‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 93 sur 151 · Dans H. Lammens, loc. cut · texte numérisé non relu

Dans H. Lammens, loc. cut

2. Un siècle après ce document, on entend parler de l'établissement sinaïtique de Famagouste en Chypre par les lettres précédemment citées du pape Jean XXII, datées de 1328 et de 1334.

3, J. Wolff note (Journ. Account of his Missionnary labours, 1839, p. 310 suiv.) des maisons correspondantes à Constantinople, Chypre, Belgrade, Bucharest, Jassy, Athènes, dans l'Inde du Nord et à Calcutta; Robinson parle des filiales du Bengale, de Golconde, de Crète et de Chypre; Burckhardt, déjà (loc. cit., p. 549), avait appris l'existence des biens du couvent dans l'Archipel. En Égypte même, sans parler de sa maison de Tôr, l’ordre possède des stations au Caire, à Alexandrie et dans d’autres villes.

#. Les relations du couvent avec la Roumanie remontent à une époque très ancienne, s'il faut en croire un passage d’Antonin Martyr où il est question (tin. Ant, chap. 37, p. 183 suiv. de l’éd. P. Geyer) de religieux du monastère parlant plusieurs langues, latines el graecas, syriacas et aegypliacas el bessas. Qu'est-ce que le besse? W. Tomaschek (Die alten Thraker, dans Stzh. d, Kais. Ak, d. Wiss., Wien, Phil.-hist. Classe, t. 128, 1893, IV. Abth.) a étudié les Besses, qui sont, avec les Gètes, le peuple principal de la Thrace à l’époque romaine ; après leur conversion au christianisme, il y eut (loc. cit., p. 77) des moines et des couvents besses en

est peut-être cause de la réduction considérable du nombre des religieux résidant à Sainte-Catherine ; car les centaines de moines que mentionnent les visiteurs du moyen âge ne sont plus. Poncet !, en 1700, et Volney ?, en 1793, en trouvent encore 50; ils n'étaient plus que 28, 6 religieux et 22 frères, en 1800 5, 23 au temps de Burckhardt #, en 1816, et ce nombre ne s'est plus accru jusqu'à nos jours : Wellsted compte 21 moines, von Schubert 26, Robinson 20 seulement; Lepsius, en 1845, 25, dont #4 prêtres et 21 frères, ét Ebers, en 1871, 28: en 1905, ils étaient encore une vingtaine.

De même que la population du couvent est tombée à rien, comparativement aux nombres des temps passés, de même l'anüque maison donne l'impression mélancolique d'une splendeur déchue, d’une activité éteinte, d'une ruine qui continuerait à vivre. Dans le fouillis des bâtiments de tout âge qui remplissent la vieille enceinte, un désordre somptueusement pittoresque et d'un archaïsme qui n’a, hélas, rien de voulu, ravit l'œil du visiteur mais ne cache pas l'extrême et lamentable délabrement de toutes choses. Seule est luxueusement entretenue l'église, très ancienne, et qui abrite d'inestimables joyaux de l'art byzantin de la première époque ; mais si l'on arrive à subvenir, vis-à-vis du peuple des serviteurs bédouins, à la fourniture du pain quotidien dont Sainte-Catherine a assumé la charge, on n’a pas d'argent pour donner le logement qu'il faudrait à une collection de manuscrits grecs et orientaux qui compte parmi les plus riches du monde. En réalité le xix° siècle a été, bien que paisible, une assez mauvaise période pour le couvent, caril vit s'accomplir une réduction sensible de ses revenus provenant de l'étranger. Dans quelle proportion, et à la suite de quels événements? Cela est aussi mal connu que tout le reste de ce qui touche au dévelop-

Palestine, et l'on voit, par le passage précité d'Antonin Martyr, que leurs pèlerins au vi siècle trouvaient jusqu’au Sinai des interprètes. Quant à la langue qu'ils parlaient, il est probable que ce n’est pas le vieil idiome thrace, mais le latin vulgaire en usage dans le pays à cette époque et d’où le roumain devait sortir. Cf. la Aleine Mitteilung d'Eb. Nestle dans Zeilschrift d. deutschen Morgenl. Ges., L. 61, 1907, p. 500-501, et la réponse de E. Kuhn, même vol., p. 759.

4. Poncet, dans Lettres édifiantes etc., 1"e éd. (1713), t. IV, p. 187.

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