyage est perdu ; le fragment commence au cours du voyage d'aller, quelque temps avant l’arrivée à la montagne de Moïse, comprend la description des lieux consacrés et tout le voyage de retour par Suez, Peluse et Jérusalem. Les extraits dans Pierre Diacre, qui a coupé fréquemment et abrégé ce.qu'il ne coupait pas, commencent plus haut, donnent la route de Jérusalem à Suez, de Suez au Sinai, et doublent la version d’Arezzo jusqu’à la fin de la description des montagnes sacrées, peu après quoi s'interrompt le fragment conservé de l'ouvrage de Pierre. La source de Pierre était de rédaction sensiblement différente de la Peregrinatio d'Arezzo.

1. Tous les savants, depuis Gamurrini jusques et y compris Geyer, sont d'accord pour placer le voyage vers 385, mais des raisons assez fortes de le reporter dans la première moitié du vi* siècle ont été produites par Clermont-Ganneau, La peregrinatio dite de Sainte Silvie, dans Rec. d'arch. orientale, VI (1905), p. 128-144. D'autres indices, comme nous verrons, les relations de la Peregrinatio avec le récit de Cosmas en ce qui concerne la péninsule sinaïtique, puis le fait que la pèlerine a accompli son voyage en un temps où la paix régnait dans le désert, semblent démontrer en effet que le document n’est pas de beaucoup antérieur à Cosmas. Quant à la personnalité de la pèlerine, elle reste tout à fait énigmatique.

2 Coupure de Pierre Diacre : on passe brusquement de Gharandel dans l’oasis de Feïran.

l'emplacement de Raphidim. Immédiatement au-dessus du bourg de Faran, on trouve une église.

De Faran au mont Sinai la distance est de 35 milles. Toute la montagne est pleine de tombeaux. On débouche, à un moment donné !, dans une vaste plaine très belle, sur l’autre flanc de laquelle on découvre, pour la première fois, la montagne sacrée, dont la base est distante de 4.000 pas. On pénètre dans ses gorges, qui abritent un monastère, avec une église et un presbytère. Au delà, l’ascension devient laborieuse. Toutes les places remarquables du récit biblique se retrouvent sur le terrain. Au sommet du mont Sinai on trouve une petite église, et une église aussi au sommet du mont Horeb, voisin proche de l’autre montagne.

De retour à Faran*?, la pèlerine revient sur ses pas par le désert de Faran, d’où l’on sort de la montagne sur le rivage de la mer Rouge {la corniche que suit le sentier entre la plaine de Markha et l'embouchure du O. Taiebah est remarquablement décrite). Les indigènes sont désignés par le nom de Faranites. Retour à Clesma, décrit de nouveau ; continuation du chemin vers l'Egypte ÿ.

Au point de vue de l’histoire de la géographie biblique, le point essentiel de cette relation est l'indication de la distance de 35 milles, soit un peu plus de 50 kil., entre le Sinai et Pharan ; cela met bien le Sinai aux abords du couvent de Sainte-Catherine, comme nous l'avons déjà reconnu par Ammonius. Un seul voyageur paraît faire exception en ce qui concerne la manière de localiser la montagne; c'est Cosmas Indicopleustes, qui met le Sinai à 06 milles de Pharan.

C'est vers 550 que Cosmas écrivit la Topographia Christiana au cours de laquelle il s'attache, d'une manière analogue à celle de la pseudo-Silvie, à reconnaître sur le terrain l'itinéraire de l’Exode , Les Israelites, dit-il, passèrent la mer Rouge près de

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